Bruno Bini et les Françaises au Mondial-2011
Bruno Bini, Sonia Bompastor et les Françaises | SIPA - BAZIZ CHIBANE

L'évolution de la bande à Bini

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Depuis son arrivée à la tête de la sélection féminine en 2007, Bruno Bini a façonné un groupe qui vise désormais les sommets. Quarts de finaliste à l'Euro-2009, demi-finaliste au Mondial-2011, les Bleues ont franchi les paliers qui mènent à la lumière. Et aux JO.

"J'ai vécu sans les médias, maintenant je vis avec". Bruno Bini résume dans cette phrase l'évolution du football féminin français de ces dernières années. Une bonne génération de joueuses, des clubs de mieux en mieux structurées et performantes, comme l'attestent les deux Ligues des Champions consécutives de l'OL, voilà le socle de cette mue. Et après, il y a les résultats. En 2009, pour la 1ère fois de son histoire, l'équipe de France franchit le cap du 1er tour d'une compétition internationale (à l'Euro). Deux ans plus tard, elle remet ça, et atteint même les demi-finales de la Coupe du monde, finissant à la 4e place, ce qui lui ouvre les portes des Jeux Olympiques.

"On est fraîches"

Sollicitations, reconnaissance, médiatisation, les Bleues font désormais recette: "Cette équipe a permis à la Fédération de redorer son image", souligne Brigitte Henriques, ancienne internationale et secrétaire générale de la FFF en charge du foot féminin. Dans son sillage, l'équipe de France a ramené 6000 licenciées en plus à la Fédération cette saison. "Certaines choses changent", reconnaît Gaëtane Thiney, l'une joueuses les plus sollicitées. "Le sport féminin est en train d’évoluer. Par rapport au foot féminin, ça évolue énormément : les gens nous trouvent agréables, nous trouvent belles d’un coup, et on est fraîches. C’est ce qui revient souvent. La mode du foot en ce moment, c’est le foot féminin, mais il ne faut pas que ce soit juste un phénomène de mode. Il doit être construit et doit perdurer."

Pour y parvenir, les Jeux Olympiques sont une échéance très importante. "C'est un événement planétaire, ce qui se fait de mieux", note Sandrine Soubeyrand, la capitaine. "Ce n'est pas plus difficile que le Mondial, mais il y a moins d'équipes, ce qui relève le niveau. Il faudra mettre tous les ingrédients du Mondial, et peut-être plus. Il faut démontrer que notre place est dans les premières." L'ambition d'une médaille est affichée, proclamée: "On a une équipe pour aller au bout", affirme Bruno Bini. "A la Coupe du monde, c’était énorme, et on a qu’une hâte, c’est revivre de telles émotions aux JO", enchaîne l'attaquante de Juvisy, élue meilleure joueuse de D1 cette saison.

Un palier franchi à Chypre

Invaincues depuis la Coupe du monde en Allemagne, proches de la qualification à l'Euro-2013, les Françaises ont progressé, selon leur sélectionneur: "L'expérience de la Coupe du monde nous a servi après. Les filles se sont rendues compte qu'elles pouvaient être championnes du monde." La Parisienne Laure Boulleau estime que l'équipe "a franchi un palier". "On a agrandi notre éventail de savoir-faire", corrobore Sandrine Soubeyrand. Un avis partagé par Bruno Bini: "On a franchi un palier au tournoi de Chypre (remporté en mars face au Canada). Toute l'équipe s'est trouvée des vertus d'abnégation et de courage à défendre, qu'on n'avait peut-être pas vues jusque-là. Il y a eu une prise de conscience."

A Londres, pour sa première participation aux Jeux Olympiques, 22 ans après le seul sacre olympique des hommes (à Los Angeles en 1984), le foot féminin français veut atteindre les sommets. Continuer à construire, poursuivre leur oeuvre: "Il faut se servir de la Coupe du monde pour éclater aux JO", conclut Gaëtane Thiney.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze