Basket, Tony Parker
Tony Parker. | EMMANUEL DUNAND / AFP

Rio 2016 - Basket : Les Bleus éliminés en quarts par l'Espagne (92-67)

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L'équpe de France de basket n'a pas pesé lourd face à l'armada espagnole, qui a récité son basket avec aisance et facilité (92-67). A aucun moment de ce quart de finale de tournoi olympique, les hommes de Vincent Collet n'ont su répondre à l'efficacité insolente de l'Espagne. Pour la dernière en bleu de Tony Parker, Florent Pietrus et Mickael Gelabale, l'équipe de France a manqué de défense, de réaction et de révolte.

Pour les hommes de Vincent Collet, la Roja du basket est comme un moustique dans la tente. Ce soir encore, elle les empêchera de dormir, piquant au coeur les espoirs tricolores d’une médaille olympique. Comme quatre ans plus tôt, aux JO de Londres. Non, Tony Parker, Florent Pietrus et Mickael Gelabale qui rangeaient ce soir pour de bon leur maillot bleu au placard, n’attraperont jamais un métal olympique. Il faut dire que Pau Gasol était là, et avec son double-maître dans la raquette, l’Espagne n’avait jamais perdu contre la France de Parker & co. L’histoire et la malédiction se poursuivent. Et pourtant, le futur pivot des Spurs qui avait marqué au moins 20 points lors de ses six derniers matches face aux Bleus a noirci une maigrelette feuille statistique (5 points).
 

MIrotic avait réglé la mire
Sur l'échelle de Richter des déceptions face à l’ennemi intime espagnol, ce quart de finale est d’une magnitude riquiqui. Car à aucun moment, les Bleus n’ont inquiété l’escouade ibérique qui a récité la partition de son coach italien Sergi Scariolo. Ni secoué les couennes espagnoles pour faire infuser le doute dans les têtes adverses. En première période, Nikola Mirotic (23 points) a été comme le lapin Duracell : il enchaînait les 3-points et l’ailier-fort espagnol faisait ficelle, encore et encore. Le public faisait les additions, révisait la table de 3, et les Espagnols s'envolaient vers leur troisième demi-finale olympique d’affilée. D’autant que malgré les efforts de Rudy Gobert pour fermer les volets de la raquette bleue, les intérieurs ibériques y faisaient aussi la loi. Les deux succès français de suite pendant l’Euro slovène en 2013 et lors du Mondial espagnol 2014 s’étaient bâtis sur le béton de sa défense. Pour mater ces Espagnols à 52 % de réussite aux tirs, l'intensité devait être sur courant continu.

Zéro pointé pour Batum
Nicolas Batum a symbolisé les peines offensives de la France et son efficacité en berne. Le joueur des Charlotte Hornets n’a pas tenté un seul tir au long des 20 premières minutes. Deux seulement au final qui n’ont pas trouvé la mire. Zéro point pour le couteau suisse de la sélection française, qui aura joué ces JO de Rio à côté de ses sneakers. Vincent Collet, en M. Bricolage d’une partie-naufrage, a tout essayé pour colmater les fuites : du small-ball, des switchs en défense, rien n’a marché. Le coffre espagnol était fort. Les Espagnols n’ont même pas eu besoin de « flopper », de contester chaque décision, de râler, de chambrer comme à leurs habitudes. De 3 points seulement au terme du premier quart-temps, l’écart a grossi au fil du match, grimpant jusqu’à + 30 au pic de maestria des Espagnols.
Ce quart de finale promettait un match de malade mental avec des larmes, des retournements de situation et du verbatim au coup de sifflet final. Bof, pas vraiment. Du destin tragique, ça oui pour les néo-retraités Tony Parker (meilleur marqueur français, 14 points) Mickael Gelabale et Florent Pietrus, ses fiers-à-bras des parquets qui ont mis du bleu partout sur la grande scène du monde et qui s’arrêtent sur une lourde défaite.

Ioris Queyroi