Kevin Séraphin et Marc Gasol
L'Espagnol Marc Gasol (ici face au Français Kevin Séraphin) | AFP - JAVIER SORIANO

Les Bleus giflés par l'Espagne

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Avec un Tony Parker toujours en phase de reprise, et qui s'est contenté de six minutes sur le parquet, et un Nicolas Batum toujours sans club et donc sans assurance, l'équipe de France a pris une belle correction à Madrid (81-65), contre l'Espagne, dans la revanche de la finale du dernier Euro. Revanche dimanche à Bercy.

Boris Diaw voulait savoir où la France en était. Contre la meilleure équipe d'Europe, et l'une des toutes meilleures du monde, elle est encore loin du compte. Mais il reste trois semaines pour que les Bleus montent en régime, que Tony Parker retrouve du tonus et se fonde dans le collectif, et que Nicolas Batum puisse enfin signer un contrat avec une franchise NBA, point de départ pour qu'il puisse enfin jouer avec l'équipe de France.

L'équipe de France a pu mesurer le chemin  qui lui restait à parcourir pour être prête pour les JO de Londres, après sa  sévère défaite contre l'Espagne, championne d'Europe en titre, 81 à 65  (mi-temps: 38-29), à Madrid. Contre une telle opposition, l'importance de Tony Parker et Nicolas Batum  dans le jeu français a vite sauté aux yeux. La France ne commencera vraiment à  travailler et s'améliorer que quand ses deux meilleurs joueurs seront de  retour, en forme. Parker, fatigué après son voyage aux Etats-Unis  en fin de semaine passée pour se faire examiner son oeil blessé, s'est contenté  de six minutes, comme samedi face à la Grande-Bretagne.

La 1ère défaite en préparation

Cette défaite, la première depuis le début de la préparation après quatre  succès contre des équipes mineures - l'Italie rajeunie (deux fois), la Côte  d'Ivoire et la Grande-Bretagne -, a de quoi interpeller. Car les Espagnols ont abordé cette revanche de la finale du dernier Euro  avec seulement un match de préparation dans les jambes, et sans leur génial  shooteur Juan Carlos Navarro, mal remis d'une aponévrosite plantaire et  incertain pour les Jeux. Ce match a surtout mis en évidence les failles dans le jeu intérieur  tricolore, que l'on pressentait depuis le forfait de Joakim Noah. Ronny Turiaf  (5 points à 2 sur 7 aux tirs) et Kévin Seraphin (6 points à 2 sur 11) ont  énormément souffert en attaque face aux frères Gasol et à Ibaka.
    
Comme face aux Britanniques, les Bleus ont éprouvé du mal à entrer dans le  match. Incapables de contrôler le meneur Sergio Llull (13 points à la  mi-temps), archi-dominés sous les panneaux et maladroits, ils ont laissé  l'écart enfler jusqu'à 14 points. Un bel effort collectif en défense et, en particulier, au rebond, associé à  la réussite à trois points de Florent Pietrus, Yannick Bokolo et Charles  Kahudi, leur a cependant permis de limiter les dégâts à la pause (38-29), après  qu'ils eurent même un instant ramené l'écart à 4 points (18e). Mais, revenus sur le parquet extrêmement déterminés, les Espagnols se sont  ensuite déchaînés à trois points avec Fernandez, Calderon et Pau Gasol. En 7  minutes, la France a concédé un 20-8, pour subir l'écart le plus lourd  jusque-là (58-37, 27e).

Les Bleus ne s'en sont pas remis, sans d'ailleurs que les Espagnols aient à  beaucoup forcer l'allure. Ils ont maintenant cinq jours, avec deux matches  contre la Belgique jeudi à Gravelines et le Belarus vendredi à Liévin, pour  progresser, avant de retrouver l'Espagne dimanche à Paris-Bercy. Avec la rentrée espérée de Batum et un Parker qui aura probablement  quelques minutes supplémentaires dans les jambes, on en saura alors  certainement un peu plus sur leur réel état de forme et leurs perspectives aux  JO.

Réactions

Vincent Collet (entraîneur de l'équipe de  France): "On a eu une entame difficile sur le plan défensif. Après on a bien  travaillé jusqu'à la mi-temps, ce qui nous a permis de revenir. Mais  malheureusement, on a été beaucoup moins présents en deuxième mi-temps. On leur  a laissé beaucoup plus d'intervalles. Et puis offensivement, on a eu un manque  de réussite, en particulier dans les tirs intérieurs, qui nous pénalise  beaucoup. Parce que même quand on avait des actions bien amenées, on n'a pas  concrétisé."
Nando De Colo (arrière de l'équipe de France): "On a été vite à 20 points  et ça a été difficile de revenir. Le match a été vite plié. C'est une équipe  qui sait jouer au basket, qui se connaît depuis longtemps. Et contre cette  équipe là, tu ne peux pas laisser passer les petits détails qui font la  différence."

Fiche technique

A Madrid (Palacio De Los Deportes), Espagne bat France 81 à 65 (score des  quarts-temps: 25-11, 13-18, 24-17, 19-19)
Arbitres: MM. Redondo, Sanchez et Garmendia (ESP)
Spectateurs: 14.000
     
Espagne:
25 paniers (dont 7 sur 15 à points) sur 58 tirs - 24 lancers francs sur 26  - 34 rebonds (Reyes, 7) - 11 passes décisives (P. Gasol et Fernandez, 2) - 10  balles perdues - 21 fautes personnelles
Marqueurs: P. Gasol (11), Fernandez (10), Rodriguez (2), Calderon (10),  Reyes (12), San Emeterio (9), Lull (15), M. Gasol (6), Ibaka (4), Sada (2),  Martinez (0)
     
France:
21 paniers (dont 10 sur 22 à trois points) sur 60 tirs - 13 lancers francs  sur 17 - 38 rebonds (Pietrus, 8) - 12 passes décisives (Diawara, Parker et  Gelabale, 2) - 17 balles perdues - 22 fautes personnelles
Marqueurs: Diawara (2), Diaw (5), De Colo (13), Séraphin (6), Pietrus (11),  Turiaf (5), Bokolo (10), Gelabale (6), Parker (2), Causeur (0), Kahudi (5)