Diniz
Yohann Diniz héroïque lors du 50km marche | vincent curutchet / DPPI Media

Rio 2016 - Le recap' de la 14e journée : l'or de Mossely, la douleur de Diniz, l'apothéose de Bolt

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De la marche héroïque de Yohann Diniz à la dernière course en or d'Usain Bolt en passant par la victoire d'Estelle Mossely et l'argent d'Élodie Clouvel et Haby Niaré, ce vendredi a de nouveau été une journée forte à Rio. Et l'équipe de France aperçoit désormais clairement la barre symbolique des 40 médailles...

La dure loi de la marche

Quand, après 20km de course ce vendredi, Yohann Diniz devance ses poursuivants de près de deux minutes, on se dit alors qu’il file tout droit vers l’or. Qu’il n’a plus qu’à gérer son effort en évitant de s’attirer le regard des juges. Mais, quelques kilomètres plus loin, il s’arrête, fait signe qu’il n’en peut plus, tiraillé par des problèmes gastriques. Pourtant, il reprend sa route. Et pendant quelques minutes, on se dit alors qu’il va réaliser un incroyable exploit. Mais, rattrapé, dépassé par ses poursuivants, il s’effondre.

Au bout de quelques secondes, il se relève, repart à nouveau. Il veut vaincre cette malédiction qui semble s’abattre sur lui aux Jeux Olympiques, après son abandon en 2008 et sa disqualification à Londres. Il s’arrêtera une dernière fois mais terminera la course, à une anecdotique huitième place, à moins de six minutes du vainqueur, Matej Toth (Slovaquie). Finalement, Yohann Diniz sera transporté à l’hôpital après avoir franchi la ligne. Malgré la déception, sa performance héroïque restera comme l’une des plus belles de ces Jeux…

Mossely – Yoka, un mariage en or ?

On a depuis deux jours la certitude que l’équipe de France de boxe terminera ces jeux avec un total de six médailles. Le précédent record qui datait de 2000 et plafonnait à trois unités a donc été pulvérisé. Même si ces résultats dépassaient les espérances, une frustration demeurait faute d'un titre suprême qui fuyait les gants de nos boxeurs et boxeuses. Ce soir, en battant la Chinoise Yin Junhua en finale des moins de 60kg, Estelle Mossely a fait que ce bilan restera dans l’histoire du noble art tricolore. La Cristolienne devient la première championne olympique française. Sarah Ourahmoune pourrait l’imiter demain.

Un peu plus tôt dans la soirée, Tony Yoka s’est rapproché un peu plus de son objectif en décrochant sa place en finale des lourds aux dépends du Croate Filip Hrgovic. Tony Yoka et Estelle Mossely, qui ont prévu de se marier à l’issue des jeux, pourraient ainsi se dire oui avec une médaille d’or chacun autour du cou.

Le handball, toujours une valeur sure

Les Experts en course pour un triplé historique ! Les Bleus se sont imposés en demi-finale contre l’Allemagne (29-28) grâce à un but de Daniel Narcisse dans les dernières secondes du match. Dominateurs quasiment toute la rencontre, ils ont vu les Allemands revenir sur eux et égaliser dans les deux dernières minutes. Pas de quoi faire flancher Daniel « Air France » Narcisse toujours infaillible pour sa dernière compétition en équipe de France à 36 ans.

Les Bleues également qualifiées en finale, le handball français a à sa portée un doublé inédit dans l’histoire. Les hommes disputeront la finale contre le Danemark dimanche soir (19h) alors que les femmes affronteront la Russie samedi (20h30).

Clouvel, Niaré : Duo d’argent

La 36e médaille de la délégation française est venue d’Élodie Clouvel en pentathlon moderne. À 27 ans, la Stéphanoise a réalisé une journée quasi-parfaite vendredi. Vice-championne du monde en titre de la discipline, elle a parfaitement négocié l’escrime, la natation, sa spécialité, et l’équitation pour s’élancer dans la course/tir en deuxième position, 12 secondes derrière la Polonaise Oktawia Nowacka. Malgré un tir défaillant, Élodie Clouvel double cette dernière dans les derniers mètres mais est battue par le superbe retour de l’Australienne Chloe Esposito, pourtant partie 33 secondes après elle. La tricolore se contente de l’argent, quatre ans après avoir terminé 31e du pentathlon olympique de Londres.

Quelque heures plus tard, Haby Niaré (taekwondo) a ramené une 37e médaille, d’argent là aussi, en s’inclinant en finale des -67kg après un incroyable combat (12-13) face à la Sud-Coréenne Oh Hye-Ri, qu’elle menait 4-0 dans la deuxième reprise. Malgré tout, c’est une déception pour la Française de 23 ans, numéro une mondiale de sa catégorie, qui espérait pouvoir offrir une première médaille d’or olympique au taekwondo français. Il faudra patienter…

Bolt conclut son histoire olympique en apothéose.

Trois participations aux JO, trois médailles d’or empochées à chaque fois en 2008, 2012 et 2016. Ce qui nous fait un total de neuf titres pour la Foudre. Il met fin à son rêve olympique et surtout, il rejoint Carl Lewis dans la légende de l’olympisme ainsi que le Finlandais Paavo Nurmi, cador du fond et demi-fond dans les années 20. Pour sa dernière course à Rio, Bolt a parachevé le travail entamé par Asafa Powell, Yohan Blake et Nickel Ashmeade. « La Foudre » a dû s’employer quelques mètres pour aborder la dernière ligne droite en tête et terminer seul au monde. Relais bouclé en 37.27sec devant les surprenants Japonais (37.60sec) et le Canada d’Andre De Grasse (37.64sec). Ces derniers, à l’origine 4e, accèdent au podium suite à la disqualification des États-Unis.

A noter qu’ils se consoleront avec le relais féminin. Tianna Bartoletta, Allyson Felix, English Gardner, Tori Bowie s’imposent en 41.01sec et devancent la Jamaïque (41.36sec) et la Grande Bretagne (41.77sec). Felix se pose quelque part comme le pendant féminin de Bolt puisqu’elle remporte sa 5e médaille d’or en athlétisme, un autre record.

Au classement des médailles, la France est septième avec un total de 37 médailles (9 en or, 14 en argent et autant en bronze).

Paul Arrivé @Paul_Dejala