Londres est fin prête pour accueillir le monde

Londres est fin prête pour accueillir le monde

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Londres démarre aujourd'hui l'ultime compte à rebours menant aux Jeux Olympiques, celui des 100 jours avant la cérémonie d'ouverture de la plus grande compétition sportive planétaire. La capitale anglaise s'est mise sur son 31 pour cet évènement et elle profite de cette journée pour donner un petit aperçu des festivités prévues cet été sur les bords de la Tamise. Mais quelques questions demeurent notamment concernant les transports.

Manifestation aux Kew Gardens, parterre de 25 000 fleurs représentants les cinq anneaux olympiques, représentations théâtrales, etc. : de nombreux gestes symboliques émaillent ce rendez-vous des 100 jours. Un chêne sera même planté pour rappeler le rôle joué par la Grande-Bretagne dans la naissance du mouvement olympique. Et jeudi, c'est la flamme olympique qui s'élancera de Land's End à l'extrême pointe des Cornouailles pour 70 jours de relais à travers le pays.

Le slogan, véritable mot d'odre, a été dévoilé: "Inspirer une génération". Dans un communiqué, le président du Comité international olympique (CIO)  Jacques Rogge s'est dit persuadé que les JO de 2012 à Londres "inspireront  toute une génération". "Je suis convaincu que la Grande-Bretagne sera à la hauteur de l'événement  sportif et livrera un accueil chaleureux", a-t-il ajouté, réitérant le  satisfecit qu'il avait délivré le mois dernier à l'occasion d'une ultime revue  de détails des sites olympiques situés en majorité dans l'est déshérité de la  capitale britannique.

Sébastian Coe, le président du LOCOG, le comité d'organisation des Jeux, se veut d'ailleurs résolument optimiste à l'entame de cette dernière ligne droite avant le plus gros évènement jamais reçu par Londres depuis la Coupe du monde de football en 1966. Le double champion olympique du 1500 m a rappelé une évidence: "C'est la premières fois depuis 64 ans que les Jeux viennent ici et personne dans cette pièce ou dehors ne risquent de les voir à nouveau de son vivant. Cela sera une fête".

31 sites achevés

Quant au coût représenté par l'organisation d'une telle manifestation en période de récession économique, Coe souligne que l'argument serait recevable si les JO étaient seulement une compétition sportive. "Mais ce n'est pas le cas. Dans ce processus, nous avons réhabilité une grande partie de l'est de Londres, nous avons transformé la vie de nombreux jeunes vivant dans l'est de Londres".  Les infrastructures sont prêtes: 31 des 42 sites sont achevés et 7 autres devraient suivre dans la semaine qui vient. Au total, 10.500 athlètes et quelque 7.500 membres des équipes techniques  sont attendus à Londres du 27 juillet au 12 août. Le LOCOG se targue d'être en avance comme aucune autre ville ne l'a été mais là n'est pas l'essentiel.

"Nous avons l'opportunité de recevoir 200 pays. Cela représente nettement plus que 16 jours de sport", a poursuivi l'ancien roi du demi-fond qui n'a pas éludé la question sécuritaire.
Il a insisté sur la nécessité d'un équilibre entre la sécurité des athlètes et des mesures de contrôle qui ne soient pas trop contraignantes pour les spectateurs. "Nous allons trouver le bon équilibre, je ne suis pas le moins du monde désinvolte, ni particulièrement optimiste concernant la nature de ce que nous devons faire, mais nous allons le faire bien". Le tout dit sans se départir de son calme… olympien. 

Transports et sécurité, les points d'interrogation

Au moins 8 millions de visiteurs sont attendus durant la grande quinzaine et le moins qu'on puisse dire, c'est que le problème du transport n'est pas résolu. Trois millions de trajets supplémentaires devront être absorbés chaque jour à partir du 27 juillet. Et malgré les 7,5 milliards d'euros investis par "Transport for London", les experts prédisent de nombreux bouchons. Et pour ne rien gâter, des appels à la grève sont lancés pour la semaine prochaine dans le métro.

Quant à la sécurité, elle est prise très au sérieux par les Britanniques. Près de 40 000 personnes vont être mobilisés pour assurer le service d'ordre dont 13 000 militaires et 1 000 agents américains pour prévenir un acte terroriste isolé ou les conséquences de cyber-attaques. Des effectifs imposants mais nécessaires pour le comité d'organisation même si cela inquiète les associations de défense des droits civiques: "Non seulement cette potentielle perte des libertés serait complètement contraire à l'esprit des JO, mais en plus, on peut 'interpréter comme une excuse pour surveiller les gens à grande échelle", prévient déjà Isabella Sankey, la directrice du groupe Liberty.

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Londres à 100 jours des JO, reportage extrait de TLS

Grégory Jouin @GregoryJouin