Sebastian Coe
Sebastian Coe, l'impatient anglais | AFP

Sebastian Coe, l'impatient anglais

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De sa brillante carrière sportive à l'organisation des Jeux Olympiques de Londres en passant par son élection comme député conservateur à la Chambre des communes, Sebastian Coe a réussi une carrière qui a peu d'équivalent dans le monde du sport.

A 55 ans, le Britannique constitue un modèle pour nombre d'athlètes. Sans lui, Londres 2012 n'aurait probablement pas existé face à la candidature parisienne. Michel Platini, Jean-Claude Killy, Serge Blanco, Yannick Noah, Niki Lauda, Pelé, Magic Johnson…etc Les exemples ne manquent pas lorsqu'il s'agit de trouver des sportifs de renom reconvertis de fort belle manière, que ce soit dans leur sport, dans la politique ou les affaires. La trajectoire de Sebastian Coe est parmi les plus belles, les plus accomplies. Né le 29 septembre 1956 à Chiswik, un quartier du grand Londres, Sebastian Newbold Coe n'a pas perdu son temps, sur les pistes comme en dehors, une fois sa première vie terminée.Roi du 1500 mAprès avoir commencé l'athlétisme au sein du club local des Hallamshire Harriers à l'âge de 14 ans, l'adolescent se distingue rapidement et enchaîne les victoires jusqu'à remporter son premier titre national junior sur 1500 mètres en 1975. Deux ans plus tard, il est sacré champion d'Europe en salle sur 800 m. Tout en poursuivant ses études d'histoire de l'économie à l'Université de Loughborough, il enquille les succès sportifs et ravi les records mondiaux du 800m, du mile et du 1500m.Brun ténébreux, il charme les foules en associant à ces succès un charisme certain et une intelligence au dessus-de la moyenne. Les années 80 seront les siennes avec pas moins de quatre médailles olympiques dont deux d'or. Il est d'ailleurs le premier coureur de l'histoire à conserver son titre sur 1500m, s'imposant à Los Angeles quatre ans après Moscou. Au cours de cette période faste, il s'adjuge également quatre breloques continentales, devenant l'un des sportifs préférés des sujets de Sa Majesté. La fin de la décennie sera moins prolifique et Coe décide de stopper sa carrière sur un ultime meeting, à Crystal Palace en 1990.Député anobliDès lors, il peut se consacrer entièrement à son destin politique. Devenu en 1981 membre de la première commission des athlètes mise en place par feu le président du Comité International Olympique Juan Antonio Samaranch, Sebastian Coe n'a jamais refusé de s'engager en faveur du sport et des sportifs, ce qui lui vaut la gratitude de ses pairs. Ses fonctions très politiques lui permettent de franchir des caps successifs dans sa nouvelle vie.Elu député tory à la Chambre des communes en 1990, il entre au Parlement anglais deux ans plus tard. En 1996, il devient secrétaire général du gouvernement mais les élections législatives britanniques sont défavorables au parti conservateur qui s'incline face à Tony Blair en 1997 comme en 2001. Respecté pour ses engagements, dont sa participation dans "The Association PSP" qui lutte contre la maladie orpheline dont est victime sa maman, Sebastian Coe est anobli en 2002, devenant Lord Coe de Ranmore dans le comté de Surrey.Le bourreau de Paris 2012Promouvoir la candidature de Londres pour les Jeux Olympiques 2012 ne pouvait que lui échoir. Durant de longs mois, il se démène pour tenter de convaincre les membres du CIO plutôt enclins à voter Paris. Le 6 juillet 2005 à Singapour, Mister Coe réalise le plus beau coup de sa carrière. Pendant que la candidature parisienne mise sur le glamour –Catherine Deneuve, Johnny Halliday, la Tour Eiffel- pour enlever la décision, Sebastian Coe use de tout son charisme et fait venir sur scène une trentaine d'enfants d'origines variées afin de glorifier l'avenir et l'universalité des JO."La ville où se parlent 200 langues veut que sa diversité serve la magie des Jeux" explique l'ancien miler à une salle béate d'admiration. Jouant sur le registre émotionnel, pédagogue, Coe insiste sur l'expérience "magique, électrisante, énergisante" que doivent être les Jeux pour la jeunesse du monde entier". Il assure que Londres préparera des sites de qualité dont la plupart seront accessibles à pied depuis les lieux d'hébergement, et neuf d'entre eux à seulement sept minutes du centre de Londres. Et il parvient à faire basculer le vote, pour quatre voix seulement ! Un vrai coup de maître qui a fait de l'ancien demi-fondeur le personnage clef du sport d'outre-Manche. Depuis sept ans, malgré de gros dépassements de budget, London 2012 booste l'économie anglaise. Sebastian Coe peut se targuer d'y être pour quelque chose. Son parcours exemplaire, son ascension rapide des pistes aux arcanes du pouvoir politico-sportif, touche bientôt à sa fin avec la fin de la présidence du LOCOG (le Comité d'organisation des Jeux Olympiques et paralympiques). L'ancien champion espère terminer en beauté grâce à des Jeux réussis à tout point de vue. Il pourra alors tirer sa révérence au monde du sport qui l'a fait roi mais qu'il a contribué à faire grandir un peu plus.

