Erwann Le Péchoux
Erwann Le Péchoux | REUTERS - TONY GENTILE

Le Péchoux, symbole d'une escrime en échec

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Battu trop tôt comme ses compagnons de l'escrime tricolore, Erwann Le Péchoux a encore une fois échoué dans l'épreuve individuel du fleuret olympique. Mais contrairement à Pékin, il a l'épreuve par équipes pour se rattraper.

Il est resté de longues minutes, prostré, accoudé à une barrière, à revoir son combat dans son esprit. Sur ses lèvres, on lit certains mots qu'on ne peut pas reproduire ici. Comme tous les escrimeurs français, il enrage. Seul Yannick Borel a atteint les quarts de finale dans le tournoi olympique de Londres. "Je ne comprends pas ce qui s’est passé", explique-t-il. "J’ai pris le bouillon en milieu de match, sans savoir quoi faire." Et forcément, le souvenir de Pékin remonte à la surface.

Voici quatre ans, pour ses deuxièmes Jeux Olympiques, il avait été éliminé en quarts de finale, pour une touche, alors qu'il était candidat pour l'or. Y aurait-il un côté maudit ? "Là, pour le coup, un peu. J’avais vraiment un tableau qui était accessible pour moi, au moins pour aller en demies. C’est dur. Je m’en veux", souffle-t-il, après avoir esquissé un sourire.

Remobilisation générale pour l'équipe

Vice-champion d'Europe cette année en individuel, vice-champion du monde par équipes en 2011, Erwann Le Péchoux est l'une des valeurs sûres de l'escrime tricolore. Encore faut-il le confirmer sur la piste... A Pékin, le fleuret par équipes n'était pas au programme, alors que les Français étaient les maîtres du monde. A Londres, il est revenu. Et Erwann Le Péchoux, avec Victor Sintes et Enzo Lefort, ont une énorme occasion, le 5 août, de monter sur le podium. "On va tous se remobiliser", annonçait Victor Sintes à l'issue de sa défaite en individuel. "Là, on est tous déçus de notre individuel, mais il va falloir se remobiliser. Ca va renforcer le collectif du fleuret. On va vraiment avoir envie de chercher une médaille." La remobilisation était aussi dans le discours de Le Péchoux: Si on avait réussi l’individuel, ça ne nous aurait pas enlevé notre objectif qu’est l’équipe. Il faut toujours mieux réussir l’individuel pour ensuite tout donner en équipe. L’un n’empêche pas l’autre. On aurait dû, on aurait pu faire mieux." C'est le sentiment qui habite la plupart des dix escrimeurs engagés à Londres.

Après le sabre, le fleuret et l'épée, les escrimeurs français n'ont toujours pas la moindre médaille au compteur. C'est une première depuis les Jeux de Rome en 1960. Et il ne reste plus que les concours par équipes en fleuret pour que la France ne sorte pas avec un zéro pointé, épreuves par équipes comprises. Cela n'est plus arrivé depuis ces mêmes Jeux de 1960.