Les installations olympiques de Rio
Les installations olympiques pour l'aviron de Rio-2016 | AFP - VANDERLEI ALMEIDA

Les coupes budgétaires inquiètent les fédérations internationales pour les Jeux Olympiques

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En raison de la crise économique qui secouele pays, le Comité d'organisation des Jeux Olympiques de Rio réalise des coupes franches dans ses budgets. A l'image des épreuves d'aviron, qui se voient amputées d'une tribune flottante qui pouvait accueillir 4 000 personnes, les fédérations internationales commencent à s'inquiéter.

Dans le projet initial, les rameurs devaient avoir la capacité d'accueillir 14 000 personnes autour du lagoa Rodrigo de Freitas. Après une première restriction pour amener le total à 10 000, ils ne seront plus que 6 000 à assister au maximum aux épreuves olympiques d'aviron. "Aux JO de Londres, le site pouvait recevoir 25.000 spectateurs et a  affiché complet tous les jours", regrette Jean-Christophe Rolland, le président  de la Fédération internationale d'aviron (Fisa). "Nous comprenons parfaitement la situation compliquée du Brésil et les  difficultés économiques que le pays rencontre. Mais nous regrettons que la  décision d'annuler l'installation de cette tribune flottante ait été prise sans  concertation. Nous avons un savoir-faire et des compétences qui auraient pu  permettre de trouver une solution", ajoute le Français, champion olympique  d'aviron en 2000 à Sydney, donc bien placé pour faire valoir que, "conformément  à ce qu'explique le président du CIO, Thomas Bach, l'expérience des athlètes  comme des spectateurs ne doit pas être affectée".

Les responsables des 28 fédérations olympiques étaient d'ailleurs conviés la semaine dernière au CIO à Lausanne à une réunion visant à faire le  point à six mois des Jeux, en présence du président du comité d'organisation  des JO de Rio, Carlos Nuzman. "Chaque fédération a présenté ses problèmes et ses sujets d'inquiétude", témoigne Cornel Marculescu, directeur général de la Fédération internationale  de natation (Fina), l'un des premiers sports aux Jeux avec 1.500 compétiteurs (sur un total de 10.500). "Nous avons nous aussi subi dès le début les conséquences des restrictions budgétaires", ajoute-t-il. "Au lieu d'avoir trois bassins, comme à Londres, nous  n'en avons que deux. Donc dans la même piscine se dérouleront les épreuves de plongeon, de natation synchronisée et de water-polo. Ce n'est pas un problème  pour la tenue des épreuves, mais pour les entraînements, cela risque d'être  compliqué". Pour autant, "ce n'est plus le moment de se lamenter mais de s'organiser et  nous ne sommes pas inquiets", ajoute l'ancien poloïste, 5e aux JO de Tokyo en  1964 avec la Roumanie, qui assure par ailleurs que l'eau de la plage de Copacabana, site des épreuves de nage longue distance (mais aussi du triathlon), "est testée chaque mois et est conforme aux standards".

Voir aussi: La vidéo réalisée par la chaîne Globo sur l'avancement des travaux sur les sites olympiques

Sur un autre site, celui de Deodoro, se trouvent les installations  d'équitation. "Nous n'avons pas caché notre inquiétude quand les travaux de  construction ont été interrompus et nous avons encore soulevé cette question  lors de la réunion au CIO", confie Ingmar de Vos, nouveau président de la  Fédération internationale d'équitation (FEI). "Mais nous venons d'avoir la confirmation de la mairie de Rio qu'un contrat  a été signé avec un nouveau constructeur. Nous sommes donc optimistes, mais  nous suivons le dossier au jour le jour", ajoute le Belge, alors que le  calendrier est très serré, les premiers chevaux arrivant à Rio le 29 juillet,  pour un début des épreuves le 7 août.

Du côté du CIO, où l'on qualifie la rencontre de la semaine dernière de  "réunion de travail positive", il est juste fait allusion entre les lignes aux  inquiétudes soulevées par les fédérations, en soulignant que celles-ci ont  "particulièrement apprécié la mise à jour effectuée par le comité  d'organisation de Rio et son ouverture vis-à-vis des situations individuelles". Malgré les retards dans les travaux, malgré la crise économique, malgré le virus Zika, l'optimisme est de mise. "Les JO sont un événement si exceptionnel que tout finit toujours pas s'arranger", assume Ingmar de Vos.

Vidéo: L'évolution des travaux des sites olympiques 

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