Bruno Bini
Le sélectionneur de l'équipe de France féminine | AFP - THOMAS BREGARDIS

Les 24 Bleues en ordre de marche

Publié le , modifié le

A 66 jours de la Cérémonie d'ouverture des JO, mais à 64 jours de l'entrée de l'équipe de France féminine dans le tournoi olympique de football, auquel elle participe pour la 1ère fois, Bruno Bini, le sélectionneur, a dévoilé sa liste de 24 joueuses appelées à préparer l'évènement.

Voici une semaine jour pour jour, François Hollande, nouveau président de la République, lançait son quinquénat dans cet Hôtel de Ville de Paris. C'est en ces mêmes lieux que Bruno Bini a lancé l'aventure olympique des footballeuses tricolores. "L'histoire commence aujourd'hui", a-t-il lancé au moment d'expliquer son "projet pédagogique pour les JO", et de dévoiler la liste des joueuses appelées à y participer. Pour aller à Londres, le sélectionneur a choisi le thème de la "cordée bleue", pour escalader les sommets et atteindre l'Edelweiss, synonyme de médaille, l'objectif avoué. "Voici deux ans, j'avais pris le thème des oies qui volaient ensemble", expliquait-il. "C'est mon truc". Et son mot d'ordre est simple: "Rendez-vous au village. Et si on est au village olympique, c'est qu'on sera au moins en demi-finale, ou en finale", glisse-t-il.

Exilées à Glasgow ou Newcastle, les Françaises seront loin de l'ambiance londonienne, et il leur faudra aller dans le dernier carré pour jouer dans la banlieue de la capitale. "On appartient au groupe France", souligne Sandrine Soubeyrand, la capitaine. "On est un petit groupe à l'intérieur d'un plus grand. On a envie d'apporter notre pierre à l'édifice. A la fin, on compte le nombre de médailles."

18 joueuses sur le terrain, 4 en tribune

Pour décrocher cette médaille, le sélectionneur s'appuiera forcément sur le fort contingent de Lyonnaises (11 sur les 24), doubles championns d'Europe, ou de Montpellier (5 sur les 24), sans oublier Juvisy (Thiney et Soubeyrand), toujours en course pour le titre de champion de France. Mais les rôles sont déjà clairement définis: "Les 18 titulaires sont celles qui, sauf blessure ou problème, iront aux  JO", avertit-il tout de suite. "Les problèmes, ça peut être le comportement ou l'attitude. Mais en  principe, les filles savent pourquoi elles sont là. Les quatre remplaçantes viendront aux Jeux. Elles participeront à tout sauf aux matches. Les deux suppléantes vont faire la préparation avec nous et  elles arrêteront avant le dernier match de préparation contre le Japon". Faisant partie de l'aventure depuis longtemps, la Parisienne Laure Boulleau ne voit pas sa présence dans les 18 comme une finalité: "Ce n'est pas pour ça que je vais m'asseoir dans un fauteuil".

De la demi-finale au Mondial-2011, quatre joueuses ont disparu du groupe: Sapowicz (fin de carrière), Lepailleur (blessée), Brétigny, Pizzala, la gardienne Laëtitia Philippe prenant place parmi les 4 "remplaçantes". La blessure de Laure Lepailleur a fait le bonheur indirect de la Parisienne Julie Soyer, sortie de la liste des suppléantes pour intégrer celle des remplaçantes. "C'est une grande surprise", déclarait-elle, après avoir vu son nom apparaitre. "J'étais déjà très contente d'intégrer l'équipe." Et le sélectionneur d'avouer: "J'avais appelé les suppléantes pour les avertir et leur demander si l'aventure les intéressait. Julie en faisait partie. Mais le forfait de Laure Lepailleur l'a fait entrer dans les 22".

France-USA: un match "gagnant-gagnant"

Pour mener à bien "l'objectif Londres", le staff tricolore a planifié cinq stages (du 5 au 8 juin à Oléron, du 18 au 22 juin en Alsace, du 27 juin au 5 juillet à Clairefontaine, comme du 9 au 15 juillet puis du 18 au 20 juillet). De la récupération à la reprise, de la préparation à l'affûtage puis à l'affinage, les Bleues monteront en régime, avec trois matches de préparation. Le 4 juillet, à Orléans, face à la Roumanie. Le 11 juillet, à Beauvais, contre la Russie, et enfin le 19 juillet, au stade Charléty à Paris, contre le Japon. Une montée en puissance régulière pour terminer par les championnes du monde en titre, et arriver en forme pour défier, le 25 juillet, les Américaines, doubles championnes olympiques en titre, lors du premier match de poule du tournoi olympique. "Ce match, c'est gagnant-gagnant", assure Bruno Bini. "Soit on perd, et cela remet tout le monde dans le droit chemin, soit on gagne..." Cette revanche de la demi-finale de la Coupe du monde 2011 ne sera pas décisive, avant de jouer la Corée du Nord puis la Colombie. "La première chose, c'est jouer les quarts de finale", rappelle-t-il. "Après, c'est des matches couperet, où tout peut arriver. On a une équipe pour aller au bout, mais on sait aussi qu'on peut ne pas passer les poules".

Invaincue depuis la Coupe du monde, très bien partie pour se qualifier pour l'Euro-2013, l'équipe de France fait partie des favorites pour un podium. "On a en un gros potentiel pour décrocher une médaille", note Gaëtane Thiney, l'attaquante élue meilleure joueuse de 1ère division cette saison. "Quand on fait 4e de la Coupe du monde, on ne peut pas dire qu'on va juste participer aux JO. Mais on n'a pas la même marge que les Américaines", conclut Bruno Bini.

La liste de 18:
Gardiennes: Céline Deville (Lyon), Sarah Bouhaddi (Lyon)
Arrières: Wendie Renard (Lyon), Laure Boulleau (Paris SG), Laura Georges  (Lyon), Ophélie Meilleroux (Montpellier), Corine Franco (Lyon), Sonia Bompastor  (Lyon), Sabrina Viguier (Lyon)
Milieux: Sandrine Soubeyrand (Juvisy), Camille Abily (Lyon), Camille Catala  (Saint-Etienne), Louisa Necib (Lyon), Elise Bussaglia (Paris SG).
Attaquantes: Eugénie Le Sommer (Lyon), Marie-Laure Delie (Montpellier),  Elodie Thomis (Lyon), Gaëtane Thiney (Juvisy).
   
Les quatre remplaçantes:

Gardienne: Laëtitia Philippe (Montpellier)
Arrières: Kelly Gadéa (Montpellier), Julie Soyer (Paris SG)
Attaquante: Marina Makanza (Fribourg, GER)
   
Les deux suppléantes:
Gardienne: Karima Benameur (Rodez)
Milieu: Mélissa Plaza (Montpellier)

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze