Valentin Halfpipe
Benoit Valentin a eu du mal à se faire aux conditions extrêmes. | JAVIER SORIANO / AFP

Le ski half-pipe en conditions extrêmes

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Le parc extrême de Rosa Khutor portait bien son nom mardi pour faire découvrir le ski half-pipe: nouvelle discipline olympique, nouvelles images, et nouvelle médaille française avec le bronze de Kevin Rolland, mais dans une ambiance tendue par des conditions météo déplorables. Dès les qualifications de l'après-midi, la partie s'annonçait compliquée en raison du brouillard et de chutes épisodiques de neige, qui ralentissaient les concurrents et provoquaient des chutes.

N'empêche que le spectacle était au rendez-vous pour cette discipline qu'une majorité de téléspectateurs, découvrait à l'occasion de cette finale à suspense. Rappelons le principe. Inspiré du skateboard, puis du snowboard, le ski half-pipe consiste à s'élancer dans un demi-tube de 234 mètres de long et de réaliser des acrobaties ébouriffantes en remontant d'un bord à l'autre avec la plus grande amplitude possible, parfois à plus de six mètres de hauteur, sans tomber en replongeant vers le sol. Chaque "run" ne dure que quelques dizaines de secondes et est jugé sur la technique et le style, un peu comme le patinage artistique. 

Doubles rotations

A Rosa Khutor, situé à seulement 950 mètres d'altitude, la neige était trop molle et les organisateurs ont envoyé à plusieurs reprises une vingtaine de skieurs "lisser" la piste en la descendant. La nuit précédente, le tube avait été retaillé pour en limiter les imperfections. Pour réussir leurs sauts, et notamment les doubles rotations les plus difficiles, les skieurs ont absolument besoin de prendre de la vitesse, puis de retoucher une piste exempte de trous ou de bosses pour limiter les risques de chute, explique Joffrey Pollet-Villard, consultant de France Télévisions. "J'avais pas la glisse, pas assez de hauteur" a déploré Thomas Krief, l'un des deux autres Français engagés dans la finale, avec Benoit Valentin. Pour les compétiteurs, la frustration était palpable. Mais pour les néophytes le spectacle a été éblouissant tout au long de la soirée, grâce notamment à la proximité de l'action, puisque depuis les tribunes on voit chaque run de bout en bout, sur la piste puissamment éclairée.

Reste à assimiler le vocabulaire un peu ésotérique de cette discipline baignée dans la culture anglo-saxonne. Il faut se familiariser avec le "Double Cork -- et même le Double Cork 1260" réussi en premier par Kevin Rolland, soit trois tours et demi en l'air, en passant deux fois la tête en bas et en attrapant ses skis -- mais aussi avec le "Mac Twist", "le 900", "le Japan" et le "Double Matrix", sans compter les Grabs en tous genres. La créativité des "riders" est sans limite: on invente des "tricks", et s'approprie toutes sortes de figures, on repousse les limites en étant constamment à la limite de la chute. En fait, "il faut faire de la pédagogie pour que tout le monde puisse comprendre", dit Edgar Grospiron, ancien champion olympique des bosses en 1992, et apprécier les subtilités de ce sport très exigeant, en dépit de l'image nonchalante parfois cultivée par ses adeptes.

"On est des tarés"

Ce n'est pas Kevin Rolland qui le démentirait: multi-médaillé aux X-Games, le chef de file des skieurs français a travaillé d'arrache-pied pour préparer ces premiers Jeux de l'histoire de son sport. "Cela fait des années que je revendique qu'on est des athlètes, qu'on s'entraîne sérieusement. Dans les yeux des gens on était des tarés. On est des tarés, mais on s'entraîne", dit-il au soir de sa médaille. Alors que le snowboard, pratique quasi-identique, est devenue discipline olympique dès Nagano en 1998, il a fallu 16 ans de plus pour le ski half-pipe gagne une reconnaissante équivalente. Désormais sport olympique, et popularisé par des stars comme Kevin Rolland, ou le nouveau champion olympique David Wise, la discipline va sans doute faire naître de nouvelles vocations.

Vidéo: Le run de bronze de Rolland

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David Botbol