Teddy Riner domine le Pain de Sucre de Rio de Janeiro
Teddy Riner pose au sommet du Corcovado, qui domine le Pain de Sucre, deux des symboles de Rio de Janeiro où il a déjà conquis deux titres mondiaux | AFP - DPPI MEDIA - PHILIPPE MILLEREAU

Rio 2016 - Teddy Riner, Rio, berceau d'un destin en or

Publié le , modifié le

Teddy Riner va vivre aujourd'hui la journée qu'il attend depuis quatre ans: la conquête d'un deuxième titre olympique consécutif. Cela tombe bien, Rio lui a toujours réussi. Voici neuf années, il y décrochait son premier titre de champion du monde, à 18 ans. Il y a trois ans, il est revenu dans la « Cidade Maravilha » y décrocher une 6e couronne planétaire. Mais cela n’a pas le même goût que l’or olympique, découvert à Londres en 2012. « Un titre olympique, ça change une vie », scande le colosse.

« Cette médaille d’or olympique, c’est ce qui me pousse à me lever tous les matins, à m’entraîner. J’adore la compétition, j’adore souffrir à l’entraînement, j’adore ressentir que je progresse. J’aime les compétitions, les championnats, les gros événements, le reste ne m’intéresse pas. » Teddy Riner ne fait pas dans la demi-mesure. Son double mètre et son palmarès incroyable le lui permettent. Huit fois champion du monde, personne ne l’avait réalisé dans l’histoire. Mais huit ans après le bronze olympique à Pékin qui avait un goût bien amer, quatre ans après l’or à Londres, le Français veut égaler les meilleurs judokas, comme David Douillet, avec une deuxième couronne olympique. Cela tombe bien, Rio lui réussit plutôt bien généralement. Mais comme il le dit lui-même dans un sourire, « Rio, c’est mon rêve et mon cauchemar ».

Vidéo: Comment Riner se motive après avoir tout gagné

Rio 2007 – Le premier titre mondial à l’âge de 18 ans

Septembre 2007, à Rio, quelques mois après avoir été le premier Français champion d’Europe depuis David Douillet en 1994, et le plus jeune de l’Histoire, Teddy Riner devient le plus jeune champion du monde. « C’était juste exceptionnel. J’avais juste 18 ans. Ce qui m’a marqué, c’était ma fougue. Quand j’ai vu le tableau, avec Inoue (double champion olympique en titre et triple champion du monde) au 1er tour… J’avais tout le monde dans mon tableau, et pourtant j’y suis arrivé. C’est à partir de là que je me suis dit que tout était possible, qu’il n’y avait pas de barrière à se fixer. Il suffit juste de croire en soi. »

Rio 2013 – Un 6e titre de champion du monde

Fin août, toujours à Rio, Teddy Riner, avec un sixième titre, devance désormais de deux unités les références qu’étaient jusque-là Shozo Fujii (1971, 1973, 1975, 1979), Yashiro Yamashita (1979, 1981 en lourds et toutes catégories, 1983), Naoya Ogawa (1987, 1989 en lourds et toutes catégories, 1991) et David Douillet (1993, 1995 en lourds et toutes catégories, 1997). « La différence est énorme entre 2007 et 2013. Le judo a changé. Je ne suis plus la même personne. Ou plutôt si, c’est la même personne mais elle a grandi. En plus, c’est au lendemain du titre olympique. Il y a encore moins de pression. Avec le titre olympique, après, tu te dis que c’est que du bonus. No stress, no pressure. »

Rio 2016 – Un rêve olympique encore à écrire

« Un titre olympique, ça change une vie. Ca ouvre énormément de portes. Les titres de champion du monde, ça ouvre aussi des portes. Chaque médaille a ouvert une porte. Mais le titre olympique, c’est 10, 20, 100 fois plus important. Si je regarde ce parcours, je me dis que c’est un truc de malade. Qu’y a-t-il dans la tête de ce judoka pour remettre tout sur le tapis et continuer, continuer ? C’est la fougue qui me caractérisait à mes débuts, et c’est toujours celle-là qui me caractérise aujourd’hui. C’est ce qui me fait avancer, ce qui me permet de continuer à chercher des médailles. Les JO, c’est un événement à part. Il n’y a pas de mot pour décrire cet événement. C’est hors du commun. Quand on me demande ce que sont les JO, c’est juste un truc ‘de ouf’. C’est magique, extraordinaire, stratosphérique, exceptionnel. »

Teddy Riner au pied du Christ Rédempteur de Rio en 2013, après les Mondiaux
Teddy Riner au pied du Christ Rédempteur de Rio en 2013, après les Mondiaux