Thomas Bach, le président du CIO
Thomas Bach, le président du CIO | AFP - FABRICE COFFRINI

Le CIO demande à l'AMA de créer une agence pour les contrôles antidopage, seul le TAS sanctionnera

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A l'issue d'une matinée de travail à huis clos à Lausanne avec les dirigeants du sport mondial, le Comité international olympique (CIO) a demandé à l'Agence mondiale antidopage (AMA) de créer une agence chargée de l'ensemble des tests antidopage. Et il veut que le Tribunal arbitral du sport (TAS) soit le seul habilité à prononcer des sanctions, en lieu et place des fédérations sportives. C'est une petite révolution de la lutte antidopage.

Plus question que les fédérations internationales sportives agissent dans la lutte antidopage. Voilà en substance les recommandations qui sont sorties d'une matinée de travail à Lausanne, entre les principaux responsables du sport mondial, les membres de la commission exécutive du CIO et le président de l'AMA. Après différents scandales de dopage couverts par des fédérations, avec en point d'orgue celui de l'athlétisme russe, le CIO a voulu frapper fort. C'est une petite révolution qui s'annonce dans la lutte antidopage. Ces propositions de réforme pourraient être entérinées lors de la prochaine réunion de la commission exécutive du CIO en décembre.

Lire le communiqué officiel du CIO (en anglais)

Dans l'optique des Jeux Olympiques 2020, au Japon, le CIO estime qu'il faut que "le système antidopage soit indépendant des fédérations sportives", indique le communiqué. C'est pour cela qu'il veut qu'une nouvelle agence soit créée au sein de l'AMA afin de réaliser tous les tests antidopage, sans que les fédérations n'interviennent, et donne au Tribunal arbitral du sport (TAS) toutes les clés pour sanctionner. Un tel dispositif avait déjà vu le jour lors des Jeux Olympiques de Rio, où une antenne du TAS était chargée d'étudier tous les cas de dopage et de les sanctionner. On devrait donc en finir avec les interminables procédures, où c'est la fédération nationale du sportif qui sanctionne, la fédération internationale ayant le pouvoir de faire appel si elle estime la sanction injustifiée, avec en dernier recours le TAS de Lausanne, plus haute autorité sportive de la planète.

Le CIO veut également renforcer le pouvoir de l'AMA, vis-à-vis des agences antidopage nationales, lui donner la responsabilité d'harmoniser les tests antidopage dans le monde entier pour qu'il n'y ait pas de déséquilibre entre pays, en concertation avec les fédérations internationales. Mais le CIO appelle aussi l'AMA à relever son niveau de sécurité, pour que de nouveaux cas de piratage informatique ne surviennent plus à l'avenir.

Lire aussi: Le rapport de l'AMA, le début d'un séïsme mondial

En revanche, dans ce communiqué, nul mot sur la Russie et les cas de dopage qui avaient abouti à l'éviction des athlètes russes des Jeux Olympiques de Rio. Pourtant, toutes ces mesures sont directement liées à ce scandale, où la Fédération russe d'athlétisme, l'agence russe antidopage avaient notamment couvert du dopage. Dans cette affaire, si le Comité international paralympique (IPC) avait décidé d'exclure tous les sportifs russes des paralympiques 2016 après toutes les révélations, le CIO avait renvoyé aux fédérations internationales le soin de le faire. Et c'est un rapport de la commission indépendante de l'AMA, en novembre 2015 qui avait déclenché tout cela. Mais en septembre, des hackers, appelés Fancy Bears, ont piraté le système de l'AMA pour y voler des fichiers, et dévoiler que de nombreux sportifs de premier plan avaient bénéficié d'Autorisation à usage thérapeutique (AUT). Cela avait sérieusement écorné l'image de l'Agence mondiale antidopage.