L'explosion de bonheur des handballeurs français
Le bonheur collectif de l'équipe de France, qualifiée au terme d'un match plein de suspense | AFP - Roberto SCHMIDT

Rio 2016 - Les handballeurs français rincés mais libérés et qualifiés pour la finale

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Victorieuse à la dernière seconde de l'Allemagne (29-28), l'équipe de France masculine a souffert, surtout physiquement. Leur explosion de joie collective après le but libérateur de Daniel Narcisse n'est que l'illustration de la tension qui les a habités. "On est plus qu’à une heure du titre", a soufflé Valentin Porte, qui disputera sa première finale olympique. Pour les Experts, c'est la 3e consécutive.

Seule la Suède s'était déjà qualifiée pour trois finales olympiques consécutives (1992-1996-2000). Mais elle les avait toutes perdues. Aujourd'hui, la France s'est offert le droit de rêver à un triplé historique. "On ne joue pas une finale pour finir deuxième. Notre seul but, c’est la victoire", glissait très fatigué Nikola Karabatic. "On les a dominés, on les a bousculés mais on n’a pas réussi à les tuer", regrettait Michaël Guigou​, au sujet de cette victoire en demi-finale contre l'Allemagne.

Vidéo: Les réactions de Nikola Karabatic et Daniel Narcisse

Les deux hommes ont souffert, comme tous leurs coéquipiers. La fatigue se lit sur leur visage. Pour Claude Onesta, c'est son polo qui en porte les stigmates. Déchiré, il a subi de plein fouet les festivités de victoire de ses troupes. "Ce type de matches, j’imagine que cela les rend exceptionnels, fabuleux et qu’on s’en souvient. Mais nous, le staff, on préférerait des matches contrôlés, maîtrisés", dit-il avec humour. "Mais ce qu’il faut mettre en avant, c’est les 40 minutes exceptionnelles, voire 45, où on a dominé le champion d’Europe d’une façon même peu rationnelle." Tous ont la même analyse: les Allemands ont beaucoup joué offensivement sans gardien, ce qui a contribué à faire souffrir physiquement les Bleus. "C’est difficile de donner à 7 contre 6 en défense en restent lucide en attaque tout le temps", soulignait Michael Guigou.

Valentin Porte: "Un but venu d'ailleurs"​

Thierry Omeyer, sorti presque aussi fatigué que ses joueurs de champs après 12 arrêts sur 39 tirs durant la rencontre, est tout sourire: "C’est un gros match, un gros match d’équipe. On la mérite vraiment cette finale car on a fait un grand match. Un match d’hommes, un match d’équipes." Nikola Karabatic parle de son sentiment d'après-match, un "mélange de joie et de soulagement. Je n’arrive pas vraiment à réaliser. C’est un match incroyable. On fait un match parfait pendant 50 minutes, et là ils reviennent. On leur donne des balles pour revenir et on marque sur la dernière action." Daniel Narcisse, auteur lui-aussi d'un énorme match (7/10) concède: "On aurait préféré un autre scénario. C’est incroyable parce que tout le match on a montré beaucoup de maîtrise, d’agressivité en attaque, on était plutôt bien en place en défense. Mais les Allemands ont livré un grand match." Il loue l'état d'esprit d'un groupe qui lui a permis de "retrouver de l'énergie" à la fin pour inscrire ce "but venu d’ailleurs, qui normalement ne rentre jamais", dixit Valentin Porte.

Le N.8 de l'équipe de France détaille cette dernière action, celle de la délivrance: "On ne le voit pas, on ne l’entend pas, mais c’est Nikola (Karabatic) qui annonce l’enclenchement à la fin, qu’on n’avait pas travaillé depuis très longtemps, et qui fonctionne là. Quand il l’a dit, je n’étais pas vraiment serein, mais on l’a joué à fond." Et cela a donc marché. "C’est vraiment dur mais c’est ce qui rend cette victoire encore plus belle", sourit Valentin Porte. "On a donné tout ce qu’on avait. On est sur les rotules mais c’est tellement bon", ajoute Nikola Karabatic.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze