Rogge CIO
Jacques Rogge ne sera plus le président du CIO après l'élection de mardi. | FABRICE COFFRINI / AFP

Rogge gardera un bon souvenir du CIO

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A quelques jours de passer le flambeau à son successeur, Jacques Rogge a partagé mercredi soir son regard personnel sur ses 12 ans à la tête du Comité international olympique (CIO), qui furent pour lui un privilège mais pas toujours une partie de plaisir.

Sa dernière conférence de presse ne promettait pas de formules chocs tant le Belge a toujours pris soin de choisir ses mots, mais elle fut teintée d'émotion, une émotion discrète et contenue, à l'image de l'homme. "C'est sûr que ce sera très émouvant de n'être plus en charge du Comité international olympique (CIO) mais je pars sans nostalgie. Je ne m'attache pas au passé, je regarde vers mon avenir", a confié l'ancien chirurgien orthopédique, âgé de 71 ans. 

Une partie de son avenir, ce sera d'être membre d'honneur du CIO, ce qui lui permettra de garder un lien avec l'institution et les Jeux Olympiques. Aussi mardi, le jour de l'élection de son successeur, "ce ne sera pas un adieu." "Si j'ai pris plaisir ? Pas toujours. Est-ce que c'était excitant ? Assurément. Est-ce que c'était un privilège de faire cela ? Bien sûr que oui", a estimé ce grand passionné de sport, qui participa lui-même aux jeux Olympiques de 1968, 1972 et 1976 en voile.

"J'ai fait mon devoir"

Jacques Rogge, qui avait hérité d'une maison olympique au bord de l'explosion il y a 12 ans après le scandale de corruption de Salt Lake City, refuse d'être jugé comme le sauveur : "J'ai fait mon devoir, j'ai fait ce que j'avais à faire. Si cela a bénéficié au CIO, j'en suis ravi, mais me prendre pour un docteur qui fait des miracles, ce n'est pas mon style."

"Je suis un perfectionniste, en tant qu'ancien athlète j'ai toujours essayé de faire de mon mieux, alors tout aurait pu être mieux, mais je suis ravi d'avoir pu dire lors de tous les Jeux auxquels j'ai assisté qu'ils étaient des beaux Jeux. C'est la plus belle récompense que je puisse avoir", a avancé cet homme à la réputation impeccable, contrairement à son prédécesseur Juan Antonio Samaranch. "Ce que je n'ai pas réussi à faire, c'est d'aller au lit à une heure décente et dormir le matin", a avancé le Belge. Le ton est un peu badin, mais la remarque laisse transparaître à quel point la fonction est usante.  

"Nous sommes seulement les invités"

A ceux qui reprochent au CIO de ne pas user de son poids moral pour faire pression sur des pays quand il y a matière à indignation, le huitième patron de l'histoire de l'institution rappelle qu'elle n'en a pas les moyens. "Nous avons à plusieurs reprises exprimé clairement quels étaient nos points de vue sur la situation dans des pays, mais nous sommes restreints dans nos actions et nos pouvoirs par le fait que nous sommes seulement les invités dans un pays souverain qui organise les Jeux", a souligné le Belge, qui a toujours évité de mêler politique et olympisme.

Choisir les mots, dit-il, "cela fut une grande partie de mon travail". Quant au CIO, perçu comme un club fermé de têtes couronnées et autres notables, Jacques Rogge, lui-même fait comte par l'ancien roi Baudoin, s'est efforcé de défendre les bienfaits de son hétérogénéité : "La composition du Comité international olympique est un mélange de valeur de personnes différentes. Pas moins d'un tiers des membres ont participé à des jeux Olympiques. Certains sont issus de la royauté, ils sont importants pour le CIO parce qu'ils ont une influence dans leur pays. Certains membres proviennent du  monde des affaires, d'autres du milieu scientifique. Et cette combinaison de différents types de personnes fait la force du CIO."

AFP