Alexander Zubkov
Alexander Zubkov, champion olympique et président de la fédération russe de bobsleigh. | Grigoriy Sisoev / Sputnik

JO 2018 - Le Kremlin réagit à l'exclusion de la Russie, 22 sportifs disqualifiés font appel

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Vingt-deux sportifs russes médaillés aux JO 2014 de Sotchi puis disqualifiés pour dopage par le Comité international olympique (CIO) ont fait appel de leur sanction devant le Tribunal arbitral du Sport (TAS), a-t-on appris mercredi auprès de l'instance basée à Lausanne. Par ailleurs, le porte-parole du Kremlin, au lendemain de l'exclusion de la Russie des Jeux Olympiques d'hiver 2018, a réagi et déclaré qu'il ne fallait "pas céder à l'émotion mais analyser la décision du CIO".

Ils sont 22, pour l'instant, à considérer que c'est une injustice d'être disqualifiés pour dopage... Parmi ces sportifs figurent les plus grands noms des disciplines hivernales russes, notamment Alexander Legkov (champion olympique en ski de fond, sur 50 km) ou encore Aleksandr Zubkov, véritable héros en Russie après son doublé en or (bob à 2 et bob à 4). Jusqu'à présent, le CIO a disqualifié 25 sportifs russes des JO 2014, retirant ainsi un tiers des médailles russes remportées à Sotchi, soit 11 sur 33 au total.

Conséquence de ce système de dopage institutionnalisé mis en place de 2011 à 2015 et révélé par le rapport McLaren, le CIO a décidé mardi de suspendre la Russie des prochains JO d'hiver de Pyeongchang (9-25 février) - une première dans l'histoire de l'instance suprême olympique - tout en proposant néanmoins aux sportifs russes "propres" d'y participer sous le drapeau olympique.

"Ne pas céder à l'émotion"

Depuis l'annonce hier, les réactions, des athlètes aux dirigeants russes, ne se sont pas fait attendre. Si pour Elena Isinbaeva, "sans la Russie, les JO sont boiteux" (L'Equipe, 06/12/2017), pour le Kremlin, il s'agit d'éteindre l'incendie provoqué par l'annonce en Russie. Il faut "analyser avec attention la décision du CIO et e pas céder aux émotions, la situation est sérieuse" a déclaré ce mercredi matin aux journalistes Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.

Moscou doit maintenant "étudier plusieurs points avec le CIO" et attendre la prochaine réunion du Comité olympique russe (ROC), prévue le 12 décembre. "Avant cela, tirer des conclusions est prématuré", a-t-il ajouté. Alors que plusieurs députés et sénateurs russes indignés par la décision du CIO ont estimé mardi soir qu'il serait humiliant pour la Russie de participer sous drapeau olympique, le Kremlin semble adopter une attitude beaucoup plus mesurée. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a été beaucoup plus offensive en dénonçant, selon les agences de presse russes, "une attaque massive liée au fait que la politique d'isolation de la Russie a échoué" et s'en prend maintenant à la sphère sportive.