Sebastian Coe
Sebastian Coe | AFP

Sebastian Coe confiant et tranquille

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A cent jours de l'ouverture des Jeux olympiques de Londres, son président Sebastian Coe se veut à la fois rassurant sur l'atmosphère dans laquelle promet de baigner la capitale britannique, et confiant dans la réussite de l'organisation de l'évènement.

Dans une interview au "Monde" daté de mardi, il prédit d'intéressantes aussi retombées pour la ville. "Ce qui rendra les Jeux de Londres uniques, je crois que ce sera Londres, son cosmopolitisme et sa créativité. Partout où je suis allé, il y a une envie extraordinaire de venir à Londres. Je pense également que l'héritage en terme de retombées sociales, d'infrastructures dans l'est de Londres sera très fort, très riche". Certes, une telle organisation ne se fait pas sans mal, mais l'ancien double champion olympique du 1500 m en 1980 et 1984, le plus important reste ce que l'on peut faire pour ceux qui seront au cœur de ce projet, c'est-à-dire les athlètes. 

"Pour une ville, accueillir les Jeux olympiques est un formidable défi. C'est dur de devoir organiser simultanément 26 championnats du monde, d'avoir seulement dix jours pour transformer Londres en ville olympique, puis de faire la même chose pour les jeux paralympiques. Qu'est-ce que j'ai le plus envie de dire à la fin de ces jeux ? Que j'ai réussi ma mission pour les athlètes". Car malgré les années il n'a pas quitté son costume de sportif. "Regarder le monde comme un athlète permet de voir juste dans plein de domaines...Il est important que dans cette organisation quelqu'un puisse observer constamment avec des yeux de sportif comment le projet est mené à son terme".

Écartant les critiques qui font jour à propos du coût exorbitant des JO dans un contexte économique difficile dans un royaume frappé par une austérité draconienne, il précise: "Le budget sera équilibré. La majorité des compétitions se disputeront sur des installations qui existent déjà". Il en fait de même concernant la sécurité ("Je ne veux pas que les gens qui viennent à Londres se retrouvent dans une ville en état de siège... Il faut un bon équilibre") ou sur l'accusation portant sur le prix d'entrée des épreuves ("on a œuvré pour que les Jeux soient abordables"). Il préfère revenir au terrain et à la dimension olympique, donc universaliste de ce qu'il prépare. Aussi, Sebastian Coe ne s'offusque-t-il pas du fait que Calais devienne une base arrière de Londres en proposant ses équipements pour l'entraînement des athlètes. "On comprend que des équipes préfèrent se préparer dans des lieux où elles s'entraînent depuis des années ailleurs en Europe".  

Un salut à la France

Dans cette interview, Sebastian Coe a pris la  mesure des ses interlocuteurs et adresse quelques mots gentils à la France, sa rivale malheureuse pour l'obtention de ces JO."La France a probablement l'une des plus fortes équipes olympiques que j'ai vues depuis longtemps. Les performances en athlétisme parlent d'elles-mêmes. La France a un rôle historique très important dans le mouvement olympique et j'espère vraiment que Paris déposera une nouvelle candidature."

Politicien et diplomate, organisateur et communicant, sportif et gestionnaire, Sebastian Coe était sans doute l'homme idoine pour porter les couleurs anglaises au sommet de l'Olympe.C'est peut-être lui qui a fait penché la balance lorsque le CIO a choisi l'offre londonienne.  Il sait que cela signifie beaucoup de travail, mais aussi sans doute beaucoup de satisfactions à venir. C'est pourquoi il attend l'échéance calmement, en creusant son sillon pour que tout soit prêt le Jour J et qu'enfin il puisse faire de Londres une métropole centre de monde qui saura donner un relief éclatant au "caractère universel du sport".

Christian Grégoire