Neymar après son titre olympique
Neymar au milieu des supporters après son titre olympique | Andre Penner/AP/SIPA

Le Brésil, champion olympique de football : la victoire de tout un peuple

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Le Brésil, porté par Neymar, a décroché son premier titre olympique de football en s’imposant face à l’Allemagne aux tirs au but (1-1, 5 tab à 4). Au Maracana, c’est tout un peuple qui l’a emporté.

C’était écrit. Le coup franc magistral du fils prodigue. Son tir au but qui offre à tout un peuple la plus belle des récompenses olympiques. Le premier titre dans l’histoire de la plus grande nation du football, remis dans son antre. Dans ce Maracana, cet exutoire cathartique de toutes les passions cariocas et qui a vu jouer la légende du ballon rond, Pelé. Tout était écrit d’avance. Les Brésiliens avaient tout vu.

Nous sommes une petite heure avant le coup d’envoi. Une pluie drue et chaude tombe sur Rio et ses habitants. Sur les passerelles métalliques surplombant la voie rapide, des supporters trempés mais plein de ferveur se dirigent vers l’enceinte mythique. "Ohé, Ohé, Neymar !", entonnent-ils tous en cœur.

"C’est lui qui nous offrira la médaille"

D’autres sont déjà à l’intérieur, dans les travées. Là encore, la même rengaine. Le même hymne à la gloire de la star de l’équipe. "C’est lui qui nous offrira la médaille", promet l’un d’eux, entre deux chants.

Il est 16h30. Le stade se remplit peu à peu d’une nuée jaune et vert. Les joueurs foulent une première fois la pelouse. Ce n’est que l’échauffement mais une incroyable clameur s’élève déjà. Et tous les regards, toutes les caméras, de se tourner vers lui. L’ailier star de Barcelone revenu au pays pour être couronné roi de l’olympe. Quelques frappes, quelques passes et les deux équipes regagnent les vestiaires.

Le moment pour les Cariocas d’aller se ravitailler une dernière fois avant un match dont ils n’entendent pas louper une miette. Un petit groupe de supporters s’amuse à courir le long de l’allée longeant les tribunes, suivies par une horde de journalistes désireux d’immortaliser ces instants. Soudain, ils s’arrêtent, se rappelant que le match n’est plus que dans dix minutes. Se regardent. S’inquiètent et se ruent vers leur place.

Le Maracana, pendant la finale Brésil Allemagne
Le Maracana, pendant la finale Brésil Allemagne

Rédemption

Le Maracana est plein à craquer. Au loin, dans le ciel de Rio, lourd et grisâtre en ce soir de finale, on aperçoit le Corcovado, qui veille. Quoi de mieux que cette statue du Christ pour illustrer la quête de rédemption des Auriverdes après leurs multiples désillusions olympiques ? Peut-être l’émotion d’un Neymar pendant l’hymne brésilien, le regard tourné vers le ciel.

Car en plus de mettre fin à cette malédiction aux JO après trois finales perdues, il faut surtout laver l’humiliation de la déculottée infligée en demi-finale de la dernière coupe du monde par cette même Allemagne (7 buts à 1). "On doit prendre notre revanche", lance un supporter. Et avec les 80.000 autres, ils ne comptent faire "aucun cadeau à leurs adversaires".

Dès l’hymne allemand, à peine perceptible sous les sifflets. C’est la bronca à chaque fois qu’un joueur de la Mannschaft touche le ballon. Injures et doigts d’honneur à foison quand les Allemands commettent une faute. D’autant plus lorsqu’ils osent toucher à Neymar. Quand le joueur est au sol, à la 27e, c’est tout le stade qui retient son souffle et qui souffre avec lui. Et au coup franc qui suit, c’est l’explosion. Le Maracana se lève comme un seul homme. Crie comme un seul. Chante comme un seul homme. Comme un seul peuple. Mais a peur aussi, parfois. Les Allemands touchent deux fois la barre. S’en suivent deux stupeurs, jusqu’à ce but du capitaine allemand Max Meyer qui laisse le Maracana pantois. Horriblement silencieux. Pour quelques secondes seulement.

Nouvelle page

Les encouragements reprennent, de plus belle. Les taquineries de supporters aussi. "L’Allemagne peut attendre, son heure va arriver", chantent-ils tous, comme après la demi remportée face au Honduras 6-0. Plus jamais la pression ne retombera. Ni pendant les prolongations. Ni pendant cette stressante séance de tirs au but. Jusqu’à ce que le 4e tireur allemand ne rate le sien.

Les supporters au Maracana pendant la finale Brésil, Allemagne
Les supporters au Maracana pendant la finale Brésil, Allemagne

Le Brésil n’a pas encore gagné mais deux jeunes hommes pleurent déjà dans les gradins. Neymar les imitera après son tir au but victorieux. Le Maracana s’enflamme. Chacun tombant dans les bras d’un autre. Supporters, journalistes, stadiers, employés de snacks ou personnels de ménage, s’étreignant à n’en plus pouvoir dans un Maracana qui vient d’écrire une nouvelle page de sa légendaire histoire.

Boris Courret