Amélie Cazé
Amélie Cazé | FRANCK FIFE / AFP

Le pentathlon bleu en ordre de bataille

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La délégation tricolore de pentathlon moderne pensait, jusqu'à peu, être composée de 4 athlètes. Mais un problème d'interprétation et de traduction des textes l'a réduite à trois unités: Amélie Cazé, Elodie Clouvel et Christopher Patte. Soit trois chances de médaille, et un objectif en or pour Cazé.

Jean-Maxence Berrou pensait bien disputer ses deuxièmes Jeux Olympiques consécutifs. Comme toute la délégation française. Mais le pentathlète ne sera pas à Londres, relégué au rang de 37e athlète, alors que seuls les 36 premiers sont qualifiés. Un texte différent dans le règlement en anglais et en français, voilà l'origine du mal. "Il y a une divergence d'appréciation", explique François Desprès, le président de la fédération française de pentathlon moderne. "Il y a deux désaccords", ajoute Claude Guiguet, directeur technique national. "Il y a d'abord une différence de rédaction des règlements officiels, entre le règlement en français et celui en anglais. En fait, il manque une phrase dans le premier par rapport au deuxième. Ensuite, il y a un désaccord sur le texte concernant la réattribution des places."

A l'arrivée, il n'y a pratiquement aucune chance que Berrou trouve sa place aux JO. "C'est une période compliquée", avoue Jean-Pierre Guyomarch, l'entraîneur de l'équipe masculine. "Il y a trois semaines, il pensait y être. C'est sûr que cela a eu un impact sur l'entraînement des garçons." Christopher Patte abonde dans ce sens: "Ca fout un coup à l'équipe. Il y a eu une sorte de ralentissement dans la préparation. Mais il faut continuer à avancer."

Encore 5 semaines de travail

C'est donc avec trois athlètes que la FFPM fera le voyage. Amélie Cazé, triple championne du monde, Elodie Clouvel, vainqueur d'une étape de Coupe du monde cette année, et Christopher Patte, 3e d'une étape de Coupe du monde. Seulement trois, mais trois chances de médailles. "Nous sommes tous confiants dans nos athlètes et leurs entraîneurs", glisse François Desprès. Claude Guiguet précise: "On a de vrais espoirs de médailles. L'objectif pour Amélie (Cazé), elle se l'est fixé elle-même: la plus haute performance avec la médaille d'or. C'est à la hauteur des performances qu'elle a régulièrement réalisées. Elodie (Clouvel) a gagné une Coupe du monde au Brésil. C'est une prétendante au podium. Christopher a certainement un manque d'expérience, mais tout est possible."

Jusqu'au 11 et 12 août prochains, jours des épreuves masculines et féminines des JO, les pentathlètes vont aller à Font-Romeu pour un stage, avant de revenir à l'INSEP, dans le Bois de Vincennes, pendant quinze jours, et le départ pour la Grande-Bretagne est prévu au début du mois d'août. "Il nous reste encore cinq semaines. Nous avons encore le temps de faire un gros travail énergétique en course et en natation", explique Jean-Pierre Guyomarch. "C'est pour cela qu'on fait ce stage en altitude à Font-Romeu."

Et dans ce stage, chacun va perfectionner certains aspects: "J'aurais une ou deux séances individuelles en équitation", note Elodie Clouvel, qui avait subi des refus de sa monture aux derniers Mondiaux à Rome, lui enlevant toute chance de médaille. "Je ne peux pas me permettre de ne pas faire d'équitation pendant 2-3 semaines." Christopher Patte "gardera le contact avec le cheval aussi", alors qu'Amélie Cazé a fait "le choix de la course et de la natation. Mon passé en équitation me permet d'avoir des repères assez constants. Mais j'ai prévu de remonter quatre fois avant le départ pour Londres." C'est à ce moment-là que les trois Français entreront vraiment dans leurs Jeux.