Tess Ledeux en plein saut
Tess Ledeux dans son élément : l'air | CHRISTOPHE SIMON / AFP

Tess Ledeux, pour l’amour du risque

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A 16 ans, Tess Ledeux devrait participer à ses premiers Jeux Olympiques à Pyeongchang (9-25 février). Championne du monde en mars dernier, la Française aime l'adrénaline que procure son sport, le slopestyle, discpline spectaculaire au possible. Et dans laquelle la prise de risque est primordiale.

Elle pratique de le ski depuis l’âge de deux ans comme d’autres ont touché à leur premier piano en bas âge, elle se concentre sur le freestyle depuis ses neuf printemps, Tess Ledeux est la petite pépite de son sport, en France comme dans le monde. “Sur la piste, je n’aimais pas faire des virages, j’aimais bien aller sur les bords, faire un peu n’importe quoi”, raconte-t-elle aujourd’hui. A l’entraînement comme en compétition, Tess Ledeux est loin de faire “n’importe quoi”, elle sait même très clairement où elle veut aller. “Pour son âge, elle a un gros mental, elle est très déterminée, juge son entraîneur Sylvain Lombard.[...] Ça peut impressionner du haut de son jeune âge. Tess est mature d’autant plus en ski où elle a pas mal d’avance”.

Bluffante aux X Games​

Une avance qui ne doit pas la conduire à des excès qui pourraient engendrer le principal risque de son sport : la blessure. “Tess prend forcément beaucoup de risque, le but pour elle est de juguler cette prise de risque. Parfois à l’entraînement, elle a tendance à 's’envoler', détaille Sylvain Lombard. Dans notre discipline, ce qui est très dur c’est de faire son entraînement d’automne et d’hiver sans se blesser”. Une mésaventure terrible qui est arrivée à Kelly Sildaru, victorieuse aux X-Games en 2017 précisément devant Tess Ledeux, victime d’une rupture du ligament croisé d’un genou à l’entraînement en septembre dernier.

Favorite aux JO​

Encore jeune dans la vie et au plus haut niveau, Tess Ledeux sait que la prise de risque doit être maîtrisée. Et elle progresse dans ce domaine : “J’arrive de mieux en mieux à analyser la prise de risque mais l’année dernière encore je me lançais un peu dans tous les sens et les coachs devaient me freiner. Je ne les écoutais pas, je me prenais des grosses boîtes et ça m’a un peu recadrée (rires)”. A 15 ans, elle n’a pas froid aux yeux. Tant et si bien qu’elle est l’une des rares concurrentes à avoir tutoyer le haut du “mur” sur une figure aux X-Games. “Tess a une particularité, c’est que c’est une skieuse engagée.[...] Elle peut aller chercher du “gros”, des gros sauts”, appuie son coach.

A la veille d’entamer sa saison, la championne du monde 2017, Tess Ledeux a le viseur braqué vers les Jeux Olympiques de Pyeongchang. Le forfait de l’Estonienne Sildaru la propulse quasi automatiquement en tant que favorite. “La pression me pousse plutôt que me tire vers le bras. Je n’ai jamais atteint un niveau de pression qui a pu me pénaliser”, avance modestement la savoyarde pour qui une médaille serait déjà un bel accomplissement. Sylvain Lombard, son coach, lui n’a qu’une idée en tête : l’or.