Poutine/homos:"nous n'arrêtons personne"

Poutine/homos:"nous n'arrêtons personne"

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Le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré vendredi que les homosexuels ne devaient pas craindre d'être poursuivis au cours des jeux Olympiques à Sotchi en février, tout en défendant une loi controversée sur la "propagande" homosexuelle devant mineurs. "Nous n'interdisons rien et nous n'arrêtons personne. Chez nous, il n'y a pas de responsabilité (pénale) pour de telles relations, contrairement à d'autres pays du monde", a déclaré M. Poutine, en citant certains Etats des Etats-Unis, selon des images diffusées par la télévision russe.

"Vous pouvez être tranquilles et détendus, mais laissez les enfants  tranquilles", a-t-il ajouté au cours d'une rencontre à Sotchi avec des jeunes  volontaires de différents pays, qui participeront à l'accueil des invités aux  Jeux, du 7 au 23 février, dans cette ville du sud de la Russie. "Chez nous, il n'y a pas d'interdiction des formes non traditionnelles de  relations sexuelles", expression utilisée en Russie pour qualifier les  homosexuels, a souligné M. Poutine. "Chez nous, c'est la propagande homosexuelle et la pédophilie qui sont  interdites. Je tiens à insister là-dessus", a-t-il dit.

La "propagande homosexuelle" interdite

Une loi punissant la "propagande" homosexuelle devant mineurs de peines  d'amende et de prison a été promulguée en juin dernier par Vladimir Poutine. Ce  texte controversé a provoqué de vives critiques, notamment en Occident, et des  appels à boycotter les Jeux de Sotchi. Des défenseurs de la cause homosexuelle redoutent que la formulation  imprécise de cette loi soit utilisée pour interdire tout événement organisé par  des gays. La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cécilia Malmström,  s'est déclaré pour sa part "préoccupée" par ce texte qui risque d'entraîner "de  nouvelles atteintes aux droits des représentants LGBT (lesbiennes, gays,  bisexuels, transsexuels)", a-t-elle dit à l'issue d'une rencontre avec le  ministre de la Justice, Alexandre Konovalov, selon l'agence Interfax.

L'homosexualité était considérée en Russie jusqu'en 1993 comme un crime  passible de huit ans de camp, et comme une maladie mentale jusqu'en 1999. La  population russe reste massivement hostile aux homosexuels, selon des sondages. Un acteur nationaliste russe controversé, Ivan Okhlobystine, qui a été un  temps prêtre orthodoxe, a publié récemment sur sa page Twitter une lettre  ouverte appelant Vladimir Poutine à réintroduire la pénalisation de  l'homosexualité et à organiser un référendum sur ce sujet.

AFP