La fête jamaïquaine
Explosion de joie de la communauté jamaïquaine après la victoire de Bolt sur 100m | DR

Les Jamaïcains chavirent pour Bolt

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Une partie de la grande communauté jamaïcaine de la capitale anglaise s’était donnée rendez-vous pour fêter comme il se doit le sacre attendu de l’homme le plus rapide du monde. Ils n’en ont jamais douté et s’amusaient déjà avant la consécration.

Londres, ce dimanche soir. A dix minutes de la City et de ses rues désertes se trouve Brick Lane. Dans la rue principale de ce quartier populaire peuplé de restaurants indiens, Puma a eu la bonne idée d’investir un établissement pour réunir tous les supporters d’Usain Bolt, héros moderne d’une Jamaïque qui fête ce lundi 6 août les cinquante ans de son indépendance. Les Jamaïcains, largement les plus nombreux, jouent à domicile dans l’antre temporaire de l’équipementier du roi du sprint. Ils côtoient de nombreux supporters britanniques et quelques autres Européens.

Musique et bonne humeur

Deux écrans géants ont été disposés pour suivre la finale du 100 m, un indoor, l’autre dans la grande cour située juste derrière le bâtiment. Des stands en bois, et toit en taule, offrent la possibilité de boire et de dîner. Les odeurs de poulet et de riz emplissent agréablement les narines des quelques 500 personnes présentes. Presque tout le monde a sa bière ou son cocktail à la main en attendant le grand rendez-vous, le seul qui vaille pour ces Anglo-Caribéens bien décidés à fêter le titre olympique de leur chouchou.

Tout le monde n’a pas pu rentrer dans cet endroit incroyable où un DJ fait monter la température avec des morceaux reggae de Bob Marley, l’idole absolue. Jenny et ses copines se sont ainsi fait refouler à l’entrée gardée par des cerbères dissuasifs. Elle nous fait part de ses regrets et se dépêche de filer vers un pub situé un peu plus loin. "On a tout essayé pour rentrer mais ils ne veulent rien entendre. C’est déjà plein a priori".

On se lève tous pour Bolt

D’autres ont eu davantage de chance. Villa, Londonien d’origine jamaïcaine, se réjouit de pouvoir assister à cet événement. "Je suis un grand fan d’Usain Bolt. J’aime bien Blake mais c’est Bolt qui va gagner", explique-t-il, couvert du drapeau national jaune, vert et noir. Glenn, de son côté, supporte tous ses compatriotes. Il connaît même Christophe Lemaitre et nous demande pourquoi il n’est pas là. Lorsqu’on lui répond qu’il a préféré se concentrer sur le 200 m, il acquiesce avec un sourire : "C’est mieux pour lui. Je pense qu’il a plus la possibilité de faire une médaille sur 200 m, la concurrence sera moins forte". Lui est aussi venu pour célébrer la fête de l’indépendance, cinquante ans après. "C’est très important pour nous de nous retrouver là tous ensemble et de passer une joyeuse nuit après la victoire de Bolt", nous déclare-t-il.

Juste avant le départ du 100 m, tous les spectateurs assis au milieu de la cour se lèvent pour acclamer leurs compatriotes (Bolt mais aussi Blake et Powell) et siffler copieusement l’Américain Justin Gatlin. Les drapeaux s’agitent et les vuvuzelas font un vacarme assourdissant. Lorsque le départ est donné, les cris d’encouragement redoublent. Personne n’a le temps de douter suite à la médiocre mise en orbite de "La Foudre" qui produit rapidement son effort pour déborder ses concurrents réduits à l’impuissance. Les supporters exultent. Les cotillons s’envolent. Le son de la sono monte d’un cran. Une très belle nuit commence.

L'ambiance survoltée du 100m