Rio 2016: les Experts rajeunis en rodage

Rio 2016: les Experts rajeunis en rodage

Publié le , modifié le

Victorieuse très difficilement de la Tunisie (25-23), l'équipe de France de handball a débuté son aventure olympique avec un succès. Avec cinq "anciens" qui défendent la double couronne olympique et neuf novices qui découvrent les JO, les Experts ont joué sur courant alternatif. Et Nikola Karabatic a franchi ba mythique barre des 1000 buts inscrits en matches internationaux (1003).

"J'ai dix jeunes joueurs sur quinze. Il faut donc que j'en fasse jouer certains. Par moments, certains ont plutôt réussi leur match, d'autres l'ont plutôt raté. Mais il n'y a pas que les jeunes qui ont été en échec. Aux penalties, ce qui fait basculer le match en deuxième mi-temps, ce sont des joueurs expérimentés qui les tirent." Claude Onesta ne veut pas faire de la jeunesse une excuse pour expliquer ce premier match compliqué. Il sait que ses cadres, même s'ils ont fini le match au moment où plus grand-monde ne voulait prendre des tirs et où la pression tunisienne était forte, ont également failli. "On a réussi à faire briller Maggaiez, on a réussi à remettre l'équipe de Tunisie en jeu, et on a même réussi à réveiller le public brésilien qui a pris fait et cause pour la Tunisie. C'est de notre faute."

Vidéo: France - Tunisie

Pour débuter cette aventure, le sélectionneur avait mis dans son équipe de départ Vincent Gérard dans le but (30 ans, 33 matches), Adrien Dipanda (28 ans, 10 sélections) et Mathieu Grebille (24 ans, 49 matches). Luc Abalo, meilleur joueur du monde en 2011 a dû attendre 19 minutes pour entrer sur le terrain malgré ses 203 sélections. Daniel Narcisse, meilleur joueur du monde 2012 (288 capes) a lui patienté 22 minutes. Et les deux premières réalisations de la rencontre, ont été l'oeuvre de Dipanda. Le symbole d'une équipe alors très à l'aise, qui a viré à la pause avec un net avantage (16-11).

2/7 au jet de 7m pour les cadres

"C'est puissant", lance le joueur de Saint-Raphaël au sujet de cette première olympique. "C'est ma première grande compétition officielle avec l'équipe de France, et en plus je débute le match." Mais en ne trouvant pas le chemin des filets durant dix minutes de part et d'autre de la mi-temps (avant que Narcisse ne débloque le compteur), les Bleus ont laissé les Tunisiens revenir. Symbole de cette baisse de régime, les jets de 7m, tentés sans réussite successivement par Luc Abalo, Michaël Guigou, Valentin Porte (pour un total de 2/7 dans cet exercice).  Mais quand la Tunisie est revenue à un but des Bleus, le staff tricolore a remis les cadres. Et Nikola Karabatic a rempli son rôle de leader en inscrivant quatre de ses six buts du soir durant les 13 dernières minutes de la rencontre. Cela lui a ainsi permis de dépasser la barre des 1000 buts sous le maillot de l'équipe de France.

"On a été capable de gérer le money-time avec nos stars qui se montrent et font la différence à la fin", soulignait Valentin Porte, qui avertissait néanmoins: "Il faudra être vigilant parce qu'un jour, ça ne nous sourira peut-être plus." Adrien Dipanda confirmait de son côté la solidité de ce collectif: "Cette équipe a une certaine expérience, avec des joueurs comme Daniel Narcisse ou Nikola Karabatic qui savent gérer ces ballons-là. Ils sont là pour ça. Nous, on est là pour les accompagner. C'est eux qui nous mènent dans ces moments-là", affirme le joueur qui a terminé la rencontre aux côtés des Guigou, Sorhaindo, Karabatic, Abalo et Omeyer. "On s'est posé le problème tout seul", soulignait pour sa part Nikola Karabatic. "On doit tous être capables pour porter cette équipe. Les coaches ont fait beaucoup de rotation pour impliquer tout le monde. Sur un premier match, sur des situations chaudes, il y avait beaucoup de nervosité." Et quand on lui parle de ces premiers matches si délicats dans une telle compétition, il répond: "On a l'expérience. On était prévenu."

Le test du Qatar

Claude Onesta conclut pour sa part: "On a des jeunes plein de talent, et je sais qu'un jour, ils seront des joueurs expérimentés et feront partie des meilleurs du monde. Il faut passer par une phase où il faut apprendre, et parfois se tromper. Des joueurs n'ont pas mis beaucoup de confiance dans le magasin ce soir. L'expérience et la sagesse s'apprennent avec le temps. On a choisi une équipe jeune, parce qu'on pense qu'elle est capable de jouer à très haut niveau, voire parmi les tout meilleurs. A eux de le prouver, à nous de les aider." Dans deux jours, le Qatar, vainqueur de la Croatie, sera face aux Français dans une revanche de la finale du dernier championnat du monde, remporté par les Bleus. Un test majeur pour tout le groupe. 

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze