La boxeuse française Sarah Ourahmoune après sa qualification en finale olympique
La boxeuse française Sarah Ourahmoune après sa qualification en finale olympique | AFP - YURI CORTEZ

Rio 2016 : La boxeuse Sarah Ourahmoune, qualifiée en finale olympique, veut terminer en beauté

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Sarah Ourahmoune (48-51kg) est la deuxième boxeuse tricolore, après Estelle Mossely, à atteindre la finale olympique de sa catégorie lors de ces Jeux. Elle retrouvera une adversaire qu’elle connaît bien, la Britannique Nicola Adams. Une récompense pour la Française, qui a connu bien des désillusions, mettant sa carrière entre parenthèses.

"Tu es monstrueuse d’intelligence dans ta boxe, je suis bluffé". Brahim Asloum, consultant pour Francetv Sport n’hésite pas à interrompre l’interview de Sarah Ourahmoune pour lui témoigner son admiration. La boxeuse sourit. "Merci Brahim", souffle-t-elle. Elle vient de se qualifier pour la finale olympique de sa catégorie et peut rejoindre au palmarès de la boxe française, le dernier champion olympique tricolore (à Sydney en 2000). Elle savoure. Pas longtemps car samedi, il y a un titre olympique à aller chercher contre la redoutable Britannique, Nicola Adams.

Un combat difficile et des retrouvailles entre deux boxeuses qui se connaissent bien. "Ça fait une quinzaine d’années qu’on est sur le circuit et je l’ai encore affrontée en avril lors du Tournoi de Qualification Olympique en Turquie". Un combat qu’elle avait perdu. "On reste sur une insatisfaction face à elle, précise son entraîneur Anthony Veniant, le score avait été serré, il aurait fallu en faire un petit peu plus".

Le rêve devient réalité

A 34 ans, la doyenne des boxeurs tricolores à Rio vit ses premiers et derniers Jeux. Une récompense pour celle qui a mis sa carrière entre parenthèses pour devenir maman. Sa fille a aujourd’hui trois ans et suit depuis la France les combats de sa mère. "On n’avait pas réussi à se qualifier pour les JO de Londres et là on est deux (avec Estelle Mossely, ndlr) en finale, c’est le double jackpot".

Cette finale, son dernier combat, est la concrétisation de deux années de travail pour retrouver le niveau qui avait fait d’elle une championne du monde (2003). "Cette finale olympique était un rêve un peu fou, mais j’avais envie d’y croire, déclare-t-elle. Je me suis donné un an, en 2014, pour savoir si j’allais retrouver mon niveau. Je me suis lancée et je n’ai pas écouté ceux qui pensaient que ce défi était perdu d'avance".

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Pari gagné

En demi-finale, elle a vaincu son stress et une adversaire coriace qu’elle ne connaissait pas, soutenue en tribunes par une bruyante et imposante communauté colombienne. Assurée de terminer sa carrière sur une médaille olympique, elle veut terminer en beauté contre Nicola Adams. Avant ce dernier combat, Sarah Ourahmoune se félicite déjà d’en avoir remporté un, celui de médiatiser la boxe féminine. "On a gagné notre pari, on reçoit beaucoup de messages des gens depuis quelques jours, ils découvrent la boxe et nous témoignent du plaisir qu’ils prennent à regarder. En septembre, il y aura un pic d’inscriptions dans les salles de boxe", annonce-t-elle. Elle, ne les fréquentera plus. Ou moins. Mais elle aura une médaille olympique. Reste à savoir de quel métal elle sera.

Benoit Jourdain @BenJourd1