Laure Manaudou

Manaudou : "Avant je subissais ma vie et maintenant je la vis"

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Laure Manaudou effectue son retour au plus haut niveau après trois ans d'absence et la naissance de sa fille, cette semaine à Dunkerque pour les Championnats de France sélectifs pour les JO. Elle s'alignera sur 100 m et 200 m dos, avec une option sur le 50 m dos suivant son état de forme. A 25 ans, il s'agit probablement de son ultime défi.

 Qu'y a-t-il de différent entre la Laure Manaudou de 2008 et celle de 2012 ?
"Le fait d'être maman m'a assagie. Ca m'a fait réfléchir et mûrir plus vite. Le fait de me dire qu'il n'y a pas que la natation dans ma vie et que c'est juste un sport. C'est juste un passe-temps pour se faire plaisir et essayer d'être la meilleure. Avant je voyais les médias ou le public comme une agression. Je me rends compte maintenant qu'il faut s'en servir pour faire passer un message ou montrer vraiment qui je suis, et non pas quelqu'un qui fuit, qui se cache et qui fait des caprices. Je suis plus sereine par rapport à ça. On en discute souvent avec Fred (Bousquet, son compagnon). Moi je le trouve +pro+ par rapport à ça. J'essaie de le copier et de m'en inspirer pour être un peu comme lui".

Vous avez choisi de vous préparer aux Etats-Unis. Qu'avez-vous découvert là-bas que vous ne connaissiez pas ?
"Le plaisir de reprendre à nager. J'ai beaucoup observé dans les compétitions, que ce soit Phelps ou Lochte. Ils s'amusent en fait. Ils font ce qu'ils veulent. Si Lochte veut mettre des chaussures vertes ou un dentier en diamant, il le fait. Ils se foutent de l'avis des autres. Avant je subissais ma vie et maintenant je la vis. C'est bien plus agréable".

Revenir n'est pas facile. Avez-vous eu plus de plaisir que de souffrances ?
"Ca a été plus dur que ce que je pensais au début. Les deux premiers mois de la saison dernière ont été super durs. J'ai beaucoup pleuré, je me suis beaucoup posé de questions. Quand j'ai vu que ça revenait, ça m'a encouragée. Et quand j'ai vu le temps que j'ai fait en dos (en février), je me suis dit que c'était bon."

Dans les moments difficiles, vous êtes-vous remotivée en pensant au rêve que vous avez fait de participer aux Jeux avec votre frère, Florent ?
"Ca m'a beaucoup aidée de me dire que je pourrais y aller avec Flo. C'est vraiment un rêve et j'espère qu'il va devenir réalité dans trois jours".

Est-ce une obligation d'aller aux Jeux de Londres ?
"Non, c'est un plaisir. Sinon je ne le ferais pas. Je ne me sens pas obligée du tout. C'est quelque chose qui me tient à coeur".

Votre frère Florent et votre compagnon Frédérick Bousquet sont rivaux sur 50 m libre. Quel est votre pronostic pour la finale ?
"Fred, Flo ou Flo, Fred. Au choix ! Ex-aequo. Mais 1 et 2, ils n'ont pas le choix, c'est obligé".

Pensez-vous arrêter après les jeux Olympiques de Londres ?
"Non, je ne pense pas. On a la chance d'avoir les Championnats d'Europe en petit bain en France (en décembre). Je veux vraiment profiter d'avoir cette compétition dans notre pays et me faire plaisir là-bas".