Longo et Baisamy avaient du soutien

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rtArthur Longo et Johann Baisamy, les deux spécialistes tricolores du surf half-pipe, étaient soutenus ce mardi pour leur entrée dans la compétition. Leurs parents respectifs, ainsi que le père de Sophie Rodriguez qui fera son entrée en lice mercredi, avaient fait le déplacement pour soutenir leurs progénitures. Rencontres.

A Sotchi, le Français est rare. On en trouve parmi les volontaires, mais rarement dans les tribunes. Pourtant ce mardi, en bas du half-pipe, la langue de Molière résonne. Plus que d’habitude. On s’approche. Et surprise, le clan tricolore est en force pour soutenir ses deux snowboarders, Arthur Longo 25 ans et Johann Baisamy 24 ans. Drapeau bleu-blanc-rouge, maquillage sur les joues, les signes ne trompent plus. Les supporters français sont dans la place. Ils ont bravé les transports, les 24 heures d’avion, les barrières de sécurité pour voir la compétition de surf half-pipe. Que ne ferait-on pas pour suivre ses enfants ? Car Hervé et Anne sont les parents de Johann, Valérie et Bruno ceux d’Arthur. Philippe, lui, est avec sa fille, Sophie Rodriguez, la snowboardeuse tricolore.

Le clan français avait l'oeil attentif aux runs d'Arthur Longo et Johann Baisamy
Le clan français avait l'oeil attentif aux runs d'Arthur Longo et Johann Baisamy

"On s’est arrêté à 200 mètres hier pour assister aux entraînements. On est reparti à Sotchi où on loge et on a du remonter ce matin à l’Extrême Park, on a mis trois heures", explique le Grenoblois, géniteur de Sophie qui concourra mercredi. Cette dernière accompagnée de Clémence Grimal et de Mirabelle Thovex est quand même là. Pour soutenir les copains. Tout ce petit monde se connaît, "nos enfants étaient à l’école ensemble à Villars de Lans, à Albertville, puis à l’IUT d’Annecy. Ils vivaient en colocation", explique Philippe. Embrassades, rires, la complicité est réelle. Mathieu Crépel, consultant pour France Télévisions, passe saluer également. En attendant le début des séries, l’ambiance est à la rigolade. Elle va vite se tendre.

Le gag avant la tension

Peu avant le début de la première série dans laquelle se trouvent les deux Français, les visages se ferment. "On est tendu c’est sûr, mais forcément un peu moins que lui", annonce le père d’Arthur. C’est d’ailleurs lui qui ouvre le bal. Enfin on croit. Mais le rendu visuel n’est pas celui attendu. Aucune figure, juste de l’amplitude. Ce n’est pas lui. "J’ai eu peur, j’ai cru que c’était lui, sourit Bruno, on aurait dit un jubilé". Après cette frayeur, le natif de La Tronche en Isère se lance sous les applaudissements. Un run maîtrisé. "Assuré, selon son père, il n’a pas pris trop de risques". "Arthur, il est capable de tout, il peut produire le meilleur ou complètement passer à côté".

Yohann et Lisa, deux supporters français venus de Normandie
Yohann et Lisa, deux supporters français venus de Normandie

A côté justement, un nouveau drapeau bleu-blanc-rouge. Yohann, coiffé d’une afro, et Lisa. Ils viennent de Normandie pour assister aux JO. "On a dépensé 3.000 euros. Ça été pour les billets, mais pour les visas et l’hôtel, cela été une galère. Ce sont nos premiers Jeux. On n’est pas déçu, même si les Russes sont parfois désagréables. Ils ne nous aident pas quand on est perdu par exemple". S’ils sont déçus d’avoir raté le doublé français lundi au biathlon – "les billets étaent trop chers (192 euros, ndlr)" déplore Yohann – ils sont ravis d’être là. Et de retrouver des compatriotes pour assister à ce show.

Le point du bonheur

Les Français ont assuré leurs deux premiers passages. Il en reste un. Arthur est troisième, Johann sixième. "Les trois premiers de chaque série sont qualifiés directement pour la finale, ensuite du 4e au 9e, ils vont au repêchage pour être parmi les douze finalistes", explique Hervé. Leurs seconds passages sont moins bons, Johann a même chuté. Il faut donc attendre. Et espérer. "C’est fou, on en est à attendre que les autres tombent", lance son père. Les concurrents se succèdent, Arthur tombe à la quatrième place et voit son ticket pour la finale s’envoler au bénéfice du Suisse David Habluetzel. Colère du clan tricolore, "c’était naze", exclame Philippe. Arthur passera par les demi-finales.

Pour Johann, il faut encore attendre, il est 9e, sa place ne tient qu’à un fil. Le dernier concurrent de la série s’élance. Le Canadien Derek Livingston réussit un run propre. Les secondes qui séparent du verdict de la note sont interminables… Elle apparaît à l’écran géant : 70,25. Johann avec une note de 71,25 rejoint Arthur en demi-finale ! Pour un point. Le petit groupe laisse éclater sa joie. Ouf ! Une belle qualification avant la déception. Arthur Longo et Johann Baisamy chuteront en demi-finales et ne verront pas la finale.