Séraphin, objectif Londres

Séraphin, objectif Londres

Publié le , modifié le

En proie au doute lors de ses premiers pas en NBA, le pivot de Washington Kévin Séraphin est inarrêtable depuis quelques mois. A 22 ans, l'ancien Choletais espère conquérir l'équipe de France et aspire légitimement à une convocation pour les Jeux Olympiques de Londres. Mais les places seront chères et la hiérarchie ne sera pas simple à bousculer.

Qu'il parait loin le temps où Kévin Séraphin ne disputait en moyenne que 12 minutes en moyenne par rencontre… Enfin pas tant que ça finalement : c'était en janvier, ce qui donne une idée de l'ascension fulgurante du jeune pivot drafté en 2010 par les Chicago Bulls et immédiatement transféré chez les Washington Wizards. "Je me surprends de jour en jour", confie l'espoir français. "C'est dommage que ce soit la fin de la saison, j'aurais bien aimé que ça continue."

"J'arriverai au stage le couteau entre les dents"

A trois mois des Jeux olympiques, ses prestations "de très haut niveau", selon le sélectionneur des Bleus, interviennent au meilleur moment pour Kévin Séraphin, qui fait partie des nombreux candidats au poste de pivot. Derrière Joakim Noah (Chicago Bulls), dont la présence à Londres ne fait guère de doute, ils seront au moins quatre à se disputer les deux autres tickets : Kévin Séraphin, Ronny Turiaf (Miami Heat), Ian Mahinmi (Dallas Mavericks) et Ali Traoré (Lokomotiv Kuban). "C'est un de mes rêves de faire les JO", reconnaît Kévin Séraphin. "L'année dernière, je n'étais pas censé faire partie de l'équipe et j'ai pris une place. Cette année, j'ai encore plus envie d'en faire partie. J'arriverai au stage le couteau entre les dents. Je sais qu'il y a les cadres mais il reste des places à prendre."

Les cadres, justement, partent avec un léger avantage : ils sont dans des équipes plus compétitives qui disputeront les play-offs. C'est le cas de Ronny Turiaf et de Ian Mahinmi, qui auront donc plus de temps pour prouver leur valeur, contrairement à Kévin Séraphin, dont la saison termine à la fin de la semaine. Mais sa dernière prestation, lundi, a une nouvelle fois marqué les esprits. Avec 12 points et huit rebonds en 27 minutes de jeu, l'international français a grandement participé à la victoire de son équipe sur les Charlotte Bobcats.

Vincent Collet : "Il a étoffé son jeu"

C'est aussi la 14e fois de suite qu'il marque 10 points ou plus. Qu'on se le dise, Kévin Séraphin y est pour beaucoup dans la fin de saison honorable des Wizards (18 victoires pour 46 défaites), qui restent sur quatre succès d'affilée. "Ce sont des performances qui interpellent par rapport à ce qu'il avait pu faire l'an passé ou en début de saison", reconnait Vincent Collet, l'entraîneur de l'équipe de France. "Il a étoffé son jeu et, surtout, il a pris de l'assurance et a su stabiliser des choses qu'il faisait déjà, comme son petit hook ou son spin move. Il avait déjà la vitesse et l'explosivité mais on sent qu'il a acquis une vraie confiance, même s'il doit encore travailler la lecture du jeu."

Rien d'étonnant donc à ce que celui qui fut la bonne surprise française du championnat d'Europe en Lituanie l'an dernier croit dur comme fer à une présence aux JO. Séraphin semble même en bonne position pour jouer la doublure de Joakim Noah à Londres, passant ainsi devant Mahinmi et Traoré dans la hiérarchie des intérieurs. Peu de gens auraient parié là-dessus il y a six mois.

Reuters