Millous
Le Français Sofiane Millous (en blanc) | AFP - Franck Fife

Millous au pied du podium

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Engagé en moins de 60 kg, Sofiane Milous devait battre l'Ouzbek Rishod Sobirov, double champion du monde, pour décrocher la médaille de bronze. A l'issue d'un combat fermé, le Français a fini par s'incliner.

La marche était un peu trop haute. Face au double champion du monde Rishod Sobirov, le Français Sofiane Milous n'a jamais trouvé la solution dans ce combat pour la médaille de bronze du tournoi olympique de judo. Sanctionné trois fois pour passivité, Milous n'a pas réalisé l'exploit et échoue donc au pied du podium. La déception est immense. "Pour moi, la compétition s'est arrêtée en quart de finale, explique le judoka. Un rêve d'enfant s'est envolé en fumée. Je me suis remotivé en pensant au public français. Bien sur j'ai des regrets, je ne vais pas dormir pendant très longtemps. Je m'en veux, ça, c'est sûr."

Le judoka français était un rescapé. A cinq secondes près, son tournoi aurait pu s'arrêter dès le premier combat. Mené d'un yuko par le Géorgien Betkili Shukvani, il est resté vivant grâce à un ippon avec un o-soto-gake - littéralement un grand crochetage extérieur- à cinq secondes de la fin du combat. Pour son deuxième combat, le champion d'Europe en 2010 a été plus à son aise en battant Tony Lomo des Iles Salomon. Il a enchaîné deux jolis mouvements pour inscrire deux waza-ari, faisant un ippon, à mi-combat.

En quart de finale, le Français s'est montré très actif face au Japonais Hiroaki Hiraoka, l'un des favoris de l'épreuve. Très fort physiquement, le tricolore a inscrit un yuko sur pénalité une minute de la fin. Mais le Japonais est allé chercher l'égalisation à... 7 secondes de la fin.  Dans le golden score, le Japonais a cru marquer un yuko décisif, annulé par l'arbitre. Plus offensif, il a réalisé des mouvements plus marquants que ceux du Français. Les trois juges ont envoyé le Japonais en demi-finale. Une déception.

Pour aller chercher le bronze, le Français s'est remotivé pour aller batailler avec un Arménien, Hovhannes Davtyane, jusqu'au golden score. Milous a eu du mal face à un judoka très bas sur ses appuis, très actif au sol et un brin truqueur par moment. Mieux physiquement sur la fin, il a mis à la faute son adversaire, pénalisé une seconde fois. Une victoire dans la souffrance mais la médaille de bonze est plus que jamais en vue.

Payet sortie d'entrée

En revanche, Laëtitia Payet, engagée en moins de 48 kg, et qui découvrait l'ambiance olympique, a chuté face à la Brésilienne Sarah Menezes, numéro 2 mondiale et favorite pour le titre. La double médaillée de bronze européenne s'est bien battue avant de céder sur un yuko en fin de match. Une déception pour Payet qui avait pourtant précipité vers la retraite Frédérique Jossinet, vice-championne olympique en 2004.

"Je pensais que l'attaque était dehors, j'avais tout pour l'ennuyer alors perdre comme ça... Il faudra que je revoie le combat mais je n'ai rien à regretter même si j'aurais préféré continuer sur un golden score", a-t-elle dit en larmes. Devant tant de détresse, Larbi Benboudaoud, son entraîneur, s'est bien gardé de l'accabler. "Ca se joue à pas grand chose sur la fin du match. Il y a une action en bordure, elle pense que c'est dehors et voilà. C'est dommage", a-t-il dit.

La déception de Sofiane Milous

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Mathieu Baratas