Le complexe gymnique d'Arques
Le complexe gymnique d'Arques | AFP - Franck Fife

Le Pas-de-Calais capitalise sur les JO

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Des installations sportives de haut niveau gratuites et une météo typiquement anglaise : les athlètes des Jeux olympiques profitent en masse des facilités qui leur sont offertes par la France de l'autre côté du "Channel".

Installations de qualité

Des centaines d'équipes de pays aussi éloignés que l'Afrique du Sud et la Colombie se sont installées à Calais et dans les environs, à deux heures à peine de Londres en Eurostar mais loin "de la "pagaille" de la capitale britannique. Et ils sont ravis de leur choix. "La nourriture est délicieuse. J'ai même essayé des cuisses de grenouille et tout un tas de choses dont je ne me rappelle pas le nom", dit le céiste ouzbek Vadim Menkov, qui s'entraîne dans la petite ville de Saint-Laurent Blangy. Pendant le compte-à-rebours avant les Jeux, en juillet, une cinquantaine d'équipes se sont entraînées dans le département du Pas -de -Calais , y compris des gymnastes britanniques soucieux d'échapper aux médias de leur pays.

Le Pas -de -Calais  permet d'utiliser gratuitement ses installations, pariant sur les retombées économiques de la présence des délégations dans la région, alors qu'au Royaume-Uni elles devraient payer leur utilisation, même si parfois des subventions sont fournies par les organisateurs des JO. Neuf installations sportives ont ainsi été rénovées depuis 2005, trois ont été construites, y compris un investissement de 8,4 millions d'euros pour le complexe gymnique d'Arques, le plus grand d'Europe et, selon les athlètes, le meilleur.
 

Comme à Londres

Plus de la moitié des athlètes concourant dans les compétitions de BMX se sont entraînés au calme dans la petite ville voisine de Lumbres sur la toute nouvelle piste construite dans les collines et les champs. Le temps tout britannique leur a permis de s'acclimater. "Au moins on peut s'entraîner et se sentir ici comme à Londres", dit le cycliste italien Manuel de Vechi.  Pour une région frappée par le chômage, s'accrocher au train des Jeux olympiques attire une publicité bienvenue. Hôtels et restaurants font de bonnes affaires. La ville de Saint-Omer chiffre les retombées à un million d'euros pour les six premiers mois de l'année.

Roger Mortier, directeur de l'hôtel du Golf près d'Arques, estime que les délégations sportives lui ont permis d'engranger 100.000 euros de revenus supplémentaires depuis début 2012. Et le personnel de l'établissement apprécie ces clients. "Le personnel a été vraiment fier d'avoir eu l'occasion de voir l'équipe de basket-ball française et d'autres sportifs. Même les gymnastes britanniques se sont entraînés ici, ce qui était quelque peu ironique", raconte Roger Mortier. Mais l'espoir d'attirer des spectateurs des JO qui préféreraient séjourner sur la Côte d'Opale pour aller à Londres uniquement pour suivre les compétitions a été douché. "Il faut voir la réalité en face, nous ne sommes pas en Angleterre et il faut toujours traverser le Channel", conclut Roger Mortier.

Reuters