JO Paris 2024
La façade du conseil régional aux couleurs des JO 2024 | AFP - MIGUEL MEDINA

Le CNOSF donne le coup d'envoi de la campagne Paris 2024

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Le CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français) lance ce vendredi soir la campagne de mobilisation pour l'opération JO 2024 à Paris. De nombreux sportifs sont attendus, comme Tony Parker et Teddy Riner, pour assister au coup d'envoi d'un long sprint de deux ans qui prendra fin en septembre 2017, époque où sera désignée la ville-hôte. Leur rôle sera de mettre en avant la capitale française, mais les citoyens ne seront pas oubliés. Chacun pourra participer au financement de ces Jeux via des sms, de la vente d'un bracelet ou autres opérations.

20h24 pour 2024! Le CNOSF a voulu marquer le coup pour son entrée officielle en campagne pour les JO. Il a pensé à tout même aux détails. Surtout aux détails. C'est à 20h24 que le top départ du sprint dont on ne connaîtra l'issue qu'en septembre 2017 sera donné. Ce coup d'envoi aura même droit aux honneurs du direct des JT de 20h de TF1 et de France 2. Pour cet événement qui doit placer Paris dans les meilleures conditions, Denis Masseglia, le président du CNOSF, sera très bien entouré. Tony Parker, le basketteur des Spurs, et Teddy Riner, le judoka, seront les têtes de gondole d'une délégation qui devrait compter 150 athlètes comme la basketteuse Céline Dumerc, l'ancienne sprinteuse Marie-José Pérec, les handballeurs, Daniel Narcisse, Thierry Omeyer ou encore Luc Abalo.

Tous vont appeler à se mobiliser pour cette candidature pour laquelle Tony Parker, présent lors de l'échec de 2005 pour les JO 2012, est très motivé. "En 2005, j'avais essayé d'aider Paris pour les JO de 2012, j'étais un petit jeune. Cette fois, j'espère bien être l'un des leadeurs, j'ai envie de porter cette candidature, de convaincre tous les décideurs que Paris peut accueillir les Jeux", a assuré le joueur de San Antonio au Parisien. Lui, comme les autres, espère entraîner dans son sillage tout un peuple qui pour la première fois aura l'occasion de contribuer à l'effort nécessaire. 

En appeler à la population

Fait inédit pour cette candidature, le CNOSF va faire appel à des dons du contribuable. A 20h24, Denis Masseglia va ouvrir le numéro de téléphone spécial auquel envoyer les SMS de soutien : pour chaque texto "2024" envoyé au numéro 72024, ce sont 65 centimes d'euros qui tomberont dans l'escarcelle de Paris  2024, de vendredi soir jusqu'au 31 décembre au soir à minuit. Autre opération, la mise en vente d'1,5 millions de bracelets de tissu, orné de pétales bleu-blanc-rouge et barré du slogan "Je rêve des Jeux". Dessiné par le handballeur du PSG, Luc Abalo, il sera en vente à 2 euros dans toutes les grandes surfaces dès samedi matin.

"Souvent, c'est raté quand on demande à un sportif d'être un artiste, mais Luc Abalo a un vrai talent", a salué dans L'Equipe Jean-Luc Bravi, coprésident de l'agence de publicité DDB. Enfin, le site Jerevedesjeux.com permettra à tous ceux qui le souhaitent de devenir "mécène" de cette candidature. Pour 20,24€, chaque donateur verra son nom inscrit sur le mur numérique du site de CNOSF. Pour les plus gros portefeuilles, il sera possible de verser 2024€ par an durant trois ans (2015, 2016, 2017). Une possibilité ouverte à 2024 grands donateurs qui bénéficieront en retour d'un abattement fiscal.

Séduire la population et le CIO

Cet appel aux dons a un double objectif. Estimer le soutien de l'opération Paris 2024 et rassembler des fonds. Le dossier de candidature est estimé à 60 millions d'euros. Trente millions vont être réunis par les collectivités territoriales, il reste donc 30 millions à trouver. C'est vers le portefeuille des citoyens que le CNOSF a décidé de lorgner. Un tel procédé permet d'éviter que la candidature soit financée par l'argent public. Prudent, Denis Masseglia, chargé par le comité de candidature d'orchestrer cette opération, n'avance pas d'objectif chiffré. "Je m'y refuse, dit-il, mais je raisonne en terme de potentiel. Je sais que selon une enquête réalisée en février, 40% des Français étaient prêts à donner un euro". L'objectif financier est d'autant plus périlleux à fixer que cette opération, assez banale dans le cas de grandes causes caritatives ou sanitaires, est la première du genre montée pour l'organisation d'un grand événement sportif.

"Il n'y a aucune référence, reprend Masseglia. Personne n'a jamais fait ça, du moins sous cette forme". Aux commandes, le CNOSF a depuis huit mois mobilisé ses réseaux tentaculaires. Car le mouvement sportif en France, ce  sont 175.000 associations, 17 millions de licenciés, des conventions de partenariats avec l'Association des maires de France, les élus, les partenaires sociaux... Un gigantesque potentiel de donateurs. "L'inconnue, redoute Masseglia, c'est l'inertie". Combien de temps vont mettre les gens à adhérer ? Le premier week-end sera-t-il décisif ? "Dans tous  les cas, quel que soit le résultat final, on aura été innovant." Et le CIO, qui en appelle désormais aux stratégies alternatives, aura forcément été sensible à la manoeuvre.

Vidéo : Le CNOSF lance la mobilisation générale