Le siège du Comité international olympique | AFP

Le CIO, une institution marquée par les affaires de corruption

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La mise en examen pour corruption ce vendredi du président du Comité olympique japonais, Tsunekazu Takeda, fait resurgir quelques affaires qui ont régulièrement affecté l'instance.

Les affaires les plus récentes concernent les attributions des JO de Rio 2016 et donc, de Tokyo 2020. Une enquête de trois ans menée par des juges parisiens a mené à la mise en examen le 10 décembre de M. Takeda. Le vice-président du comité d'organisation de Tokyo 2020 est suspecté d'avoir participé au versement, en 2013, de deux millions d'euros pendant la campagne de candidature japonaise. Deux paiements auraient été destinés à la société Black Tidings, liée à Papa Massata Diack, fils de l'ex-président de la Fédération internationale d'athlétisme, lamine Diack.

En 2016, M. Takeda avait d'ailleurs été interrogé puis blanchi par le Comité olympique japonais. A l'époque, les instances olympiques nippones expliquaient que la somme suspecte correspondait à des "rémunérations légitimes d'un consultant" et personne ne savait que Black Tidings, basée à Singapour, était liée à Papa Massata Diack.

De Rio à Sotchi

Pour Rio, ce n'est autre que le président du comité olympique brésilien Carlos Nuzman, qui a été soupçonné d'avoir perçu des pots-de-vin. Il a été arrêté à Rio le 5 septembre 2016, et depuis suspendu par le CIO. Deux ans plus tôt, les JO d'hiver de Sotchi se déroulaient sur fond de rumeur de "corruption à grande échelle", une rumeur persistante alimentée par des opposants au président russe Vladimir Poutine, dont Boris Nemtsov qui décrivait "une vaste arnaque", avec selon lui, près de 30 milliards de dollars volatilisés. Le président russe expliquait de son côté qu'il y avait bien eu "des tentatives des exécutants, des sous-traitants, d'augmenter les prix", mais rien de plus.

Lorsqu'il avait été interrogé sur l'épineuse question de soupçons de corruption, l'actuel président du CIO Thomas Bach précisait le 13 septembre 2017 à Lima qu'il s'agissait d'agissements isolés. "Il n'y a aucune responsabilité collective du CIO, car le CIO a adopté des règles très strictes en ce qui concerne l'attribution des Jeux et ceux qui ont enfreint ces règles sont sanctionnés".

L'ombre de Samaranch

Par le passé, le CIO a déjà fait face à des épisodes peu glorieux en termes d'éthique. L'ex-président emblématique de l'institution, Juan Antonio Samaranch avait bien vu son image écornée, notamment en 1998, au moment du scandale des JO d'hiver de Salt Lake City, organisés en 2002. L'Espagnol s'était vu offrir deux fusils de la part du comité de candidature et pas moins d'un million de dollars avait été versé par la ville américaine à des membres influents du CIO.

Malgré les nombreux appels à la démission -dont celui du sénat américain- M. Samaranch avait résisté grâce à sa promesse de réformer l'institution, et surtout à sa puissante influence. A son départ en 2001 à l'âge de 81 ans, le Catalan fut même nommé président d'honneur -jusqu'à sa mort en 2010-, en ayant pris le soin de recaser son fils Juan Antonio (Salisachs) junior, devenu en 2016 vice-président du CIO…

Pour tenter de faire table rase du passé, le CIO a décidé de confier en 2017 la commission d'éthique de son instance au Sud-coréen Ban Ki-moon. L'ancien patron de l'ONU a alors remplacé le Sénégalais Youssoupha Ndiaye, souvent critiqué pour son mutisme lors des scandales mettant en cause notamment son compatriote Lamine Diack. Mais cette nouvelle affaire de Tokyo 2020 risque d'entacher encore une fois l'image du CIO.

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