A 55 ans, le Britannique constitue un modèle pour nombre d'athlètes. Sans lui, Londres 2012 n'aurait probablement pas existé face à la candidature parisienne. Michel Platini, Jean-Claude Killy, Serge Blanco, Yannick Noah, Niki Lauda, Pelé, Magic Johnson…etc Les exemples ne manquent pas lorsqu'il s'agit de trouver des sportifs de renom reconvertis de fort belle manière, que ce soit dans leur sport, dans la politique ou les affaires. La trajectoire de Sebastian Coe est parmi les plus belles, les plus accomplies. Né le 29 septembre 1956 à Chiswik, un quartier du grand Londres, Sebastian Newbold Coe n'a pas perdu son temps, sur les pistes comme en dehors, une fois sa première vie terminée.

Roi du 1500 m

Après avoir commencé l'athlétisme au sein du club local des Hallamshire Harriers à l'âge de 14 ans, l'adolescent se distingue rapidement et enchaîne les victoires jusqu'à remporter son premier titre national junior sur 1500 mètres en 1975. Deux ans plus tard, il est sacré champion d'Europe en salle sur 800 m. Tout en poursuivant ses études d'histoire de l'économie à l'Université de Loughborough, il enquille les succès sportifs et ravi les records mondiaux du 800m, du mile et du 1500m.

Brun ténébreux, il charme les foules en associant à ces succès un charisme certain et une intelligence au dessus-de la moyenne. Les années 80 seront les siennes avec pas moins de quatre médailles olympiques dont deux d'or. Il est d'ailleurs le premier coureur de l'histoire à conserver son titre sur 1500m, s'imposant à Los Angeles quatre ans après Moscou. Au cours de cette période faste, il s'adjuge également quatre breloques continentales, devenant l'un des sportifs préférés des sujets de Sa Majesté. La fin de la décennie sera moins prolifique et Coe décide de stopper sa carrière sur un ultime meeting, à Crystal Palace en 1990.

Député anobli

Dès lors, il peut se consacrer entièrement à son destin politique. Devenu en 1981 membre de la première commission des athlètes mise en place par feu le président du Comité International Olympique Juan Antonio Samaranch, Sebastian Coe n'a jamais refusé de s'engager en faveur du sport et des sportifs, ce qui lui vaut la gratitude de ses pairs. Ses fonctions très politiques lui permettent de franchir des caps successifs dans sa nouvelle vie.

Elu député tory à la Chambre des communes en 1990, il entre au Parlement anglais deux ans plus tard. En 1996, il devient secrétaire général du gouvernement mais les élections législatives britanniques sont défavorables au parti conservateur qui s'incline face à Tony Blair en 1997 comme en 2001. Respecté pour ses engagements, dont sa participation dans "The Association PSP" qui lutte contre la maladie orpheline dont est victime sa maman, Sebastian Coe est anobli en 2002, devenant Lord Coe de Ranmore dans le comté de Surrey.

Le bourreau de Paris 2012

Promouvoir la candidature de Londres pour les Jeux Olympiques 2012 ne pouvait que lui échoir. Durant de longs mois, il se démène pour tenter de convaincre les membres du CIO plutôt enclins à voter Paris. Le 6 juillet 2005 à Singapour, Mister Coe réalise le plus beau coup de sa carrière. Pendant que la candidature parisienne mise sur le glamour –Catherine Deneuve, Johnny Halliday, la Tour Eiffel- pour enlever la décision, Sebastian Coe use de tout son charisme et fait venir sur scène une trentaine d'enfants d'origines variées afin de glorifier l'avenir et l'universalité des JO.

"La ville où se parlent 200 langues veut que sa diversité serve la magie des Jeux" explique l'ancien miler à une salle béate d'admiration. Jouant sur le registre émotionnel, pédagogue, Coe insiste sur l'expérience "magique, électrisante, énergisante" que doivent être les Jeux pour la jeunesse du monde entier". Il assure que Londres préparera des sites de qualité dont la plupart seront accessibles à pied depuis les lieux d'hébergement, et neuf d'entre eux à seulement sept minutes du centre de Londres. Et il parvient à faire basculer le vote, pour quatre voix seulement ! 

Un vrai coup de maître qui a fait de l'ancien demi-fondeur le personnage clef du sport d'outre-Manche. Depuis sept ans, malgré de gros dépassements de budget, London 2012 booste l'économie anglaise. Sebastian Coe peut se targuer d'y être pour quelque chose. Son parcours exemplaire, son ascension rapide des pistes aux arcanes du pouvoir politico-sportif, touche bientôt à sa fin avec la fin de la présidence du LOCOG (le Comité d'organisation des Jeux Olympiques et paralympiques). L'ancien champion espère terminer en beauté grâce à des Jeux réussis à tout point de vue. Il pourra alors tirer sa révérence au monde du sport qui l'a fait roi mais qu'il a contribué à faire grandir un peu plus.