JO Paris 2024
Les Jeux de Paris devraient mobiliser environ 150 000 emplois. | PHILIPPE MILLEREAU / DPPI MEDIA / DPPI

Paris 2024 dévoile la carte des emplois attendus

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Les Jeux olympiques de Paris 2024 profiteront-ils à l'emploi et aux entreprises locales, notamment en Seine-Saint-Denis, leur épicentre pendant les Jeux ? Les organisateurs affichent, jeudi, leur volonté d'éviter l'écueil d'un événement déconnecté des territoires.

Au total, les Jeux devraient mobiliser environ 150 000 emplois existants ou à créer, en majorité de 2021 à 2024, selon une étude présentée jeudi par le Comité d'organisation des JO (Cojo) et dévoilée par Tony Estanguet ce matin au micro de RTL. Ce rapport sera présenté devant les élus et les ministres du Travail, de la Cohésion des territoires et des Sports, réunis dans une ancienne manufacture réhabilitée pour l'accueil d'événements, au pied du Stade de France. Un lieu symbolique puisqu'il sera le théâtre de la cérémonie d'ouverture des JO et accueillera les épreuves reines de l'athlétisme.

Anticiper les besoins

Ces emplois concernent la construction (11.700), l'organisation (événementiel, sécurité privée, transport, gestion des déchets, 78.300) et le tourisme (hôtellerie et restauration, 60.000), selon la cartographie réalisée par le Centre de droit et d'économie du sport (Cdes) de Limoges et le consultant Amnyos.

Le Cojo revendique un travail inédit à l'échelle d'un tel événement, qui doit permettre aux acteurs de l'emploi d'identifier les besoins en formation. Durant toute la candidature et depuis l'attribution à Paris, en septembre 2017, le président du Cojo Tony Estanguet martèle le message de "Jeux utiles à la population", alors que les JO font face aux accusations de gigantisme et que certaines éditions (Rio 2016, Tokyo 2020) sont entachées par des soupçons de corruption.

L'emploi, un enjeu majeur en Seine-Saint-Denis

L'enjeu de l'emploi est fortement attendu en Seine-Saint-Denis, département où le taux de chômage atteint 17% au 3e trimestre 2018 (contre 8% en Ile de France). C'est en effet ce département qui accueillera le village olympique, le centre aquatique olympique (Saint-Denis) et le village des médias (Le Bourget), dont la construction sera lancée en 2021.

Lors d'une audition au Sénat en décembre, le délégué interministériel aux Jeux Olympiques, Jean Castex, avait demandé d'élaborer un plan de manière à anticiper les besoins, les formations et les qualifications nécessaires pour éviter que les prix dérapent et qu'il faille recourir "de manière massive à des entreprises venant d'un peu plus loin en Europe".

Les attentes sont donc fortes mais les promesses seront-elles tenues ? En Seine-Saint-Denis, des événements comme la COP21 (au Bourget en 2015) ou l'Euro 2016 ont laissé un souvenir en demi-teinte. "En matière d'impact pour les entreprises locales, c'est plus que mitigé", ajoute le président du département, Stéphane Troussel, qui se félicite malgré tout du travail accompli avec le Cojo.

AFP