Report des JO : "task force", coulisses des discussions... les précisions de Thomas Bach

Publié le , modifié le

Auteur·e : Clément Pons
Thomas Bach, le président du CIO.

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Après l'annonce mardi du report des Jeux olympiques de Tokyo en 2021, le président du Comité international olympique (CIO) a tenu à donner quelques précisions ce mercredi. Lors d'une conférence téléphonique avec près de 400 journalistes du monde entier, Thomas Bach est revenu sur les discussions menées avec le comité d'organisation japonais ces dernières heures. Il a également annoncé la mise en place d'une "task force" qui aura la lourde charge de superviser ce report "dans les meilleures conditions".

La communication officielle du report des Jeux olympiques de Tokyo le mardi. Le service après-vente de Thomas Bach le mercredi. C'est en deux temps que le Comité international olympique (CIO) a décidé d'agir après l'annonce historique de la non-tenue cet été du plus grand événement sportif mondial.

400 journalistes du monde entier étaient pendus à leur téléphone ce matin afin d'en savoir plus sur les conditions du report des JO. Une conférence téléphonique d'environ 45 minutes avec le président du CIO qui, à défaut d'être particulièrement instructive, a tout de même permis d'obtenir quelques précisions.

• Les dates des prochains Jeux olympiques pas encore fixées

C'est le premier enseignement à tirer, et aussi celui que scrute au plus près les athlètes : non, Thomas Bach n'a pas annoncé les dates des prochains JO.

"L’accord est que nous voulons organiser ces JO au plus tard en été 2021 (...) mais ce n’est pas restrictif. Toutes les options sont sur la table", a précisé le patron du CIO. Un moyen aussi de ne pas fermer la porte à des Jeux au printemps. "Ces JO seront célébrés en 2021 et seront un symbole, celui de la célébration de l’humanité après un challenge sans précédent avec le nouveau coronavirus. La lumière de la flamme olympique se rallumera à la fin de ce long tunnel, mais on ne sait pas quand."

• Mise en place d'une "task force" pour gérer au mieux le report et ses conséquences

Depuis l'annonce faite mardi, le CIO annonce d'ores et déjà travailler avec le comité d'organisation et le Premier ministre japonais Shinzo Abe sur la mise en place du report. Thomas Bach a annoncé la mise en place d'une "task force" - ou force d'intervention - en charge de gérer au mieux la situation. Son nom ? "Here we go !" ("c'est parti").

"Nous avons contacté les fédérations internationales, c’est la première étape. On leur a parlé des options. Nous devons prendre en compte le calendrier sportif et beaucoup d’autres questions et trouver une solution rapidement. Mais la priorité est la qualité de cette décision pour être capable de contenter au mieux les athlètes, les partenaires, le comité d’organisation etc. (...)  La task force devra faire ce qu’elle peut, amener de l’espoir. La situation est sans précédent, le challenge non plus. Ces JO reportés auront besoin de sacrifices. Nous devons trouver la meilleure solution possible en fonction des circonstances que nous vivons en ce moment."

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• Personne n'a demandé l'annulation des JO

Initialement interrogé sur la position du Canada - qui avait publiquement exprimé son intention de n'envoyer aucun de ses athlètes à Tokyo cet été - Thomas Bach a mis au clair le fait "qu'aucune voix n'a appelé à une annulation pure et simple des Jeux de Tokyo".

"Nous avons consulté tout le monde, les différents comités olympiques, les fédérations internationales. Nous avons aussi écrit une lettre aux athlètes. Nous avons eu un soutien total, y compris de la part du Canada, sur nos propositions. Les difficultés d'organiser les TQO (tournois de qualification olympique), les conditions d'entraînement, la santé des athlètes et des officiels... Nous avons tout pris en compte. (...) L’annulation a été discutée, comme toutes les options sur la table, mais c’était clair dès le début que celle-ci ne devait pas avoir lieu. C’est notre mission à nous, CIO, d’assurer le rêve olympique."

• Non, le patron du CIO n’a pas songé à démissionner

Interrogé sur les nombreux reproches ces derniers jours à l'encontre du CIO - accusé par une bonne partie du monde olympique d'avoir tardé à prendre une décision - et si ceux-ci ont amené Thomas Bach à considérer le fait de démissionner, ce dernier a répondu un "non" tranchant. Dont acte, donc.

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• Les Jeux d'hiver en 2022, un challenge supplémentaire

Avec ce décalage inédit des Jeux olympiques, cela a pour conséquence de rapprocher d’autant plus les prochains Jeux d’hiver, prévus à Pékin du 4 au 20 février 2022. “Oui les prochains Jeux d’hiver mais aussi les Jeux olympiques de la jeunesse à l’automne… Ce sont des challenges supplémentaires. Nous devrons voir dans les mois à venir ce que ça veut dire pour nos staffs, en interne, comment organiser cela d’une façon correcte. C’est sûr que le report ne facilite pas les choses. Nous voulons avoir, notamment grâce à la task force, un tableau plus général pour savoir comment s’organiser au mieux.”