Les habitants de Sotchi heureux et fiers

Les habitants de Sotchi heureux et fiers

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L’exaspération a cédé la place à la fierté chez les habitants de Sotchi qui voient arriver les Jeux Olympiques avec envie après des années de galère. Entravés dans leur vie quotidienne par les chantiers de construction des sites de Krasnaïa Poliana et de Rosa Khutor, les autochtones vont maintenant pouvoir profiter de l’événement le plus grandiose jamais organisé sur les bords de la Mer Noire. Des habitants qui, selon notre correspondant permanent en Russie Alban Mikoczy, sont "heureux et fiers" de recevoir le "monde entier".

Des Jeux Olympiques atypiques ! Voilà comment se présente cette quinzaine de février attendue par toute une région sevrée de rendez-vous festifs, mais qui entend offrir une belle vitrine au monde entier. Malgré les retards accumulés et les dépassements de budget, les habitants du coin ressentent un vrai plaisir.

Des gens chaleureux et orgueilleux

Il faut préciser d’emblée que la mentalité diffère du Russe lambda, slave et perçu comme froid. "Sotchi fait partie du Caucase. La région comporte une large population musulmane", confie Alban Mikoczy. "Il y a aussi une importante minorité turcophone tcherkesse, une population en partie exterminée au XIXe siècle par les Russes. Les gens de la région peuvent être comparés à ceux de la Turquie : ils sont chaleureux et orgueilleux".

Il y a une chose à savoir, explique-t-il. "Sotchi, c’est un peu une station balnéaire de la taille de Nice. Et c’est comme si les JO se déroulaient à Cagnes-sur-Mer pour les épreuves sur glace, et à Isola 2000 pour les épreuves de ski. Ca se passe en fait à Adler, tout proche de l’aéroport local (à 20 km)".

La fierté le dispute à l’exaspération

"Il n’y avait rien sur ce site il y a encore quelques années", poursuit-il. "Toutes les constructions ont eu lieu dans un parc naturel du bord de la Mer Noire. Du coup, les gens du coin sont habités par deux sentiments. La fierté d’accueillir le monde entier pour un tel événement. Et l’exaspération par rapport à la durée des travaux et à la gêne occasionnée".

"Les autorités ont procédé à un véritable déménagement du territoire. Ils ont carrément retourné la région. Les travaux ont engendré de la pollution". Le bruit et la poussière n’ont pas cessé depuis cinq ans sur le site de Krasnaïa Poliana, la station de ski. "L’unique route qui mène à la ville de Sotchi a été transpercée par les camions et autres engins qui ont participé à la construction du site. Idem pour le site de Rosa Khutor qui est un peu le Saint-Tropez local, un lieu un peu branché prisé par les Russes ayant de l’argent".

"En fait, les habitants n’ont pas été partie prenante dans l’affaire", conclut Alban Mikoczy. "Ces JO ont été et sont l’affaire de l’état russe, des officiels". Les locaux ont quinze jours pour se rattraper même si ces Jeux ne ressembleront guère à ceux de Vancouver. "Avant les Jeux, il y a toujours des discussions politiques, nous avons des  problèmes mais les gens à travers le monde savent que c'est avant tout du sport. C'est pourquoi, je suis sûr qu'il y aura une bonne ambiance", a estimé de son côté le président du CIO Thomas Bach. Puisse-t-il être entendu.

Grégory Jouin @GregoryJouin