Ronan Lamy-Chappuis
Le sauteur français Ronan Lamy-Chappuis | AFP - PETER PARKS

Ronan, l'autre Lamy-Chappuis

Publié le , modifié le

Les compétitions du saut à ski débutent samedi. Parmi les sauteurs, un nom connu, Lamy-Chappuis. Pas Jason, mais Ronan, son cousin. L’athlète de 20 ans arrive à Sotchi avec un nom. A lui de se faire un prénom.

Dans la famille Lamy-Chappuis, je demande le cousin. Tout le monde attend Jason Lamy-Chappuis, le champion olympique du combiné nordique de Vancouver. Mais à Sotchi, la délégation française en compte un deuxième, moins médiatique. Plus jeune aussi. A 20 ans, Ronan Lamy-Chappuis, le cousin, s’apprête à vivre ses premiers Jeux Olympiques. Seul garçon de la délégation de saut à ski, entouré de trois filles plus jeunes que lui, Ronan découvre le gigantisme des Jeux. "C’est très impressionnant de voir tout ça, c’est limite trop grand, on s’y perd un petit peu", avoue-t-il. La solitude dans la chambre aussi qui ne lui pèse guère. L’engouement pour… son cousin également. Une fois les questions sur sa préparation et ses objectifs passées, la discussion bifurque évidemment sur "Jez". Normal. Inévitable. Pourtant "Ronan n’aime pas ça", assure Matjaz Zupan l’entraîneur de l’équipe masculine de saut. "Il est fier de Jason, tempère immédiatement le Slovène, mais il est difficile de les comparer. Il doit suivre son propre chemin". Pourtant, devant les micros et les caméras, le jeune homme répond  de bonne grâce.

Admiration

Sourire, anecdotes, le natif de Lons-le-Saunier assure. "Avec Jez, on s’entend bien. Quand il est seul à la maison, il vient nous voir mes frères et moi – ils sont trois -. On prend un café, ou on mate un film. J’évite de parler de sport avec lui, on essaye de se vider la tête". On peut donc avoir des rapports normaux avec son cousin, même champion olympique. Mais le compétiteur qu'il est n’a-t-il pas envie de profiter de son expérience ? "Si, bien sûr. Si j’ai des conseils à lui demander, je ne me gênerai pas". S’il avoue une certaine admiration - "sans être fan", précise-t-il -  pour les skieurs alpins, notamment Alexis Pinturault et Ted Ligety, il mesure aussi les qualités de son cousin. "Il est impressionnant par son calme. Il le demeure en toutes circonstances, même quand les médias le critiquent un peu. Il faut la faire la 15e place en Coupe du monde. Certains athlètes ne le prendraient pas forcément aussi bien". Lui notamment. "Je suis moins cool que Jez, ça bouillonne plus dans ma tête", sourit-il. "Il peut prendre les bonnes choses de son cousin, mais il doit avant tout construire sa propre carrière", ajoute son entraîneur. A Sotchi, notamment, où il va vivre son premier grand événement.

Au nom de la famille

Il y a un an, Ronan n’était pas sûr d’aller aux Jeux. Mais depuis quelques mois, il a franchi les paliers qui le séparaient de Sotchi. "Avant, je me battais pour rentrer en finale, il me manquait toujours deux, trois mètres. Cette année, j’ai passé les qualifications dès la première compétition. Puis en Pologne, j’ai marqué mes premiers points (24e place)". Il a même terminé aux portes du Top 10 au Japon, trois semaines avant les JO. "C’est bon pour le moral", acquiesce-t-il. A Sotchi, il ambitionne de participer aux deux finales, mais comme il le dit, il est là "pour apprendre". "Dans quatre ans, si je retourne aux JO, je viendrai pour la médaille", assure-t-il. En attendant, il entend profiter et défiler avec ses camarades de l'équipe de France sur la piste du Fisht Olympic Stadium lors de la cérémonie d’ouverture, ce vendredi. La veille des qualifications du saut masculin ? "Je pense que je vais la faire. Je ferai des sacrifices plus tard. J’aimerais vraiment être la pour voir mon cousin porter le drapeau. Ce n’est pas tous les jours qu’on vit une cérémonie d’ouverture et encore moins lorsque son cousin est porteur de la bannière". Devant sa télé, la grand-mère devrait être fière de ses petits-fils. "Elle était déjà émue avant que je parte, ‘je suis heureuse que vous soyez là bas’ m’a-t-elle dit. Même si on ne fait pas une bonne compétition, la famille sera toujours là avec un grand sourire". S’il venait à briller à Sotchi, les pancartes où son surnom ("Goron") apparaît pourraient se faire une place au côté de celles où il est écrit "Jez"…