Yelena Isinbayeva
Yelena Isinbayeva | ADRIAN DENNIS / AFP

Répétition générale à Monaco

Publié le , modifié le

Privé de son joyau Usain Bolt, le meeting de Monaco va délivrer les derniers enseignements -et diamants- à quelques-uns des meilleurs athlètes du monde, avant que l'or olympique n'accapare leurs ambitions, à l'image de la perchiste russe Yelena Isinbayeva.

Monaco, son soleil et ses stars: à moins de deux semaines du début de  l'athlétisme aux jeux Olympiques de Londres, le Rocher princier a tout du lieu  de villégiature parfait, surtout si l'on compare avec la grisonnante Londres,  qui a fait fuir le Chinois Liu Xiang, en manque de chaleur. Ici, même l'Américain Tyson Gay, le 2e homme le plus rapide de l'histoire,  a l'air d'un tigre paresseux. Comme d'autres bolides (Carmelita Jeter, Allyson  Felix, Justin Gatlin...), il ne s'alignera pas en individuel, mais uniquement  sur le relais 4x100 m.  "On s'est entraîné, j'ai revu des amis, on a passé du bon temps", a résumé  Gay, toujours peu loquace. Depuis une semaine, Monaco sert de base à la  délégation américaine pour travailler cette spécialité.

En l'absence d'Usain Bolt, initialement programmé sur le 200 m mais qui a  finalement annulé sa venue après les douloureuses sélections jamaïcaines, c'est  la perchiste russe Yelena Isinbayeva qui sera la principale tête d'affiche du  meeting en individuel. "Je suis en bonne forme, les derniers mois ont été difficiles mais dès ma  première compétition (4,75 m à Sotteville, en Normandie, nord-ouest de la  France) j'ai senti que je pouvais sauter très haut. Je me sens plus en  confiance, et demain je m'attends à une grande compétition et un bon résultat.  Le plus important ce serait de réussir la meilleure performance mondiale (4,77  m actuellement, par Fabiana Murer) et pourquoi pas un record du monde", s'est  enthousiasmé la Russe.

Un 110m haies royal

Le plateau de la perche féminine est d'ailleurs de toute beauté avec, outre  Isinbayeva, sa compatriote russe Svetlana Feofanova, la Britannique Holly  Bleasdeale, la Brésilienne Fabiana Murer et la Française Vanessa Boslak. Chez les hommes, le 110 m haies aura fière allure. "Un plateau  exceptionnel", se félicite l'organisateur, Jean-Pierre Schoebel. De fait,  hormis Liu Xiang, les meilleurs sont là, avec les Américains Aries Merritt  (12.93 cette saison et détenteur de la MPM qu'il vient même d'égaler à Londres  le week-end dernier) et Jason Richardson (12.98 et champion du monde en titre).  Et encore, le Cubain Dayron Robles devait y effectuer sa rentrée, mais "en  manque de forme, il a préféré continuer à s'entraîner", a précisé Schoebel.  "Le record du monde (12.87 par Robles), ça peut-être demain ou jamais. Tout  peut arriver, mais c'est difficile de le programmer. J'espère surtout faire une  belle course comme j'en fais depuis le début de saison", a expliqué Merritt. "Moi, quand je viens à Monaco, je me sens riche, je sens en forme, je me  sens plus grand", a plaisanté le souriant Richardson. Je viens pour faire une  course propre, sans erreur", a ajouté le hurdleur aux dreadlocks.

Ce sera une belle occasion pour les Européens de voir où ils en sont, avec  le champion d'Europe et phénomène russe Sergey Shubenkov, et son dauphin le  Français Garfield Darien. Sur 200 m, la course de Wallace Spearmon (USA), probable adversaire de  Christophe Lemaitre à Londres, sera scrutée avec intérêt, face notamment au  Néerlandais Churandy Martina, autre outsider. Les organisateurs espèrent également un 3000 m steeple de haute volée avec  les Kenyans Paul Koech et Richard Mateelong. Sur 100 m, la Nigériane Blessing Okagbare, victorieuse à Crystal Palace,  pourrait de nouveau imposer sa loi.

AFP