Le sprinteur Christophe Lemaitre
Le sprinteur français Christophe Lemaitre. | AFP - OLIVIER MORIN

Rio 2016 - 200m: Christophe Lemaitre, le renouveau olympique ?

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Christophe Lemaitre n’est plus la jeune perle de l’athlétisme tricolore. A 26 ans, il n’est plus non plus la référence du sprint national, désormais occupé par Jimmy Vicaut sur 100m. Mais pour ses deuxièmes Jeux Olympiques, le Savoyard, qui prend part aujourd'hui aux séries du 200m, a tout fait pour retrouver la lumière.

« Je ne suis pas dupe : mes meilleures chances de médailles sont sur 200m. » Christophe Lemaître fait partie de ces sportifs directs, sans langue de bois, surtout lorsqu’il s’agit de parler de lui. « Mes Jeux de Londres, je suis passé à côté. C’était décevant, tant en terme de chrono qu’en terme de classement. » Sixième du 200m, alors qu’il avait réalisé la troisième meilleure performance mondiale de l’année, ayant fait l’impasse sur le 100m pour éviter la blessure sur une distance qui l’avantageait moins, il n’avait pas brillé. Cette année, il a fait autrement, et a échoué de peu à se hisser en finale du 100m de Rio

Vicaut est devenu la référence

A cette époque-là, il était sur le devant de la scène, Jimmy Vicaut dans son ombre, pour expliquer la déception de la 5e place du relais 4x100m (revue en 3e place après la disqualification des Canadiens juste après la course puis le déclassement des Américains suite au contrôle positif de Tyson Gay). A Pékin, l'an dernier, les rôles étaient inversés. Finaliste sur 100m, Vicaut était devant, Lemaitre derrière. Car entre temps, la hiérarchie a changé.

Vidéo La demi-finale de Christophe Lemaitre sur 100m

Premier « sprinteur blanc » à être passé sous les 10.00 sur 100m, en bronze aux Mondiaux-2011 sur 200m après avoir été champion du monde juniors 2008 sur cette distance, il avait le monde à ses pieds en 2012. Les blessures sont passées, les contre-performances aussi, et Vicaut, qui a égalé le record d’Europe du 100m et a occupé provisoirement cette saison la 1re place mondiale des performances. Demi-finaliste sur 100 et 200m à Pékin aux Mondiaux 2015, il disait : « C’est frustrant car j’ai évolué à 100% de mes capacités actuelles, pas à 100% de mes capacités maximums. A froid, je suis sûr que j’en tirerai du positif pour la saison suivante. »

Retour aux anciennes recettes

La saison suivante, on y est. Touché à la cuisse lors des championnats de France, il avait préféré faire l’impasse sur le 200m, où il avait déjà gagné sa place pour Rio. Exit également les championnats d’Europe d’Amsterdam en juillet, pour ne pas prendre de risque. « La priorité, c’est les JO », scande le sprinteur français. Cette fois, il a essayé de tout mettre en ordre pour être au rendez-vous. « Après l’été dernier, je voulais avoir un programme d’entraînement clair », explique-t-il. « Mon projet devait me permettre de réussir ces Jeux. » Il a donc beaucoup discuté avec son coach de toujours, Pierre Carraz, mais aussi Laurence Billy, manageur du sprint français. « On a calqué le programme sur ce qu’on faisait en 2010-2011 », précise-t-il. C’était l’époque où il venait titiller les meilleurs sur 100 et 200m. Ses meilleurs temps datent d’ailleurs de 2011 : 9.92 sur 100m, 19.80 sur 200m. Il n’a jamais été plus vite. Mais l’indissociable duo n’a pas seulement repris les recettes du passé. Il a aussi tiré des enseignements des derniers temps. « Sur les deux dernières années, on bossait énormément le foncier pour tenir sur 200m, et on a un peu oublié la qualité. J’étais fatigué de ces programmes-là. »

En remettant la vitesse en axe fort de sa préparation, Christophe Lemaitre espérait retrouver ses qualités passées. Auteur d’une bonne saison en salle, ayant réalisé les minima sur 200m début juin et sur 100m fin juin, il parle de nouveau de podium à Rio, lui qui garde de « très bons souvenirs » de Londres 2012 : « L’ambiance dans le village olympique, c’était génial, et voir le stade olympique plein du matin au soir… » Si la préparation est la même que pour des championnats du monde, s’il ne « ressent pas plus de pression », le Français avoue qu’il a fait « encore plus attention aux détails » dans une année olympique. Après avoir perdu ses deux titres européens en ne glanant « que » l’argent à Zurich en 2014, Christophe Lemaitre veut retrouver un cycle positif. Rio est le meilleur endroit pour le faire.