Steve Missillier et Alexis Pinturault
Les deux skieurs français Steve Missillier et Alexis Pinturault | AFP - OLIVIER MORIN

Missillier et Pinturault, géants bleus

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Steve Missilier et Alexis Pinturault ont ouvert leur compteur personnel de médailles olympiques et également celui de l’équipe de France de ski alpin à Sotchi. L’argent et le bronze symbolisent un succès partagé par tous et viennent couronner une journée "fabuleuse" pour la délégation française.

Au moment de se présenter devant les journalistes, Thomas Fanara est tiraillé. Entre la déception personnelle et la joie collective. Sa 4e place à 1 seconde 33 de Ted Ligety lors de la première manche laissait espérer le meilleur pour la seconde manche. Mais "une faute au début du mur" a mis fin à ses espoirs de monter sur le podium. "Après la faute, ça ne s’enchaîne plus très bien. Je perds mes illusions et je sais que ça va être difficile. Je force un peu mon ski", a-t-il déclaré. Le contraste est saisissant entre sa frustration et la joie, quelques centaines de mètres plus loin, de ses deux coéquipiers, Alexis Pinturault et Steve Missillier, médaillés du slalom géant.

"Pour l’équipe c’est génial ! Steve a été bon. Je lui avais dit que ça pouvait être des conditions pour lui. Je le connais. Ce genre de neige lui convient, l’année dernière en championnat de France, il avait été bon. Je lui avais dit que ça pouvait être un championnat de France bis. Il m’avait répondu ‘maintenant que tu le dis, peut-être…’". La suite lui a donné raison. Parti en 21e position de la deuxième manche, il en a signé le meilleur temps, repoussant Ted Ligety à près d’une demi-seconde. "Il a géré, il était imprenable aujourd’hui. Disons que j’étais le meilleur des autres", a lancé le médaillé d’argent.

Succès collectif

Après son passage, le skieur du Grand-Bornand a du attendre. Et voir les cadors se casser les dents sur son chrono canon. "J’arrive avec un peu moins de six dixièmes d’avance. Ça avait été serré en première manche, mais après le passage de Marcel (Hirscher, 4e à 94 centièmes au final, ndlr), je me suis dit que c’était jouable". "J’ai encore du mal à y croire. Mais je suis super content. Je savais que c’était possible après la première manche, mais de là à le réaliser, c’était encore une autre histoire. Je pensais avoir plus de chances en slalom. Le faire en géant dans ces conditions, sur une piste que je trouvais plate et un peu longue pour moi… Au final, elle est parfaite", a-t-il avoué. La journée allait être encore plus belle avec la troisième place de son camarade chez les Bleus, Alexis Pinturault. "Pendant que Ondrej Bank descendait, moi j’avais déjà une médaille. Alex (Pinturault, ndlr) était à côté de moi. Quand le Tchèque est passé derrière au classement, il est devenu fou", a sourit le jeune papa de 29 ans. Troisième, Pinturault savourait lui aussi sa première médaille olympique.

Densité récompensée

Au fond de lui, le gagneur qui l’est espérait sûrement un autre métal, mais là, le skieur de Courchevel s’en contentait largement. "C’est fabuleux. On passe la ligne et on sait qu’on est sur le podium avec un autre Français. C’est une bonne course, une belle course d’équipe". La "claque" du Super Combiné est oubliée. Le "leader technique" du ski alpin français, dixit le Directeur Technique National Fabien Saguez, avait besoin de ça pour "comprendre certaines choses".

"Il faut être heureux de cette 3e place. On peut vite être 4e et sur un événement comme ça, je l’ai appris l’an dernier aux Mondiaux, tourner autour du podium c’est bien, être sur la boîte c’est mieux". Fabien Saguet, le DTN, allait avoir le mot de la fin : "Je pense aussi à Thomas (9e du géant, ndlr) qui a fait du grand ski, il était dans les temps des deux garçons, mais ces deux médailles récompensent la densité de cette équipe. Je reste persuadé que dans les grands événements, il faut arriver avec des profils différents, ce qui permet d'avoir des gens qui peuvent être devant ou sur le podium selon les conditions".

Vidéo : Missillier et Pinturault touchent l'argent et le bronze sur le géant

Vidéo : Les réaction de Steve Missillier et Alexis Pinturault