Renaud Lavillenie en pleurs devant Sergueï Bubka
Renaud Lavillenie en pleurs devant Sergueï Bubka | JULIEN CROSNIER / DPPI Media

Rio 2016 - Athlétisme : Lavillenie: "je me suis senti humilié"

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Après avoir été hué sur le podium du saut à la perche, Renaud Lavillenie est venu s'expliquer sur le plateau de FranceTV Sport. Le Français, médaillé d'argent à Rio, a avoué s'être "senti humilié" par les sifflets du public.

Il ne s'attendait pas à cela. Déjà sifflé lundi soir lors de ses derniers sauts du concours à la perche, Renaud Lavillenie pensait que la hostilité du public brésilien à son encontre se résumait à la compétition qu'il livrait à l'idole de tout un peuple, Thiago Braz Da Silva. Il s'était trompé. Vingt-quatre heures plus tard, une partie du Stade Olympique de Rio a confirmé que les valeurs du sport n'étaient pas invitées à la fête de l'Olympisme au Brésil. Sans doute le public brésilien n'a-t-il goûté que moyennement à la comparaison maladroite - à propos de laquelle Renaud Lavillenie s'est excusé - avec celui de 1936 aux JO de Berlin de triste mémoire (quand Jesse Owens un athlète noir avait été pris en grippe par le public de l'Allemagne nazie). Le Champion français s'était aussi lâché dans des déclarations pour le moins insultantes envers le public brésilien auprès de plusieurs télévisions internationales. Toujours est-il que si sifflets il y a eu, ils ont immédiatement été suivis par des applaudissements.

"Je ne peux pas rester là-dessus"

Consolé par Sergueï Bubka juste après le podium, le vice-champion olympique était encore visiblement très touché par cet épisode si rare dans un stade d'athlétisme. "J'avais quand même le bonheur d'être sur le podium, a avoué Lavillenie. Les larmes sont venues de l'accueil. C'est dur parce que je me suis dit qu'hier c'était sur la compétition. [...] J'ai essayé de me retenir...". Fier d'avoir livré un superbe duel avec son adversaire, le Français a tenu à rendre hommage à un "homme qu'il adore". Venu pour remporter le titre olympique, Renaud Lavillenie partira du Brésil avec un goût amer dans la bouche. Même s'il ne sait pas où il "sera dans quatre ans", le Clermontois a assuré qu'il ne pouvait pas "rester là-dessus".