Fernandez, Contin, Macé, patinage de vitesse
Les Français Ewen Fernandez, Alexis Contin et Benjamin Macé | DAMIEN MEYER / AFP

Les patineurs français sont en colère

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A l'issue de leur élimination en quart de finale de l'épreuve de poursuite par équipe, les membre de l'équipe de France de patinage de vitesse s'en sont pris à la Fédération française des sports de glace (FFSG). Pour Ewen Fernandez et Benjamin Macé, le président Didier Gailhaguet et le DTN Xavier Sendra veulent "détruire la discipline" en France.

"C'est quoi la volonté de ces gens-là (les dirigeants de la Fédération  française des sports de glace)? Ils sont complètement incompétents. Il faut  qu'ils partent. lls nous veulent du mal, ils veulent tout simplement détruire  la discipline", s'est emporté Benjamin Macé, l'un des trois Français engagés à Sotchi. Dans le viseur du jeune patineur de vitesse tricolore de 24 ans, Didier Gailhaguet, président de la FFSG et Xavier Sendra, DTN. "C'est plus que de l'amertume. Il n'y a personne au monde que je ne déteste  plus que les gens de la Fédération (...) Ils nous ont pourri la vie pendant  trois ans", a poursuivi Macé, 29e du 1000 mètres et 32e du 1500 mètres.

Macé: "On commençait à faire de l'ombre au patinage artistique"

Les patineurs qui s'entraînent à l'étranger, faute d'anneau de vitesse en  France, reprochent pelé-mêle aux dirigeants de la FFSG de ne pas les avoir  soutenus financièrement, de leur faire disputer les JO sans entraîneur et de ne  pas les avoir alignés sur certaines compétition, notamment le 10.000 m des Jeux  pour Ewen Fernandez. Ce dernier envisage même de saisir la justice, estimant, contrairement à ce  que déclare la FFSG, qu'il aurait pu être aligné sur la distance en  remplacement du N.1 français, Alexis Contin, malade. "J'ai un dossier, je vais prouver qu'ils ont tort. Il y a des chances que  ça aille en justice parce qu'on ne peut pas accepter de se faire traiter de  menteur dans les médias", a expliqué Fernandez. 

"Quand Ewen nous reproche de ne pas être sélectionné sur 10.000 m, il n'a  qu'à prendre le 17 janvier le courrier de son entraîneur (un Néerlandais Bart  Velkemp). Il a écrit de ne pas le sélectionner", rétorque le président Gailhaguet. "Il faut qu'Ewen arrête. J'eusse aimé que sur l'épreuve notamment du 1500 m où il était inscrit qu'il nous ponde une performance un peu meilleure qui lui  permettrait de parler plus légitimement", a tranché le patron de la FFSG, alors que Fernandez s'est classé 40e des qualifications. Contin s'en était déjà pris à sa Fédération avant les JO, lui reprochant  de lui avoir coupé les vivres alors qu'il pouvait offrir à la France un  première médaille historique en patinage de vitesse. Gailhaguet affirme pourtant qu'il "est l'athlète le plus aidé  de la Fédération." 

Contin: "Une Fédé qui ne veut pas de nous"

C'est une Fédération "qui ne veut clairement pas de nous. Ils ont refusé d’emmener avec nous un accompagnateur, s'est insurgé le 4e du 10.000 m des JO 2010 de Vancouver. Il ne faut pas être devin pour comprendre qu’aux Jeux Olympiques, on a besoin d’un entraineur." D'autant plus rageant que les cousins patineurs artistique sont choyés par la FFSG. A lui seul, le couple français James-Carron a eu droit à l'appui de deux entraîneurs, pour une 10e place finale... Pour sa part, Gailhaguet assure que la Fédération avait "mis 50 % du budget sportif  sur la vitesse et 50% sur l'artistique."

"On ne demandait pas un staff complet, pas comme en patinage artistique où il y a des chorégraphes, des entraineurs, des kinés etc…", insiste Contin. Venu du roller, ce dernier n'a pas pu  défendre ses chances, trop affaibli par une maladie (hyperthyroïdie). Il s'est  limité à la poursuite par équipes, où il n'a pu conquérir une première médaille pour les sports de glace français. Une situation qui dure depuis les Jeux de Salt Lake City 2002... "Je suis choqué, ça me dégoûte, s'indigne Alexis Contin. Aux JO, cela se voit donc j’espère que c’est la fin de leur connerie."

 Vidéo: L'élimination des patineurs français par équipe

Jerome Carrere