Le trio Romain Bardet, Julian Alaphilippe et Alexis Vuillermoz à Rio

Rio 2016 : Des bosses, des pavés, le parcours de la course cycliste est exigeant et spectaculaire

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Le parcours de l’épreuve de cyclisme sur route promet. Beaucoup. Tracé à l’intérieur de la ville et très accentué avec des bosses, un secteur pavé, il promet d’être exigeant. Une aubaine pour le spectacle. Et pour les favoris et les Bleus ? Eléments de réponse.

Rio, ce curieux mélange entre urbanisme outrancier – ces bouquets de buildings un peu partout – et une nature sauvage aux portes de la ville et parfois même à l’intérieur, est un superbe décor pour une course de cyclisme. L’UCI, l’Union Internationale de Cyclisme, le Comité olympique de Rio et la ville de Rio, ont concocté un parcours accidenté avec des bosses, des pavés, des descentes au milieu des lieux emblématiques de la ville. Tous les ingrédients pour une grande course longue de 256 km. Depuis le test-event remporté par Alexis Vuillermoz l’an dernier, rien n’a vraiment changé. Le parcours se compose toujours de deux circuits de 25km chacun, que les coureurs emprunteront quatre fois pour le premier, trois fois pour le second. 

 

 

Grumari, la première lame

La plage de Copacabana et son Fort servent de lieu de départ. Les coureurs laisseront derrière eux le sable et l’océan pour prendre la direction de Grumari, quartier situé à l’Ouest de la ville. Là-bas, ils vont se frotter aux premières difficultés : "Deux côtes assez raides mais courtes, détaille Bernard Bourreau, le sélectionneur tricolore, elles font 1 à 2 km, mais elles sont très raides avec des passages à 17, 18%, les gars mettront un braquet de 39-30. On enchaîne avec un secteur pavé de 2 km". Il y a un an, lors du test-event, les coureurs avaient déploré le très mauvais état de ce secteur. "On entre sur ce secteur après une descente, on avait peur d’arriver à 80-90 km/h", se souvient Alexis Vuillermoz, vainqueur de l’épreuve.

"Il y avait eu des chutes, les bidons volaient, ajoute Bourreau, ils ont donc remis du goudron". A quoi peut-on s’attendre sur ce secteur ? "C’est costaud comme passage, note Bourreau, ce n’est pas Paris-Roubaix, mais ce n’est pas les Champs-Elysées non plus. Ca va faire mal, ça va servir la course. Il y aura des incidents mécaniques, on espère pas trop de chutes, mais ça sera un facteur usant". Après Grumari, retour au cœur de Rio. Les coureurs retrouvent un peu de quiétude avant de rentrer dans le circuit final de la Vista Chinesa. "C’est la partie très difficile", tease le sélectionneur.

Passages à 15% , descente technique

C’est là que la course devrait se jouer. Où l’on verra qui sont les costauds, si les Chris Froome, Alejandro Valverde, Romain Bardet répondront aux attentes. "C’est une montée de 8 km avec une première partie à plus de 10% de moyenne, avec des passages à 15-16%. La montée est coupée par une descente de 700-800 mètres avant une deuxième partie à 7-8% et deux derniers kilomètres plus roulants", détaille le sélectionneur. "C’est vraiment, vraiment dur, insiste-il, et c’est une bosse qui ne ressemble pas à quelque chose qu’on connaît en France". Et la suite n’est pas mal non plus puisque la descente est "très, très technique", précise Romain Bardet. Le deuxième du dernier Tour de France estime que les routes "atypiques" et les bas-côtés "pas du tout aménagés" vont pousser à une vigilance accrue. Même si le revêtement a été refait et amènera encore plus de vitesse, "tout manque de lucidité se paiera", prévient-il.

Quels favoris ?

Une fois la troisième et dernière descente dévalée, il restera une dizaine de kilomètres de plat aux coureurs pour rallier l’arrivée, située sur la plage de Copacabana. "Cela ne sera pas facile pour un homme seul", estime Bourreau. Pas une bonne nouvelle pour Romain Bardet selon Laurent Jalabert. "Pour qu’il joue une médaille, il faudra qu’il soit dans un groupe de trois. Cela veut dire que la course se sera vraiment durcie dans la dernière ascension", lance le consultant. L’intéressé le regrette : "C’est un parcours très sympa avec la bosse, mais avec ces bornes sur le plat à la fin du parcours, c’est possible qu’il y ait un regroupement". Plus que vers le leader d’AG2R, le regard et le pronostic de Jalabert se tournent vers Julian Alaphilippe.

Contrairement à Bardet, l’homme d’Etixx-QuickStep, a l’avantage "de pouvoir aller vite (au sprint)", dixit Jalabert. Selon son sélectionneur, le coureur de 24 ans est "le mieux armé". Lui, Bardet, Vuillermoz et Warren Barguil, le quatrième larron, devront se méfier "des mecs remuants sur un profil accidenté, qui descendent bien et qui ont une petite pointe de vitesse", synthétise Jalabert. Plus précisément ? "Je pense qu’on va retrouver les acteurs du Tour mais surtout ceux qui jouaient des victoires d’étape, les Jarlinson Pantano, Julian Alaphilippe, Alejandro Valverde ou Vincenzo Nibali". Ce qui est sûr, c’est qu’au terme des 256 km, le vainqueur aura été celui qui aura été le plus habile tacticien pour déjouer les pièges de ce parcours relevé.

Benoit Jourdain @BenJourd1