Tony Estanguet
Tony Estanguet vient de remporter sa troisième médaille olympique | OLIVIER MORIN / AFP

Retour sur la 4e journée

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En devenant mardi champion olympique de canoë-kayak, Tony Estanguet est entré encore un peu plus dans l'histoire du sport français. Il est le premier athlète tricolore à remporter trois médailles d'or dans une même discipline. En natation, Camille Muffat remporte une deuxième médaille dans ces JO londoniens.

Les perfs : Consécration pour Estanguet, natation et judo à l'honneur

Il a beau connaitre par cœur le chemin qui mène vers la plus haute marche du podium, Tony Estanguet l'emprunte toujours avec le même plaisir. En remportant mardi sa troisième médaille d'or olympique en canoë monoplace, le Palois s'est fait une place de choix dans le panthéon du sport français. En effet, jamais un athlète tricolore n'avait réussi ce triplé historique. A Pékin, Tony Estanguet, alors porte drapeau de la délégation française, paraissait inconsolable après son élimination dès les demi-finales. Quatre ans plus tard, le voilà revenu au sommet de l'olympe. La conclusion d'une carrière hors-norme? Pas sûr. "Je ne vais pas prendre ma décision d'arrêter ou non, aujourd'hui, confie le triple champion du monde. J'aime trop ça."

Après une demi-finale conclue sans la moindre erreur (3e chrono), le Palois abordait sa finale en position de force. Rapide, précis, il a passé les obstacles un à un pour s'adjuger la première place avec 1'25 d'avance. Il ne restait plus qu'à attendre les deux derniers passages avant de pouvoir laisser éclater sa joie. Alors que le Slovène Savsek passe totalement à côté de sa manche, l'Allemand Sideris Tasiadis, champion d'Europe, offre plus de résistance mais échoue à une seconde. Estanguet peut exulter. 

S'il assure que "ce n'est pas important d'entrer dans la légende", Tony Estanguet y a tout même mis les deux pieds. Ses douze années de carrière professionnelles, débutées par un triomphe aux Jeux de Sydney, ont été émaillées de succès. "Je n'ai pas fait ça pour l'histoire, pour un record. Aujourd'hui, je voulais juste être moi-même. Penser aux conséquences, c'est un frein à la performance."

En natation, Camille Muffat a confirmé sa grande forme en remportant mardi sa deuxième médaille de ces JO après avoir triomphé lors du 400m nage libre. La meilleure nageuse française actuelle est allée décrocher l'argent sur 200 mètres, battue par celle qu'elle avait distance dimanche, l'Américaine Allison Schmitt.

Enfin, la dernière médaille française de la journée est à mettre à l'actif de Gévrise Emane. La judokate a remporté mardi le bronze des moins de 63kg, obtenant enfin la médaille olympique qui la fuyait. Deux fois championne du monde et quatre fois championne d'Europe, Emane a décroché cette place sur le podium en battant la Sud-Coréenne Joung Da-Woon après prolongation et à l'unanimité des trois juges. "Ce matin, j'étais un peu en dedans, a-t-elle reconnu après le combat. Je me suis mis la pression en pensant que les dieux de l'Olympe n'étaient pas avec moi."

Le fiasco : l'escrime à la peine

Décidemment, l'escrime française n'y arrive pas. Après les déceptions de la veille, matérialisée par l'élimination de Laura Flessel en 8e, c'est au tour des fleurettistes de rendre les armes. Mardi, Victor Sintes et Erwann Le Péchoux ont rapidement quitté le tournoi olympique. Médaillé de bronze lors des derniers Mondiaux, Sintes est tombé face au Chinois Lei Sheng (15-6). A 32 ans, le Français disputait ses premiers JO. "Je n'ai pas trouvé la solution, a-t-il commenté. Mon adversaire a bien su utiliser sa technique. Il s'est mis loin de moi, avec sa main en retrait. Donc ma lame ne pouvait pas toucher la sienne. J'étais dépassé quand j'attaquais et je n'arrivais pas non plus à trouver la parade."

Erwann le Péchoux peut lui nourrir de grands regrets. Après un départ canon (7-2), le Français s'est totalement écroulé sur la fin en encaissant un sévère 9-3 pour finalement s'incliner 15-13. La rencontre a changé du tout au tout après une interruption pour blessure demandée par le Chinois. "J'avais tout bien fait au départ, a déclaré le fleurettiste français. Je le touchais tout le temps. Puis il y a eu une pause pour blessure, et mon adversaire a complètement changé. Moi, de mon côté, je ne me suis pas adapté."

L'anecdote : le voile s'invite au judo

La judokate Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani, l'une des deux premières Saoudiennes présentes aux JO, qui insistait pour combattre voilée, pourra monter sur le tatami la tête couverte, a annoncé le Comité international olympique mardi.

Le chiffre : 1

Comme le nombre de milimètre qui a départagé Chia-En Lin de la Française Bérengère Schuh, qualifiée mardi pour les 1/8e de finale du tir à l'arc. Les juges ont été contraints de sortir leur pied à coulisse pour vérifier quelle flèche était la plus proche du centre. Après quelques minutes de mesures des marques, c'est finalement la Française qui est déclarée vainqueur pour 1mm...

 

Victor Patenôtre