Rio 2016, religion beach-volley

Rio 2016, religion beach-volley

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Sur la mythique plage de Copacabana a été installée une arène à la gloire du sport favori des Cariocas, le beach-volley. Depuis le début de la compétition olympique, la fièvre n’y retombe pas.

Une clameur s'élève. Elle vient de l’imposante "arena" qui se dresse sur la plage de Copacabana, faisant face à l’immensité azure de l’océan atlantique. Une enceinte provisoire pouvant accueillir jusqu’à 12.000 personnes qui répondent présents, à chaque match. Car si l’affluence pose question pour certaines disciplines, ici ça ne fait pas un pli, surtout quand le Brésil joue. Les tribunes sont pleines. Pleines de ferveur, de chaleur et de mixité.

À chaque point marqué, c’est l’explosion. À chaque arrêt de jeu, l’union. Autour des paroles d’une chanson jouée par un groupe de carnaval, présent en haut des tribunes, que les spectateurs reprennent tous en cœur. Autour des pas des danseuses du groupe, qu’ils reproduisent, comme un seul homme.

L’âme du Brésil

L’âme du Brésil est là. Son cœur bat ici, dans cette arène. "C’est de la folie. C’est le plus beau site de ces jeux Olympiques. Le décor est majestueux. On se régale", sourit Rodolphe Gaudin, qui commente les matchs olympiques pour France Télévisions. "C’est l’endroit parfait pour venir faire du beach-volley. Ce sport se vit pleinement ici et les joueurs sont de vraies stars. Il n’y a pas un Carioca qui n’a pas joué au moins une fois au beach dans sa vie", renchérit Youssef Krou, consultant et qui a raté de peu la qualification avec l’Équipe de France.

On est bien forcé de le croire. Ce deux contre deux, les pieds dans le sable, en tenue minimaliste, fait fondre tout le Brésil. "C’est encore mieux que le foot. Ça nous donne plus de joie. C’est plus fort", tranche un supporter brésilien. Certes, le voile de l’Egyptienne Doaa el-Ghobashy, sur le terrain avec sa partenaire Nada Meawad a dénoté par rapport à la culture de ce sport. Mais n’a pas choqué. "Les Brésiliens étaient nombreux à supporter les Égyptiennes. Le plus important pour eux, c’est le respect de l’autre et de sa culture", estime Rodolphe Gaudin.

Passion commune

Ce à quoi on assiste dans l’arène est à l’image de ce qui se déroule à l’extérieur, sur le sable fin de Copacabana, avec ces Cariocas réunis autour d’une passion commune, le beach-volley. Des jeunes ou des plus vieux, venus des quartiers défavorisés ou des appartements huppés des bords de plages. Pour monter au filet, il n’y a pas d’âge. "J’ai 87 ans. Ici, 365 jours par an, c’est comme ça, on vient jouer entre nous », souffle l’un des joueurs. Et il est loin d’être le seul. Car au Brésil, on compte environ quinze millions de pratiquants et des milliers de clubs. Depuis son introduction à Atlanta en 1996, le beach a permis au Brésil de rafler onze podiums.

Alors oui, ce sont les Américains qui depuis les JO d’Atlanta se sont emparés du plus grand nombre de titres. Six, pour ce sport né dans les années 1920 sur les plages de Californie. Il n’empêche, le beach reste le rayon de soleil olympique brésilien. Malgré sa jeune histoire aux JO, il est devenu le cinquième plus gros pourvoyeur de médailles du pays. Et ce n’est peut-être que le début.

Boris Courret