Christophe Lemaitre et Renaud Lavillenie
Christophe Lemaitre et Renaud Lavillenie porteront les espoirs français | AFP

Lemaître n'est pas dans les temps

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Christophe Lemaître n'a toujours pas dit s'il s'alignerait sur 100 ou 200 m à Londres cet été. Mais une chose est sûre. Après une rentrée décevante le 28 avril dernier sur 100 m avec un chrono de 10 sec 45/100e, il a récidivé sur 200 m (20 sec 48/100e) dimanche dernier lors des Interclubs à Aix-les-Bains. Pendant ce temps, Usain Bolt et Yohan Blake, ses principaux concurrents pour une médaille olympique ont signé une performance mondiale de l'année chacun sur ces distances.

S'il ne faut pas s'en inquiéter outre mesure, sachant qu'il s'agissait de ses premières sorties de l'année, le triple champion d'Europe français (100, 200, 4x100 m) Christophe Lemaître commence sa saison façon "escargot". Après un faible chrono sur la distance reine la semaine dernière, il enchaîne sur une nouvelle performance en demi teinte sur 200 m, bien éloignée de son record de France établi aux Mondiaux de Daegu l'an dernier (19 sec 80/100e).


Pour autant, pas question de sombrer dans la sinistrose dans le camp de l'athlète haut-savoyard. "Je voulais faire un gros chrono, c'est pour ça que je suis parti à fond. Mais à la fin, j'étais un peu mort. Je suis un peu sur ma faim car je  m'attendais à faire 20.20 mais c'est déjà pas mal. Je me suis un peu rassuré", a-t-il déclaré à l'issue de la course. Une méthode coué qu'a également choisi d'adopter son entraîneur Pierre Carraz. "Il pioche un peu sur  la fin. Il est encore un peu juste mais les temps vont descendre."

Des temps peu flatteurs

Pour autant, la comparaison avec ses temps de rentrée 2011 est fortement défavorable. Il avait  effectué le demi-tour de piste en 20 sec 33/100e, mais avec un vent bien plus défavorable (-2,2 m/s) que celui mesuré ce week-end (-0,5 m/s). Son temps n'est d'ailleurs que le neuvième  de sa carrière sur la distance qu'il semble privilégier pour les Jeux Olympiques. Il lui faudra nettement améliorer ses performances pour espérer ramener une breloque de son été londonien, objectif avoué depuis le départ. D'ici là, il devrait s'aligner sur trois 200 m (Interclubs, championnats de France, Monaco ou Londres) avant d'en découdre avec les meilleurs sprinteurs mondiaux.

Une concurrence en pleine forme

Justement, ses concurrents ne traînent pas la patte et montrent déjà les crocs. "Usain va bien, il est en bonne forme, j'attends une bonne sortie de sa part (ndlr : le 5 mai à Kingtson)" a prophétisé Glen Mills, son entraîneur. Visiblement, Usain Bolt l'a entendu. L'athlète jamaïcain a une fois de plus fait parler la foudre samedi dernier lors du meeting de Kingston, signant une meilleure performance mondiale de l'année sur 100 m (9 sec 82/100e). Pour lui aussi il s'agissait d'une première sortie sur la ligne droite en individuel cette saison.

Le triple champion olympique et quintuple champion du monde a d'ailleurs affirmé être "en bien meilleure forme cette année", pour défendre ses trois couronnes olympiques glanées à Pékin (100, 200, 4x100). Sur 200 m, l'avenir n'est pas plus rose pour le champion français. En effet, Yohan Blake, autre protégé de Mills, a poussé le mimétisme jusqu'à réaliser la MPM sur 200 m, avec un chrono de 19 sec 91/100e. Sans compter que les deux compatriotes peuvent doubler, Bolt possédant les records du monde des deux distances (9 sec 58/100e sur 100 m et 19 sec 19/100e sur 200 m), alors que Blake est champion du monde en titre sur 100 m... Christophe Lemaître doit désormais se réveiller s'il ne veut pas voir s'évanouir ses rêves olympiques, nés d'une domination sans partage sur le sprint européen.

Jerome Carrere