Riner
Teddy Riner, porte-drapeau d'une journée bleue | JACK GUEZ / AFP

Rio 2016, le récap’ : Grand ciel bleu sur Rio

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Après un début de quinzaine en demi-teinte pour le clan tricolore, les Bleus ont coloré d’or et d’argent leur bilan provisoire. Teddy Riner (judo) a conservé son titre olympique, quand Émilie Andéol (judo) et le duo Pierre Houin/Jérémie Azou en deux de couple poids légers (aviron) ont monté le total de breloques dorées à cinq après une journée faste.

C’était annoncé. Cette journée de vendredi, avec Teddy Riner et Florent Manaudou notamment, avait été cochée à l’avance par le clan français. Mais après un début de Jeux Olympiques souvent décevant du côté des valeurs sûres, on pouvait légitimement douter de la capacité du duo à assumer son statut.

Une journée d’or et d’argent

Mais Pierre Houin et Jérémie Azou ont donné le ton dès les premières heures de la journée. En l’emportant d’un souffle sur le bateau irlandais, le deux de couple poids légers (aviron) apportait sa première médaille d’or du jour à la France. « C’est un truc de malade, surtout une finale comme ça, soufflait Pierre Houin, 22 ans, épuisé à l’arrivée. Personne n’a rien voulu lâcher. Il fallait mettre le maximum. Quand on doit puiser, on est dans cet état-là. Mais on a gagné quoi ! »

La deuxième satisfaction du jour est venue de Jean-Charles Valladont au tir à l’arc. Quatrième mondial, le tricolore s’est hissé sur la deuxième marche du podium, ne s’inclinant qu’en finale face au Sud-Coréen Ku Bon-chan (7-3). L’apéritif.

Autre discipline, autre médaille d’argent : en escrime, l’équipe de France de fleuret masculin a réalisé une journée quasi-parfaite (victoire 45-41 face à la Chine, puis 45-30 face aux favoris italiens), ne s’inclinant qu’en finale face à la Russie (45-41), après avoir dominé pendant les trois quarts de la rencontre. Les derniers relais ont été fatals aux Bleus, qui ont eu jusqu’à 9 touches d’avance. Rageant.

Le grand final du judo français

La (très) grande satisfaction du jour est venue du judo. Plutôt décevante depuis le début de la compétition (deux médailles d’argent et une de bronze) la colonie tricolore comptait sur Teddy Riner pour redresser son bilan et rentrer de Rio avec un titre en poche. Du côté des femmes, en +78kg, Émilie Andéol portait les espoirs français.

Ces espoirs, elle les a emmenés avec elle tout en haut du podium olympique. En larmes avant et après chacun de ses combats du jour, une manière pour elle d’évacuer la pression, elle s’est lâchée à nouveau pendant la Marseillaise. Des larmes en or, cette fois, après un parcours incroyable et les éliminations coup sur coup de la championne du monde en titre chinoise Yu Song en demi-finale et la championne olympique de Londres, Idalys Ortiz (Cuba), pour l’or.

De son côté, Teddy Riner a assumé son statut de grand favori. Jamais réellement mis en danger, il s’est débarrassé au gong de l’Israélien Or Sasson en demi-finale, pour conserver son titre face au Japonais Hisayoshi Harasawa avec une pénalité d’avance à la fin des cinq minutes de combat. « La joie est à l’intérieur mais ce soir, ne je vais pas arriver à dormir », assurait-il un peu plus tard. On peut le comprendre.

Manaudou battu d’un centième

Autre grand espoir tricolore, Florent Manaudou a répondu présent... malgré tout. Champion Olympique du 50m nage libre il y a quatre ans à Londres, il voulait devenir le premier Français à conserver son titre en natation. Il rate son objectif d’un souffle, battu par Anthony Ervin (35 ans) d’un centième (21.41 contre 21.40 pour l’Américain) mais apporte la sixième et dernière médaille du jour à la France. En argent.
« Je ne fais pas une bonne course c’est dommage, réagissait-il en sortie de bassin. Je suis déçu, un centième… Le temps n’est pas très bon. J’ai pris beaucoup de plaisir, je rapporte une médaille. Pas celle que je voulais mais ça fait du bien quand même. Je ne sais pas si je vais m’arrêter là… Une défaite ça fait du bien aussi de temps en temps ».

Mehdy Metella a lui terminé à la sixième place d’un 100m papillon où, surprise, Michael Phelps a été battu par Joseph Schooling (Singapour).

Une promesse sur le ring, l’athlé lance ses Jeux

Dernières satisfactions du jour, la qualification en demi-finale de Sofiane Oumiha (Boxe, Hommes, -60kg), qui assure au moins le bronze au clan tricolore (pas de match pour la troisième place) et celle de Sarah Ourahmoune en huitième de finale des poids mouche.

L’athlétisme a aussi bien démarré pour Pierre Ambroise Bosse, qui s’est qualifié pour les demi-finales en remportant assez tranquillement sa série du 800m. Première journée compliquée en revanche pour Antoinette Nana Djimou à l’heptathlon, reléguée à la 12e place du classement général et plus de 200 points du podium. Alexandra Tavernier (Marteau) et Kafétien Gomis (Longueur) seront eux en finale.

Du côté des sports collectifs enfin, l'équipe de France féminine de handball s'est imposée (21-17) face à la Corée du Sud et sera au rendez-vous des quarts de finale. En basket masculin, les Bleus l'ont emporté face au Venezuela (96-56). Ils affronteront les États-Unis dimanche soir dans leur dernier match de poule. Un avant-goût des demi-finales ?

Les (rares) déceptions tricolores

Au milieu de cette belle journée en bleu blanc rouge, quelques déceptions tout de même : Gaël Monfils, d’abord, n’a pas pu redresser la faillite collective du tennis français à Rio. En s’inclinant en trois sets (7-6 4-6 7-6) face à Kei Nishikori, malgré trois balles de match, la dernière chance de médaille d’une discipline qui en visait quatre a quitté le tournoi au stade des quarts de finale.

L’autre grande déception vient du football féminin. Dans un tableau ouvert après l’élimination des États-Unis par la Suède plus tôt dans la journée, l’équipe de France s’est inclinée contre le Canada en quart de finale du tournoi (1-0). Après la quatrième place à Londres, c’est un nouvel échec pour les Bleues, qui quittent le Brésil avec de gros regrets.

Au tableau des médailles, la France remonte à la huitième place. Cinq en or, autant en bronze, et sept en argent.

Paul Arrivé @Paul_Dejala