Marie Marchand-Arvier
La skieuse française Marie Marchand-Arvier | AFP - ALEXANDER KLEIN

Marchand-Arvier, leader par défaut

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En l’absence de Tessa Worley et de Marion Rolland, Marie Marchand-Arvier s’est retrouvée parachutée leader de l’équipe de France féminine de ski alpin. Ce samedi 15 février, la skieuse des Contamines va devoir assumer ce rôle dans le Super-G et oublier une saison compliquée où elle a fait des JO, son unique objectif.

Marie Marchand-Arvier ne devait être que la numéro 3 d’une équipe de France féminine qui arrivait conquérante à Sotchi. Forte de ses deux championnes du monde à Schladming l’année dernière, Marion Rolland et Tessa Worley, les Bleues étaient ambitieuses dans le sillage de leurs leaders. Mais voilà, le ski et ses blessures sont passés par là. Les deux ruptures des ligaments croisés à quelques mois d’intervalle ont obligé le staff de l’équipe de France à trouver une autre leader. Et les prétendantes ne se bousculaient pas au portillon, en raison des résultats moyens. Pire, celle qui devait s’imposer logiquement par son palmarès – un titre de vice-championne du monde de Super-G en 2009 – était larguée. Marie Marchand-Arvier n’était pas dans la première liste des sélectionnés publiée le 22 janvier. Elle a du patienter cinq jours de plus pour obtenir son billet pour Sotchi. Et réussir entre-temps son meilleur résultat de la saison lors du Super-G de Cortina d’Ampezzo (une neuvième place).

Entre blessure et mauvais résultats

La skieuse de 28 ans revient de loin. Pas aussi loin que ses camarades Worley et Rolland, mais sa chute à Val d’Isère fin décembre l’a contrainte à s’arrêter quelques semaines. Un mal pour un bien. Mal car elle retrouvait des sensations après un début de saison éloigné de ses attentes. Et bien, car ça lui a permis de faire le point sur elle et son ski. "Je me suis trop focalisée sur le résultat. Ca été parasitaire car je n’ai jamais trouvé le relâchement et la fluidité en course", avouait-elle dans L’Equipe fin janvier. Et l’absence des deux locomotives du ski féminin tricolore ne l’a pas aidé à remonter la pente. Le poids qui pèse sur le chef de file, la skieuse l’a ressenti. Peut-être un peu trop. "Je sens le poids sur mes épaules. C’est dur", assurait-elle. Résultats, hormis cette 14e place lors de l’ouverture de la saison à Beaver Creek (descente), Marie Marchand-Arvier n’ était entrée qu’une fois dans le Top 20 (20e de la descente de Lake Louise).

Tout pour les Jeux

Dans ce contexte, la 9e place en Italie a du la rassurer et l’a remise sur les rails avant les JO. Sotchi, désormais, son seul et unique rendez-vous. "La saison, je m’en fous ! Ce sont les Jeux qui comptent", lançait-elle fin janvier, celle qui est 50e du classement général de la Coupe du monde. En Russie, ce seront les troisièmes pour elle. Elle avait découvert à Turin, avant de jouer placée à Vancouver (7e de la descente, 10e du Super G). Quatre ans plus tard, à 28 ans, elle a tout fait pour être prête. "Les JO, ça fait partie de moi. Dès février 2013, j’ai commencé à travailler avec une préparatrice mentale pour me poser les bonnes questions", soufflait-elle. Et ça a payé puisque la perspective des Jeux ne l’effrayait pas du tout, quinze jours avant le début. La peur domptée, à elle désormais de dominer son ski.