Missillier, Pinturault sauvent les Bleus

Missillier, Pinturault sauvent les Bleus

Publié le , modifié le

Le doublé réalisé par Steve Missillier et Alexis Pinturault sur le slalom géant a apaisé la délégation tricolore de ski alpin. Avec deux médailles, une d’argent et de bronze, la France fait déjà mieux qu’à Vancouver (0 médaille). En attendant le slalom.

Avant ce slalom géant, le ski alpin français était sur les mêmes bases qu'à Vancouver. C’est-à-dire pas fameuses. Mais depuis mercredi, les Bleus respirent un peu mieux grâce à Steve Missillier et Alexis Pinturault qui ont "pris leurs responsabilités", selon Fabien Saguez, le Directeur Technique National. Les médailles d’argent et de bronze rapportées par les deux Français lancent enfin la moisson espérée par le staff. Le retard accumulé dans la première semaine devenait pesant sur les têtes. "C’était difficile depuis le début des JO. Difficile aussi avec l’environnement, on croise les autres qui font des médailles. Nous on avait de grosses ambitions, j’avais annoncé trois médailles dont un titre. Avec l’équipe et les résultats qu’on avait fait avant ces Jeux, ça commençait à être compliqué", a reconnu Maurice Adrait, le chargé des relations médias du ski alpin.

"Ce matin (mercredi matin, ndlr) avant la course, on n’en menait pas large. Maintenant, on est euphorique, mais ce matin c’était plus difficile", ajoutait-il après la course. Difficile car l’équipe de vitesse est passée à côté des Jeux – la 11e place d’Adrien Theaux sur le Super G a été le meilleur résultat – et car le Super Combiné a été une déception. Un bilan pas glorieux que le staff tricolore ne cherchait pas à nier. "La première semaine a été ratée on l’a dit. Ça nous a fait du mal", a confirmé Fabien Saguez.

Autre équipe, autres résultats

Alexis Pinturault nous devait une revanche. Se devait une revanche. Après la sortie de piste dans le slalom du Super Combiné. Il est allé la chercher en montrant ses "ressources", dixit Saguez. "Il a fallu une claque pour que je comprenne certaines choses", a assuré le skieur de Courchevel. L’homme de 22 ans a d’ailleurs fait le liant entre les deux équipes, celle de la vitesse et celle de la technique. Et c’est lui, avec Steve Missillier, qui a amorcé le changement. "La deuxième semaine a été abordée différemment", a précisé Saguez, rejoint sur ce point par Maurice Adrait : "D’autres personnes arrivent, un autre encadrement". Ces deux médailles ne sont pas une revanche ou une réaction d’orgueil. Plutôt une remise au point. "On était les favoris du Super Combiné et on l’a raté. On était les favoris du Géant et là on ne l’a pas raté. Les gars n’ont pas craqué. Je suis fier de mon équipe. Vu les résultats de l’hiver, j’aurai été déçu pour eux qu’on reparte d’ici bredouille. Aujourd’hui (mercredi, ndlr) on avait rendez-vous. Je suis content de l’état d’esprit. On arrêtera de dire que les Français craquent aux grands événements", ajoutait Maurice Adrait.

Une densité de bon augure pour le slalom

La densité et l’homogénéité de cette équipe de France de technique a trouvé confirmation ce mercredi. Avec trois hommes dans les dix premiers (Thomas Fanara a pris la neuvième place, ndlr) dont deux sur le podium, elle a confirmé qu’elle avait des réponses aux questions qui pointaient. "La mentalité de ce groupe est forte. Ils sont plusieurs à se battre à l’entraînement. C’est bon pour l’émulation", expliquait Maurice Adrait. Cette densité justement pourrait bien faire des étincelles samedi en slalom, dernière épreuve des Jeux. Pinturault et Missillier remettront le couvert, rejoint par Jean-Baptiste Grange et Julien Lizeroux. Un ancien champion du monde de la discipline (en 2011 à Garmisch) et un ancien vice-champion du monde (en 2009 à Val d’Isère) sur le retour.

"On a au moins deux Français redoutables, voire trois comme c’est parti. On a une belle équipe avec nos prédispositions cette semaine. Je ne suis pas loin de penser que nos quatre garçons pourraient être très performants", a déclaré Fabien Saguez. On guettera encore Alexis Pinturault qui a enfin ouvert son compteur de médaille. Pour lui aussi, la pression est retombée. "Il va falloir redescendre sur terre pour se remobiliser", avouait-il mercredi, bouquet de fleurs à la main. Alors ces deux médailles sont une libération ? "Non, je serai libéré quand on aura fait 15 médailles, prévenait Saguez, il y a encore quatre jours de compétition, il reste des choses à aller chercher".

Vidéo : la cérémonie aux fleurs pour Missillier et Pinturault

Benoit Jourdain @BenJourd1