Martin Fourcade
Martin Fourcade très fatigué | KAY NIETFELD / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE/AFP

Martin Fourcade déçu, Simon désabusé

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C’était la soupe à la grimace dans le clan Fourcade à l’issue de la première épreuve de biathlon de ces JO, le sprint. Sur les 10 km de course, le favori Martin aurait pu viser la médaille s’il ne s’était pas planté sur un tir. Son frère Simon est lui complètement passé à côté, comme malheureusement trop souvent dans les grands rendez-vous.

Bien sûr, il serait totalement absurde de dénigrer la performance de Martin Fourcade, seulement 6e du sprint alors que toute la France attendait une première médaille voire un premier sacre olympique. Mais le cadet des deux frangins catalans ne s’est pas déchiré.

Martin Fourcade: "Il faut aller de l'avant"

Sa contre-performance s'explique par une cible manquée au tir couché mais aussi par son incapacité à dominer comme il le fait d'habitude la course de fond car Bjoerndalen a lui aussi raté une cible.  « Il y a plein de choses à analyser... Il y a la vitesse à ski, le matériel. Les Norvégiens ont été ultra-performants aujourd'hui », a confié le Pyrénéen en zone mixte.

« C’est forcément un peu de déception. J’attendais mieux. En plus, quand on regarde la liste de résultats, c’est plutôt étrange avec des gens qu’on attendait pas », a-t-il poursuivi. « Voilà, je suis déçu. Après, la course est ce qu’elle est. C’est fait et on ne reviendra pas dessus. Il faut aller de l’avant. C’est juste qu’il y avait six courses, il n’y en a plus que cinq. C’est une chance de médaille en moins, mais ce n’est pas une mauvaise course. Je suis 7e je crois (6e, NDLR). C’est juste qu’il ne manque pas grand-chose pour accrocher le titre olympique. C’est encourageant. Je ne suis pas abattu, je suis déçu ».

Martin Fourcade: "Bjoerndalen ? Légende" !

Martin Fourcade tentera de se refaire dès lundi. Il sait que ses chances sont grandes d’enfin concrétiser aux Jeux : « C’est vrai que c’est une belle place pour la poursuite. Je suis à l’affût. Mais quand le sprint est fini, on a du mal à penser à la poursuite. J’y penserai demain. En tous cas, j’ai la hargne et j’espère que ça me réussira », a-t-il expliqué avant d’être interrogé sur l’exploit de son rival Ole Einar Bjoerndalen, 40 ans. « Il n’y a pas de mot aujourd’hui pour définir ce qu’il a fait. C’est… légende ! Le mot, c’est ça ».

Simon Fourcade, de son côté affichait la mine des mauvais jours : « ça part bien et puis j’ai mon chargeur qui manque de me glisser des mains au tir couché. Ca m’a sorti complètement de mon schéma habituel », a-t-il plaidé. « Je ne sais pas ce que j’ai fait en tir couché. J’ai complètement paniqué. J’ai oublié de respirer du coup. Je me suis crispé et ça ne s’est pas bien passé ensuite. Le tir debout s’est un peu mieux passé, je ne rate pas grand-chose. J’ai un petit peu explosé aussi sur la fin du tour. Après la descente, j’ai réussi à me refaire. Il m’a manqué beaucoup aujourd’hui pour pouvoir espérer mieux », soufflait-il, désabusé.

Simon Fourcade: "Je me plante à chaque fois"

« Je ne m’attendais pas à ça », a-t-il continué comme pour exorciser ces démons. « C’est une vraie déception parce que je me sentais vraiment bien. J’avais des bonnes jambes. Je ne sais pas pourquoi. La pression de l’enjeu, la pression des Jeux. On ne maîtrise pas tout le temps, j’ai un peu de mal à m’y faire. Ce sont mes troisièmes Jeux et je me plante à chaque fois ».

Avant tout de même de conclure sur une note plus optimiste. « Voilà, c’est un petit peu compliqué pour moi ce soir mais j’espère que je vais rebondir. Je sais qu’il ne faut pas s’arrêter à une course. Il y a deux ans, ça m’était arrivé et j’avais su rebondir sur l’individuel. Ca va être dur pour la poursuite, je vais essayer d’emmagasiner de l’expérience dans la reconnaissance des lieux, et me servir de la poursuite comme tremplin pour l’individuel ».

Et de reporter les espoirs tricolores sur le frangin : « Martin a fait une très belle poursuite aujourd’hui. On voit les temps très serrés. Il lui manque une balle pour être devant. Ceux qui sont devant lui sont à zéro hormis Bjoerndalen et le Russe Shipulin qui font tous les deux de très très grosses course donc Martin est prêt, Martin est là. Il n’a pas grand-chose à se reprocher aujourd’hui. Les autres ont été meilleurs ».