Les riders ont régalé la foule

Les riders ont régalé la foule

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La finale du snowboard slopestyle s’est déroulée ce matin sous un beau soleil dans l’Extrême Park qui accueille toutes les épreuves de ski freestyle durant la quinzaine olympique. Les tribunes étaient pleines, bruyantes et colorées, et le spectacle valait le coup sur la piste de descente de Rosa Khutor.

Le Men’s SBS Final Run –de son nom officiel- a délivré ce samedi le premier podium des JO : l’Américain Sage Kotsenburg s’est adjugé la première médaille d’or devant le Norvégien Sanbech et le Canadien McMorris tandis que le favori québécois Maxence Parrot (1er à l’issue des qualifs) a pris la 5e place.

Les artistes enchainent les runs

Mais l’essentiel n’était pas là, surtout en l’absence de Français au départ. Dans une discipline dominée par les Nord-Américains mais qui commence à s’universaliser, le show était sur la piste et juste à côté. Des supporters enthousiastes, et un speaker chargé d’animer très bon, ont contribué à faire de ce nouveau rendez-vous olympique un grand moment.

Dès l’entame de la première manche, ça crie, ça encourage et ça chante, à la demande du maître de cérémonie qui ne s’est pas trompé en tendant son micro à deux Russes aux minois avenants. Les cabines, qui passent au dessus de l’ère d’arrivée pour amener les vacanciers au sommet des pistes, ne perturbent pas le spectacle bref et magnifique de ces funambules enchaînant les runs avec l’objectif de réaliser un maximum de sauts et de figures sans contrainte de temps.

En apnée presque constamment

Le public du slopestyle à Sotchi
Le public du slopestyle à Sotchi

 Poussés par un public composé de nombreux Japonais, Scandinaves, Américains et Canadiens, les 12 finalistes ont rivalisé de façon spectaculaire. « Chacun des sauts fait de 20 à 30 mètres de long sur 6-7 mètres de haut donc ils vont haut et loin », explique ainsi   Mathieu Crepel, champion du monde de halfpipe 2007 et consultant pour France Télévisions. « Un run fait environ 30 à 40 secondes. Physiquement, ce n’est pas évident car on est en apnée presque constamment. En plus, la compétition est très compacte, ça s’enchaîne très vite. Chaque concurrent effectue deux passages et les juges retiennent le meilleur des deux passages, le plus technique, ce qui laisse le droit à l’erreur ».

Notation difficile à apprécier pour le béotien

Seul ce système de notation difficile à déchiffrer peut perturber le néophyte. « Les juges ont été sévères avec certains d’entre nous dont Mark McMorris et moi-même », constatait ainsi, un peu amer, la star québécoise Maxence Parrot, seulement 5e après son festival en qualifications. Partant en dernière position dans les deux manches, il a pourtant brillé lors de son second passage mais pas suffisamment aux yeux des décideurs qui attribuent les notes un peu comme en patinage artistique.

Le Yankee Sage Kotsenburg avait pris trop d’avance dans son premier run avec un score de 93,5. Le snowboard slopestyle, qui a commencé à vraiment se développer il y a une douzaine d’années, nécessiterait une clarification de ce côté-là. Sinon, il a tout bon.

Grégory Jouin @GregoryJouin