Gévrise Emane
Gévrise Emane très émue | AFP - FRANCK FIFE

Les larmes de Gévrise Emane

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Passée totalement à côté du tournoi olympique à Pékin, Gévrise Emane a bien failli recommencer à Londres. En parvenant à arracher le bronze, elle s'est fait un énorme cadeau, avec une émotion extrême.

Martine Dupont est restée dans son sillage toute la journée. Sur les tatamis comme en dehors, son entraîneur en équipe de France n'a pas laissé sa protégé respirer. Et même après avoir conquis la médaille de bronze en -63kg, elle est toujours derrière elle. Il faut dire qu'il y a eu énormément de travail pour hisser Gévrise Emane sur le podium olympique. "Ca a vraiment été une journée difficile pour Gévrise. Elle est allée au bout d’elle-même", reconnaissait Martine Dupont. "Les JO, c’est une compétition particulière. On sait très bien que la dernière fois ça s’était très très mal passé. Il y a des choses qui inévitablement reviennent à la surface. C’est difficile de gommer ça dans la tête. Il y a eu un énorme travail fait techniquement, tactiquement, physiquement et même mentalement, mais on ne peut pas toujours empêcher ça. Elle a réussi à passer outre cette difficulté pour aller chercher cette médaille de bronze. C’est vraiment une victoire, c’est vraiment très fort."

Le bronze au bout du combat

"Entre la bousculer et la conforter"

Alors forcément, au moment d'expliquer cette journée, de dévoiler ses sentiments après ce bronze olympique qui lui manquait, Gévrise Emane s'est laissée envahir par l'émotion. Des larmes, des sourires, de la fierté, du bonheur, tout se mélange. "Je suis vraiment partie chercher au fond de moi les ressources que j’avais aujourd’hui", disait-elle. "Je m’en fous de la manière dont j’ai gagné, le principal c’est la médaille." Et ce bronze, aurait-elle un goût d'or: "Au vu des difficultés rencontrées aujourd’hui, je dirais oui. Dans mon palmarès, il ne me manquait que cette médaille. A Rio, je n’y serai pas." Et Martine Dupont racontait, elle, sa journée: "Ce matin, on était partagé entre la bousculer et la conforter, car il fallait qu’elle prenne confiance. On lui a dit : 'Enlève tes plâtres'. Elle avait du mal à bouger, à se déplacer. Elle a un judo basé sur le déplacement, sur le mouvement, et quand elle reste sur place, c’est très difficile. On n’a pas eu du grand Gévrise, mais elle est allée au bout." Au bout de l'effort, au bout du suspense avec ces trois drapeaux blancs brandis par les juges au terme du Golden score, au bout de l'émotion.

L'émotion de Gévrise Emane