Stade vide Sotchi
Les nouveaux stades de Sotchi ne devraient pas être totalement remplis | JENS BUTTNER / ZB / PICTURE-ALLIANCE/AFP

Sotchi ne devrait pas faire le plein

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A un peu plus de deux semaines de l’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver, à Sochi (Russie), le comité organisateur a annoncé que plusieurs centaines de milliers de billets étaient encore à vendre. Dans un contexte de menace terroriste sans cesse grandissante, le CIO commence à redouter le syndrome du siège vide.

Si Vladimir Poutine veut faire des Jeux de Sotchi un symbole éblouissant du prestige de la Russie, il va devoir commencer à s’alarmer. D’après le Comité Olympique, seulement 70% des billets mis en vente – depuis près d’un an – ont pour l’instant trouvé preneur, alors que la grande cérémonie d’ouverture, le 7 février prochain, se rapproche dangereusement. "Certains ont peur que cela ne leur coûte trop cher, d’autres sont effrayés pour des raisons de sécurité, a expliqué à ABC News Gerhard Heiberg, membre du CIO. Je sais que dans mon pays, la Norvège, de nombreuses personnes refusent de s’y rendre pour ces deux raisons".

300 000 billets encore disponibles

Affecté par les récents attentats (34 morts à Volgograd les 29 et 30 décembre), les nombreuses menaces qui planent encore au-dessus de l’événement (lundi, deux islamistes ont promis, dans une vidéo postée sur Internet, "un cadeau pour [Poutine] et les touristes, afin de venger le sang des musulmans répandu dans le monde entier"), mais aussi le manque d’attractivité du lieu, le public ne répond pas présent. Si aucun chiffre officiel n’a encore été annoncé, un total de 1,1 million de billets environ devrait être mis en vente (contre 1,54 à Vancouver en 2010)… ce qui signifie que 300 000 tickets doivent encore trouver preneurs !

"Très peu de touristes étrangers"

"Nous conservons un certain quota pour les spectateurs de dernière minute", se rassure le patron du Comité, Dmitriy Chernyshenko qui s’attend à accueillir au total 213 000 spectateurs sur le site olympique, dont 75% de Russes. "Nous nous attendons à une forte demande dans les derniers jours avant les Jeux, et nous refusons d’envisager des sièges vides", martèle-t-il. Un discours qui contraste avec celui d’Heiberg, qui redoute ouvertement "moins de monde et moins d’enthousiasme qu’à Lillehammer (en 1994)".

"Il y aura très peu de touristes étrangers, nous a confirmé Alban Micoczy, correspondant de France 2 à Moscou. Ceux qui viendront proviendront surtout des villes de la région". Les prix proposés par les hôtels de luxe, réservés aux plus fortunés, mais aussi par les compagnies aériennes de la région qui profiteront des longues distances à parcourir entre les sites, n’y sont évidemment pas non plus étrangers.

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer